MONTAGNES DE L'ÉTIHIOPIE MÉRIDIONALE
feuillage; une bouche du cratère livre passage aux éléphants et aux rhinocéros qui viennent s'abreuver la nuit aux eaux du lac'. Vers l'ouest, dans le Dembi, Antinori décrit un autre groupe de voleans entre lesquels se sont formées des lagunes : on n’y a point trouvé de poissons, d'où il faut inférer sans doute que ces nappes sont d'origine récente; mais des myriades d'oiseaux aquatiques tourbillonnent au-dessus de l'eau*. Plus loin, au sudouest, la cime isolée du Zikouala, d'environ 5000 mètres, déjà mentionnée par Fra Mauro dans sa carte fameuse, enferme un lac dans son cratère terminal; au bord de l’eau s'élève un monastère fondé par un « dompteur de démons ». Des sources thermales jaillissent en grand nombre de ces terrains volcaniques du Choa, et trois d’entre elles, dans le pays des Galla Finfini, non loin de la haute montagne isolée d'Entotto (2987 mètres), s'élancent en geysir, à la température de 100 degrés centigrades. C'est peut-être à l'action des eaux chaudes minérales qu'il faut attribuer la fossilisation des arbres siliceux que l'on rencontre en maints endroits du plateau entre le Lasta et le Choa; comme les « forêts pétrifiées » du Caire, celles de l'Éthiopie sont composées d'arbres appartenant à l'ordre des sterculiacées”,
Un isthme de hautes terres, qui sépare l’Abäï des sources de l’Aouach et se recourbe au sud-ouest, constitue la frontière naturelle entre l'Éthiopie proprement dite et le pays des Galla : c’est une région peu accidentée, sans autre relief que celui des falaises, de chaque côté des torrents. Mais au sud de cet isthme les montagnes recommencent sous forme de chaine régulière : il faut les considérer plutôt comme une protubérance générale du sol, découpée en massifs distincts et en pitons par les rivières qui descendent, au nord vers le Nil Bleu, au sud vers le grand fleuve aux mille noms, Gougsa, Ouma, Aboula. Par le fait des érosions qui ont entaillé le plateau et lui ont donné sa forme extérieure, l'axe des sommets se dirige du nord-ouest au sud-est : c’est dans cette direction que se succèdent le Goro Tchen, le Belbella, le Toulou Amara, le Tehillimo, le Diriko, le Kalo, le Roggé, toutes montagnes ayant plus de 5000 mètres d'élévaüon, Le sommet le plus considérable de ce faite, à son extrémité orienlale, serait le Hamdo : il n'aurait pas moins de 5456 mètres. C’est aussi dans la même direction, mais en massif isolé, entouré de tous les côtés par des vallées profondes, que se dresse, dans le pays de Gouragé, la cime du Wariro, à laquelle Chiarini donne 5898 mètres d'altitude.
Ulis, Highlands of Ethiopia.
# Antinori, Bollettino della Società Geografica Haliana, 1880. 3 Necker; — R, Hartmann, Abyssinien,
Les massifs montagneux limités au nord par le cours de la haute Gongsa ne s'élèvent point à une hauteur aussi considérable; en moyenne ils ont de 2200 à 2500 mètres seulement. Néanmoins une chaîne de l'Inarya, dont l'axe suit la direction du nord-est au sud-ouest, à des cimes d'environ 9000 mètres, et son plus haut sommet, l'Egan, atteindrait 5090 mètres, Dans le pays de Kaffa, une autre chaîne, limitée au nord par le cours du Godjeb, rivalise en hauteur avec les montagnes du Gouragé, et le mont Hotta, vers l'extrémité orientale de cette chaîne, aurait 3685 mètres d'altitude. Mais le géant du territoire des [m-Orma serait la montagne de Wocho, située à l’ouest de l'Ouma, dans ce pays des Waratta que nul vovageur n'a encore visité. D'après M. Antoine d’Abbadie, qui aperçut la cime du Wocho, à la distance d'environ 200 kilomètres, par-dessus la vallée que parcourt l'Ouma, cette montagne dépasserait la hauteur de 5000 mètres,
A l'est de la chaîne bordière de l'Éthiopie, le pays des Afar, que l'on désigne généralement comme une plaine, par opposition aux plateaux de l’Abyssinie, est cependant une contrée à surface accidentée et même montueuse en certains endroits. La dépression de l'Alelbed est limitée, on le sait, par une chaîne volcanique dans laquelle résonne souvent le « tambour du Diable », disent les Taltal. Là se dressent l'Ortoalé de Munzinger, ainsi qu'un autre « Mont de la Fumée » aperçu par Bianchi dans la tentative infructucuse qu'il fit pour atteindre Assab en descendant de Makalé!, Au sud-ouest de la baie d'Assab, une autre montagne escarpée, le volean Moussali, s'élèverait à plus de 2000 mètres”; enfin, une chaine hordière longe au nord la baie de Tadjourah, dominée par des cônes d'où se sont épanchées des laves. Un de ces volcans éteints, le Djouda, dont la cime est à 91% mètres au-dessus de la mer, à pour contrelort méridional un
massif qui à presque séparé en deux par ses choires l'extrémité du golle: “ le fond de la baie est plutôt un lac intérieur qu’une partie de Focéan Indien. A l’ouest, d’autres coulées ont en entier recouvert ce qui fut autre- MN fois le fond marin et limité ainsi un fragment de la baie, devenu le he Assal, nommé ironiquement « lac du Miel » par les Arabes, malgré la salure de ses eaux. Il se peut aussi que le soulèvement du sol ait contribué pour none une part à l'isolement de cette nappe d'eau, puisque les bords de l'Océan, LHÉRE RSR dans les environs de Tadjourah, sont composés en grande partie d'argiles . (AE AUS alcaires contenant jusqu'à la hauteur de 40 à 50 mètres des coquilles RENE toutes semblables à celles qui vivent actuellement dans les mers d'Afrique.
1 Esplorasione, settembre 1884, :ÿ CA ‘3; RE * Les évaluations des voyageurs italiens varient de 1600 à 2065 mètres. MES HE EU (Guido Cora, Cosmos, 1882, livraisons V et VI.)
Le la vingli l'Alal
toure
parco celui el so!
ceux ( l'ivoir Assal coup | au-des rocher premi So m lation
d'une
du pay la mer Au
volcans
ceux-ci nent at l'Éthior d'élroit lèvent 1 comme Ragoul quoique L'Aoui fini, qu forment sinueus les mor coule di
! Roche # Roche ® Esplo # Antoi
Gongsa
ils on d, dont nvIr'on nétres, urs du * mont es d'algne de il vovala cime a vallée moltres, ue l'on dateaux , même itée, on « lame 1zinger, a tentafakalé!, : volcan ordière se sonl la cime pnal un à vole:
l'océan
autrele lac \ salure 1é pour Océan, 'argiles xquilles
frique.
ÉTHIOPIE MÉRIDIONALE, ASSAL, AOUACH. 215
Le lac Assal, maintenant séparé de la baie de Tadjourah par un seuil d’une vingtaine de kilomètres, a subi des transformations analogues à celles de l'Alalbed, Il s’est également changé en saline et la croûte de sel qui entoure les bas-fonds est si épaisse, que les chameaux chargés peuvent la parcourir jusqu'à plus d'un kilomètre du rivage. Le sel d'Assal est, comme celui d'Alalbed, la richesse des tribus voisines; toutes les peuplades afar et somal de la contrée viennent y chercher leurs approvisionnements et ceux de l'Éthiopie méridionale, qui leur donne en échange du café, de l'ivoire, du muse de civette et des esclaves". De même que l'Alalbed, le lac Assal a graduellement baissé de niveau, les apports des ouâdi étant de beaucoup inférieurs à l'eau enlevée par l'évaporation : à une quinzaine de mètres au-dessus de la surface actuelle du lac une trace blanchâtre laissée sur les rochers indique un affleurement antérieur des eaux. En 1854, lors du premier voyage de Rochet dans le Choa, le niveau du lac Assal était à 185 mètres en contre-bas de la baie de Tadjourah : depuis, cette dénivellation a été diversement évaluée de 173 à 251 mètres. Sa profondeur serait d'une quarantaine de mètres?, D'après Bianchi”, plusieurs autres cavités du pays des Afar se trouveraient à 200 mètres au-dessous du niveau de la mer.
Au sud-ouest du lac Assal, dans une région également parsemée de volcans et recouverte de coulées de laves, se trouvent d’autres lacs, mais ceux-ci n'ont pas la même origine : de provenance fluviale, ils appartiennent au bassin de l’Aouach ou Awäsi. Ce fleuve du versant oriental de l'Éthiopie n'est pas, comme les autres rivières de la contrée, perdu au fond d'élroites gorges. Tandis que ces cours d’eau « drainent » leur lit et lui enlèvent le sol nourricier pour l'emporter ailleurs *, l’Aouach arrose sa vallée comme le Nil égyptien, mais il ne peut atteindre la mer; comme le Ragoulé et les autres cours d'eau du pays des Afar, il tarit en route, quoique dans son cours moyen il roule une masse liquide considérable. L'Aouach naît au sud-ouest des Alpes du Choa, dans le district de Finini, qu'un seuil de montagnes sépare du bassin nilotique; ses sources forment plusieurs mares communiquant entre elles par des coulées sinueuses envahies d'herbes. Déjà large et profond, le ruisseau contourne ls montagnes du Choa, qui lui envoient une partie de leurs eaux, puis coule dans la direction du sud au nord en longeant la base de la grande
1 Rochet d'Héricourt, Voyage dans le Choa.
* Rochet d'éricourt: Beke; Christopher; IL Saint-Clair Wilkins, Reconnoilring in Abyssinia. * Esploratore, sett, 1884.
# Antoine d'Abbadie: Arnaud d'Abbadie, ete.
chaîne éthiopienne : c'est dans cette partie de son cours que le fleuve est le plus abondant ; pendant la période des maigres, il a partout plus de 90 mètres de largeur, plus d'un mètre de profondeur, et son cours est très rapide : lors des inondations, l’Aouach s'étend à des kilomètres de distance à droite et à gauche de son lit, et le niveau s'élève de 12 à 14 mètres, même à 18 mètres! : il ne serait pas impossible d'utiliser le fleuve pour la navigation à vapeur dans cette partie de son cours. En s’éloignant des montagnes pour couler au nord-est dans la direction de la baie de Tadjourah, le fleuve s’accroit des eaux que lui apporte la Germama ou Kasam, puis il diminue peu à peu, et à une centaine de kilomètres de la mer, après un développement total que l'on peut évaluer à 800 kilomètres, il se perd dans un lac marécageux, le Bada, ou lac d'Aoussa, appelé aussi Abhelbad par divers auteurs : la nappe d'eau, qui se trouve probablement au-dessous du niveau de la mer, croît et décroit suivant les allernatives des pluies et des sécheresses *. Les eaux du lac sont douces et déposent un limon fertilisant qui rend au centuple le grain semé par les Danakil d’Aoussa ; un barrage construit au nord retient pendant l'été l'eau nécessaire à l'irrigation des champs; mais quand les terres sont complètement imbibées, les écluses s'ouvrent et le trop-plein se déverse dans un bassin d’égout appelé le « lac Natron », à cause des substances chimiques cristallisées sur ses rivages”. D'autres lacs appartiennent au système de l'Aouach et en reçoivent les eaux d'inondation : tel est le Leado, que dominent le volcan de Dofané et le Djebel-Kabrèt où « mont du Soufre », non loin des Alpes éthiopiennes. Le lac de Zwaï, Djilalou, Laki ou Dambal, dans le pays de Gouragé, fait aussi probablement partie du mème bassin hydrographique et son trop-plein s’écoulcrait dans le fleuve; cependant les indigènes dirent à Antonelli et à Gecchi que ce bassin n'a pas d'effluent et c'est pour cela qu'il aurait reçu son nom de Zwaï, en ghez « Immobile ». Au sud-ouest du Zwaï s'étend une autre nappe d’eau, à peu près de la même grandeur, que Cecchi aperçut distinetement de la cime du mont Zikouala.
Le climat de l'Éthiopie méridionale ressemble à celui de l'Abyssinie, avec cette différence que l'air y est plus humide. Plus rapprochées de l'équateur, les hautes terres du Choa ct du pays des Galla se trouvent aussi davantage sous l'influence de la zone pluvieuse qui se forme entre les domaines des deux alizés et qui se promène alternativement au nord el
! Antonelli, Esploratore, dic. 1885; — Brémond, Exploration, janvier 1884. 2 Th, von Heuglin, Reise in Nordost-Afrika.
5 Rochet d'Héricourt, ouvrage cité.
au SU
midité an',c que li région
Abyssir contrai el pres Sauva gt sous les
Peu no
! Lefel
ue esl
plus de urs est de dis- 14 mè- » fleuve oignant baie de où Ka- S de la mètres,
appelé ve provant les | douces emé par ant l'été nt COmMse dans ces chiau Sys- » Leado, nont du vu, Laki artie du » fleuve; n'a pas en ghez u, à peu cime du
)yssinie, s de l'ént aussi ntre les
nord el
COURS DE L'AOUACH, ÉTIIOPIE MÉRIDIONALE. 205 au sud de la ligne équatoriale. Tandis que la précipitation moyenne d'humidité sur les plateaux abyssins peut être évaluée à 75 centimètres par an‘, elle serait d'un mètre au sud de l'Abâï et de l'Aouach. Il en résulte que la végétation est beaucoup plus abondante et plus touffue dans les régions méridionales de l'Éthiopie que dans celles du nord, Tandis qu'en
N° 56, — ITINÉNAIRES DES PRINCIPAUX VOYAGEURS DANS LA RÉGION DU BAS AOUACH,
Est de Greenwich L'apres divers documents C. Perron
0 100 kil,
Abyssinie les forêts sont rares, si ce n’est dans les koualla, elles sont au contraire fort étendues dans les montagnes du Choa et des pays tributaires el presque tous les voyageurs parlent de grands bois de conifères, d’oliviers sauvages ou d’autres arbres, sous lesquels on chemine pendant des heures, sous les branches entremêlées balançant des chevelures de mousse grise. Peu nombreux encore sont les botanistes qui ont étudié les espèces végé-
Lefebvre, Voyage en Abyssinie,
lales de ces contrées, mais on sait que toutes les plantes abyssines + trou vent un climat favorable et que beaucoup d'autres végétaux y croissent, utiles par leurs tiges, leurs gommes et leurs semences. La patrie du eafier pourrait encore fournir aux agriculteurs du monde bien d'autres plantes précieuses; elle livre maintenant au commerce un fruit des plus appréciés pour son arome à la fois délicat et pénétrant, l'oggié ou korarima.
Comme la flore, la faune se distingue de celle de l'Abyssinie par une plus grande variété de formes; mais dans l'ensemble les types sont les mêmes, C'est le Choa qui parait être la vraie patrie des colubus quereza, ces singes à l'admirable chevelure noire et blanche, que les habitants superstitieux du pays considèrent presque comme des moines à cause des couleurs de leur robe et de leur vie retirée‘; c'est aussi dans le bassin de l'Aouach que vivent les bœufs les plus remarquables par les dimensions de leurs cornes, ayant jusqu'à 2 mètres de long sur 15 centimètres d'épaisseur à la base*, Un zèbre, l'equus Greryi, Tort curieux par ses raies d'un noir pourpré, parcourt les hautes savanes du Choa. Le cheval galla, qui meurt loin de ses montagnes, ressemble au pur sang russe par ses jambes sèches, sa tête fine, sa croupe pleine et rebondie, son ardeur et sa ténacité*, L'animal le plus apprécié au point de vue économique dans les régions de l'Éthiopie méridionale est la civette (civetta viverra), dont le muse est monopolisé par les divers souverains du pays, excepté dans le Kaffa. Les mâles seuls fournissent la substance précieuse : on les garde par troupeaux de cent à trois cents individus, chaque animal étant enfermé dans une cage allongée qui ne lui permet pas de se retourner; les pares sont chauffés à une température constante pour hâter la sécrétion, qui est de 80 à 100 grammes Lous les quatre jours, et l’on donne à ces bêtes une nourriture exclusivement animale, composée de morceaux de choix préparés au beurre. De peur du mauvais œil, il est interdit aux étrangers de pénétrer dans les pares à civettes *.
Les habitants policés et chrétiens du Choa sont Amhariniens en majorité comme ceux de Gondar, mais ils restent séparés du gros de la nation par des faîtes élevés : tandis que la plupart des Abyssins vivent sur des pentes inclinées vers le Nil Bleu, ceux du Choa peuplent surtout le ver-
1 Harris, Highlands of Ethiopia.
Th. Lefebvre, Voyage en Abyssinie.
5 Arnoux; — Louis Lande, Revue des Deux Mondes, 1879, 4 Bianchi, Esploratore, agosto 1835,
sant « üe du
tons une st loppé tribus rèls n Choa sent p les oscC interdi peut d de Fa parmi dans Hi le resp nécron du Cho et le 1
rappel de leur sont re de Lefe centain tés dan présent d'arme.
chemin lonté d d'outre:
rompus du dixaussi pl trées : 1 et Gecel fatigue, jam. L c'est-à-
méridic
y trous issent, 1 calier plantes
DI'ÉCIÉS
ar une ont les HereStE, bitants use des bassin ensions l'épais- »s d'un a, qui Jambes a Léna ans les dont le dans le s garde bnierme $ pares qui es!
tes une prépa-
rers de
da jorilé nation sur des le ver-