N° 60, — COURS INFÉRIEUR DE L'AOUACI
Pr (M8: Quarof ,
» MA, Gi oudabir# PM Qu
dont un voyageur français, M. Paul Soleillet, a fait l'acquisition en 1882; plus loin, vers l'est, le hameau d'Ambabo borde une plage où l'on à aussi fréquemment embarqué des esclaves, au mépris des croiseurs anglais où français qui surveillent les côtes de l'Océan Indien. Au delà d'Ambabo s'élève le bourg de Tadjourah, d'après lequel à été désignée la grande baie
qui s'avance à une soixantaine de kilomètres dans l’intérieur des terres :
den kabi bane inflét les n aient vingt
tale da Rouge.
SON It élit 0 detta,
Cho NTI | plus p
ner de
nt quel.
ANETE CS, bornaguère
rabie, el
à ASS); a aussi glais ou Ambabo nde haie
Lerres :
AOUSSA, TADIJOURAI, OBOK. 025
de même que Sagalo, ce village a été concédé à la France par le chef de la kabilet des Ad-Ali, mais da prise de possession des deux groupes de cahanes n'a eu lieu qu'en 1884. D'ailleurs la plage de Tadjourah est à peine infléchie, le port est mal abrité et sans profondeur suflisante, même pour les navires de moyen tonnage. Le seul point de la côte où les Français aient fondé un établissement sérieux, après avoir oublié pendant plus de vingt années l'acte de concession, signé en 1862, est la péninsule orien-
N9 61, — BAIE DE TADJOURAIT ET LAC ASSAL,
7 5 tst de laris =: AU Re
D'apres divers documents C Perron Profondeurs
CeQ à 50 m ee 50 à (Om delOlm et au-celà
tale du pays des Danakil, entre le golfe de Tadjourah et l'entrée de la mer Rouge. Le hameau d'Obok, situé dans le voisinage de la pointe, a donné son nom à tout le territoire annexé; dès 1881, un premier comptoir y élit ouvert par le négociant Arnoux, qui fut plus tard assassiné par vendelta,
Obok présente de grands avantages comme escale des bateaux à vapeur.
Situé près du détroit de Bab el-Mandeb, il commande le passage de
plus près que la ville d'Aden, et les transports pourraient s’y approvisionner de charbon sans se détourner de leur route. Le port ne saurait se com-
n2 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE,
parer à celui d'Aden, cependant iloffre un bon mouillage et de faibles tros vaux sufliraient pour abriter complètement ilest séparé de haute mer
par des banes de coraux où s'ouvrent des passes praticables aux grands nu
EE YO CINE vires; les vents du nord et du nord-est, les plus redoutés des marins, sont Î Re détournés du havre par le « promontoire du Puits », Râs el-Bir, qui Sue hs d'a L ? ‘ :
EM 0 4 fi vanee dans la mer au nord d'Obok. La vallée en croissant où les construce | Er SRE lions du village naissant commencent à remplacer les fourrés d'acacias el | 4 HO E (M: sl L ÿ ‘À . " } k 1 j | Port projeté À 4, è —— | HUE i re j N @” A HR 10 7 1 es 4 j ik ls ! à ( 4 g cl dt) à ï (QILE % É # à ##, 1 Ç D'après la marine française C lerron | Ê | . ee eurs Ê 7e) RS couvrent de 0à L'm s c | G et decouvrent \ | f 1 1: 5400 l 0 RUE | , ads , ‘ F n , à ‘ d'autres arbres, est dominée par une falaise madréporique d'une vingtaine de mètres, coupée de quelques ravins où s'écoule l'eau surabondante peni : PA R , , dant les trop rares pluies. La terrasse supérieure est elle-même séparée de \ Nb la plaine des Danakil par une deuxième falaise an peu moins élevée que la première !. Quoique l'établissement d’Obok souffre généralement de la sé KE, fo cheresse, il ne serait pas impossible d’y tenter quelque culture, et des voa . ueurs, comparant la végétation d'Obok aux roches nues et brûlantes d'\den, E a ASE décrivent 1x nouvelle station française comme une oasis; en creusant le à 1 Denis de Rivoire, Obock, Mascate, Bouchir, Bassorah; — Paul Soleillet; — Révoil.
les trye ae mer ls tits IS, soil [ui s'as msiruc-
‘“actas ol
inglane
nie pere
parée de
ie que la le la sé- CS NOV d'Aden, usant Île
; | ul Ml Î
Dessan de Th. Weber, d'apres une gravure de l'Univers illustré.
aol « de | tem mal (bol (HAN play cont
une play
lient
mar lisati sde kilo HAE pars vers
les al ces il deva gran
on r
bages Cases relie
mént ullat un
qu'el lalie Arai perm
des r
OhoK. 527
sol de la vallée on trouve partout de l'eau à un mètre où un mètre et demi de profondeur, un peu saumäâtre dans le voisinage de la côte, mais parfaitement douce à quelque distance dans l'intérieur. La concession, jusqu'à maintenant toute virtuelle, d'un chemin de fer à voie étroite d'Ankober à Obok a été faite par le roi Menelik à un voyageur français. Plusieurs caravanes, venant du Choa, ont déjà déchargé leurs marchandises sur ia plage d'Obok. On évalue à 3000 kilomètres carrés la superficie des terres concédées à la France sur la rive septentrionale de Tadjourah.
la rivalité commerciale entre nations d'Europe, qui a fait de Zeïla une cité anglaise et qui élève maintenant la ville française d'Obok sur une plage coralligène de l'Afrique, a fait surgir aussi en 1870 une colonie ita-
lienne au bord de la mer Rouge; l'Ethiopie méridionale, naguère presque
séparée du monde, aura done pour l'expédition de ses denrées trois portes maritimes appartenant à différentes nations. Les tentatives sérieuses d'utilisation n'ont eu lieu pour Assab qu'en 1882. La ville nouvelle, qui posside déjà quelques constructions de style européen, est située à 120 kilomètres en droite ligne au nord d'Obok et à 60 kilomètres du Bab elMandeb, au nord d'une longue échanerure de la côte; des îles nembreuses parsemées à l'entréede la rade cachent la vue de Ja haute mer, si ce n'est vers le nord-est, et se continuent par des récifs que les sables et les boues, les algues et les coraux font empiéter graduellement sur la baie ; tôt ou tard ces iles se rattacheront en péninsule au continent, Le port, bien abrité, est devant la plage de Bouïa, à 1 kilomètre environ au sud d'Assab; les plus grands navires peuvent y mouiller à 150 mètres du bord. Dune mouvante où roche dure, le territoire d'Assab est presque dépourvu de végétation ; l'important village de Margableh à quelques flaques d'eau bordées d'herbages; cù et là seulement quelques groupes de palmiers ombragent les cases des Afar et sur le bord des rivières temporaires un réseau de lianes relie des broussailles en masses épaisses de feuilles et d'épines, Par ellemème, la ville d’Assab, n'ayant d'eau pure que grâce aux machines dis- Ullatoires, manquant de terres arables et de cultures, ne saurait prétendre à un grand avenir commercial ; elle dispose seulement de quelques salines, qu'elle ne peut d'ailleurs exploiter en Loute sécurité : mais les vingt-cinq aliens d’Assab', autour desquels se sont groupés environ cinq cents Arabes, Afar et Somal, font de grands efforts pour établir des relations permanentes entre leur station et les villes du Choa. Quoique fort éloignée des riches contrées de l'intérieur, puisqu'il faut au moins 22, et en
© Who, Esploralore, ottobre 1884,
moyenne où jours de marche jusqu'à Ankober‘', Assab a pourtant recu quelques denrées, calé, peaux brutes et autres produits, grâce aux efforts de MM. Antonelli, Bianchi et autres voyageurs, Mais ce modeste tralie ne
N° 65, — ASSAB,
redSm etau-deli
peut se faire que sous la conduite et la protection des indigènes; l'explorateur Giulielti et quelques compagnons, ayant cru pouvoir se passer du sauf-conduit des tribus voisines, furent assassinés à sept ou huit journées de marche dans l’intérieur. Presque tout le commerce se fait avec les
* Esploratore, agosto 1SN?,
port port
de 1
nacre de L la ré
Da tant « de pr Liban décou mans leuse:
piens 93000 les ex Debra
les pè
ou de
mel v
du Ge se r'élu fau ouest
et moi OCCUPÉ
les Wo
! Sup
? Ville
Ankober, Aliou-\m litche,
\ngolala, Debra-Ber
NT
ASSAB, DEBRA-LIBANOS,
ee ports de la côte arabe, Aden et Hodeïdah, par le moyen de sainbues d'un : STE port variant de 1 à 10 tonnes ; le mouvement annuel du port est d environ are 400 embarcations. Le bourg de Raheïta, situé plus au sud, est le lieu de résidence d’un sultan qui est en même temps un riche marchand de nacre, de plumes d’autruche, d’encens, de myrrhe, et d’autres produits de la région du littoral‘, Au nord, sur la côte, le village de Baïboul est li résidence d’un autre sultan, protégé du gouvernement italien?.
Dans la partie occidentale du Choa, le groupe d'habitations le plus impor-
tant est la ville commergante de Fitché, bâtie sur l'angle d’un plateau, entre
de profonds koualla. Près de à s'élève le fameux monastère de Debra- Libanos où Mont-Liban, bâti sur une terrasse trachytique, de laquelle découle un petit filet d'eau, réputée sainte par chrétiens, païens et musulmans : de toutes parts les pèlerins viennent se guérir à ces eaux miracu-
leuses nées à la voix de Tekla-Haïmanot, le saint légendaire des Éthiopiens ; lors du voyage de Combes et Tamisier, le monastère était habité par 3000 moines, dont les deux tiers étaient d'anciens soldats mutilés dans les expéditions du pays galla, Nul lieu de refuge n'est plus respecté que Debra-Libanos: avant de gravir les escarpements de la montagne sacrée, les pèlerins ont à se laver de leurs péchés dans la rivière de Ziga-Wodiam ou de « Chair et Sang », qui coule dans une gorge profonde”, Un sommet voisin, d'où l'on aperçoit, par-dessus la vallée de lAbàï, les monts du Godjam et du Damot, porte une antique forteresse dans laquelle
ur
se rélugia l’un des ancêtres de Menelik, lors de la conquête du pays par le Gaucher ». Un autre monastère, celui de Zena-Markos, situé au nord- 1 ouest de Litehé, sur un plateau entouré de ravins, est à peine moins riche
et moins fréquenté que celui de Debra-Libanos, Au nord, les plateaux sont , , CE . n N
occupés jusqu'à Magdala et dans le voisinage des sources du Takkazè par
ls Wollo où d’autres peuplades galla. Les Wollo, qui se divisent en sep
!Nupurticie du territoire italien :
Sur le continent, . ; se 579 kilomètres carrés, Avodilusriless à. + 22 Le à 632 »
Population totale du territoire. 1500 habitants,
Guido Cora, Cosmos, AS89, n° 9,)
? Villes du Choa oriental et des pays orientaux avec leur population présumée :
16! l'ex- CHOA, | PAYS DES AFAR.
Ankober,. 7000 lab. Aoussa. 4, . . . 9000 hab, . asser dt Aliou-Ambn, : , , + « 4000 » ME 1). 1 ON ERRUNE 2000 » F HE il jour ONE Te RE à M EËTO 0 | POSSESSIONS EUROPÉENNES, ‘ ntrec les ATEOINITE SE Es ln 1000 » | Harrar, en 1882, d'après Muller, 20000 hab. s | L Debra-Berham «2500 » | Tadjourah. .., . ., , . . , 1500 » L ,
Leila, . . . . ., . + . , 6000 lab, 3 Kiupf, Journal of the Church Missions Lo Abyssinia and Egypt. Deus
tribus, sont des immigrants du sud venus au seizième siècle, lors de l'invasion de Grañhé. Mais en s’emparant du sol ils prirent en grande partie les coutumes des Amhariniens qu'ils avaient dépossédés. Abandonnant la vie nomade, ils devinrent cultivateurs et revêtirent la toge, mais ils conservèrent la religion musulmane. D'après Blanc, ils auraient encore dans quelques districts écartés l'usage de prêter leurs femmes aux hôtes de passage: le Wollo qui part pour un lointain voyage cède son épouse à son frère pour toute la durée de son absence’. Dans la partie septentrionale du Wollo, sur un roc très bien défendu par la nature, le roi de Choa à fondé la place forte de Worcïllou, près des : "ns de l'Abyssinie proprement dite : c’est Ft que le suzerain Johannes & nne ordinairement rendez-vous à son vassal, Woreïllou est devenu un marché d'échanges important entre les deux royaumes.
Au sud-ouest et à l'ouest du Choa, tout le territoire appartient egalement aux Im-Orma; mais on y voit quelques grandes agglomérations mcritant presque le nom de villes. Sur un des affluents du haut Aouach, le erand village musulman de Rogé ou Rogié parsème de ses cabanes les pentes seplentrionales déboisées du mont Hiérer ou Djerrer. Situé dans le territoire de la tribu galla des Galen, sur les confins du Gouragé, dans une région incessamment dévastée par les expéditions guerrières, Rogé failun grand commerce de café et de nos jours encore est le principal marché des esclaves dans l'Éthiopie méridionale, Officiellement ce trafic est inlerdit dans les possessions du roi Menelik, et les eaptifs ne sont pas exposés publiquement; mais, pour être vendus dans l'ombre des cabanes, les esclaves n'en sont pas moins acheminés vers les ports de mer, d’où ils sont expédiés en Arabie ou en Égypte: en 1878, les voyageurs Chiarini et Cecchi notèrent le « prix courant » de lesclave galla : il variait de 50 ou 40 éeus de Marie-Thérèse pour une jeune et belle fille, à #écus pour une vieille femme. Tous les habitants de Rogé, au nombre d’essiron dix mille, se disent Tigréens et descendraient de deux mahométans immigrés il y a quelques siècles. À l'ouest, près des sources de PAouach, la plaine de Finfin, à l'issue d'un redoutable défilé, est fréquemment choisie par les souverains du Choa comme lieu de rassemblement pour les armées lors des expéditions dans le pays des Galla; des eaux thermales, où viennent boire les bestiaux, jaillissent dans la plaine, et les montagnes voisines fournissent un minerai de fer qui sert à la fabrication de presque tous les outils du Ghoa. Les ro-
ches des environs sont percées de grottes : une de ces eryples à des nels en
I Blanc, À Nérralive of Caplivily in Abyssinia,
voû ues dan:
Kale pem A sidet un v due « l'opé( prod chere la gr aten| pour capila point Au petits partot e herr TURN Wabi, de LA
pour
dans | pas ul rent P Vents, ces ilo qu'elle ter que bés da ancien
gantes 4
! Roch # Louis 5 Bron
# Tauri
de line e partie nnant la ils conore dans hôtes de 1e à SON ntrionale a a fondé oprement idez-vous
ant entre
nt egaletions meouach, le banes Îles Situé dans rage, dans res, Rogé cipal mar- Mie est 1nas exposés es esclaves nt expédiés echi notè- 10 éeus de le femme.
se disenl n quelques Finfini, à verains du bxpéditions ; hestiaux, un mineril ya, Les l'0-
vs nefs en
WOREILLOU, CHON, GOURAGÉ, 551
voûtes surbaissées, séparées par des piliers carrés, amincis vers le milieu. ‘es œuvres d'art permettent de mesurer la décadence de la civilisation dans ce pays, où s'élèvent maintenant les misérables huttes des Galla Katelo', La montagne isolée d’Endotto, qui se dresse à l’ouest du campement de Finfini, porta jadis une capitale du royaume de Choa et l'on y voit encore les tombeaux d'anciens rois; elle est actuellement la résidence d’un ràs. Dans cette région, l'une des plus fertiles de l'Éthiopie, un voyageur français, Arnoux, s'était fait concéder par Menelik une étendue de cent mille hectares, sur laquelle il voulait établir une colonie d'Européens*; nul doute que cette contrée ne devienne un jour l'une des plus productives de l'Afrique, lorsque des voies de communication la rattacheront au golfe de Tadjourah par la vallée de lAouach; dès maintenant, la grefle des oliviers sauvages et des plantations de chinchonas prépare aient la richesse future de la région *. Le roi de Choa à choisi récemment pour résidence le village de Dildilla, à l'ouest de Finfini : c’est une des capitales temporaires du royaume, et d’ailleurs elle est très bien placée au point de vue stratégique pour surveiller les populations galla.
Au delà de l’Aouach s'étendent les confédérations républicaines et les petits États monarchiques des Galla, aux frontières incertaines et presque partout séparées les unes des autres par des marches désertes, des chernes », ainsi que M. Antoine d'Abbadie les désigne sur sa carte par un ieux mot français. Un de ces États, sur les hauts affluents du Waïsa et du \Wahi, est le Gouragé, région de hautes terres que le pays des Soddo sépare de l'Aouach et du royaume de Choa. Cette province de Gouragé est sainte pour les Éthiopiens, car, d'après la légende, les cinq ilots qui se trouvent dans le lac Zwaï seraient les seules parties du sol chrétien qui n'auraient pas élé conquises par Grañhé, le terrible « Gaucher » ; ses soldats n'osèrent pas s'aventurer sur des radeaux pour aborder l'archipel *, Des couvents, où l'on conserverait des manuscrits antiques, s'élèvent dans «es ilots, Toute la population du Gouragé se dit encore chrétienne, quoiquelle n'ait ni prêtres, ni églises, ni dogme religieux : il lui suffit de répéler quelques noms de saints et de maudire païens el mahométans. Retombés dans la barbarie, les gens du Gouragé ont néanmoins gardé de leur ancienne civilisation l’art de construire des demeures beaucoup plus élé-
saintes que celles de tous les Ethiopiens, à l'exception des habitants de
!Rochet d'Héricourt, Second voyage dans le royaume de Cho. * Louis Lande, Revue des Deux Mondes, 15 décembre 1878.
* Brémond; Soleillet, Erploration, # janvier 1884, sT
durin-Cahagne, Antoine d'Abbadie, Société de Géngraphie de Paris, Séance du 7 mars 1884.
c02 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Gondar'. Pour se défendre contre les Soddo et autres Galla qui vivent de ia traite, les gens du Gouragé ont creusé çà et à des trous dans lesquels ils se blottissent quand ils voient approcher l'ennemi; ils le surveillent à son passage et souvent l’attaquent à l'improviste; parfois ils lui ferment 1 relraile quand ils sont en force, Gorieno est la capitale du pays, Ghebisso son principal marché; mais plus important encore est celui de Mogar, situé plus à l'ouest, dans le pays des Kabena. Gouragé et Kabena, considérés souvent comme appartenant au même groupe politique, diffèrent complètement de mœurs, de religion et de langage; les Kabena sont des musulmans fanatiques, et lorsque le roi de Choa n’y met pas bon ordre par son intervention, 1ls guerroient constamment avec ceux de leurs voisins qui se disent chrétiens : ce sont les grands pourvoyeurs d'esclaves pour les marchés de Rogé et d’Abderasoul, Le pays des Kabena produit le meilleur tabac de l'Éthiopie méridionale.
La région des Galla où sourdent les premières eaux de lAouach et qui sépare les deux grandes courbes de lAbâï ou Nil Bleu et de la Gougsa, est habité surtout par les peuplades des Liben. Plus à l’ouest, les vallées que dominent les grandes Alpes de Djimma-Lagamara sont habitées par des tribus républicaines, de même que les plaines du Goudrou, tributaires de l'Abäï. Par delà se succèdent, vers la région des Berta, d'autres popula- Lions orômo, Alatou, Wobo, Wachiti, Wasa, sur lesquelles les voyageurs n'ont encore recueilli que des renseignements contradictoires; seul, jusqu'à nos jours, l'Italien Cecchi a réussi à franchir dans cette direction la grande rivière Ghibé, affluent septentrional de la Gougsa; c’est en d’élroites pirogues, creusées dans un tronc d'arbre, que l'on traverse ce cours d'eau redoutable, large d’au moins 1200 mètres après les pluies. D'immenses forêts occupent une partie de la région qui s'étend à l’ouest des monts de Djimma-Lagamara, vers les sources du Djabous.
Au sud, les deux royaumes de Gouma et de Limmou sont encore en grande partie dans le bassin de l'Orghesa ou Didesa, l’une des rivières les plus abondantes, mais les moins connues, du système de PAbät; la ville de Tehora, capitale du Gouma, est sur un affluent de ce cours d'eau, tndis que Saka, le grand marché du Limmou, est, par son ruisseau, sur le versant de l'Océan Indien. Ien est de même pour les villes de lnnarya on Ennarea et de tous les autres Etats galla du sud, le Djimma-Kaka on « royaume d'Abba-Djifar », le Gera, le Yangaro, le Sidama, le Koullo, le Ghimira et le grand État de Kaffa, la plus considérable des contrées à populi-
1 Isenberg et Krapf, — Bianchi, Esploralore, giugno 1881.
ro
L vivent de 1S lesquels surveillent ferment la , Ghebisso ogar, situé idérés soucomplète les musulre par son Sins qui se r les mar- * meilleur
ach et qui IOUUSA, CS les vallées tées par des butaires de es popula- S VOYAgeurs ul, jusqu'à n la grande roiles piro- "ours d'eau )'immenses
s monts de
L encore en rivières les 4 Ja ville de d’eau, taneau, sur le nnarva où aa-Kaka où illo, leGhi-
S À popula-
GOURAGÉ, INNARYA. 299
tion galla qui reconnaissent par un tribut la suzcraineté de l'Éthiopie. Tous ces États, comme les provinces de l'Abyssinie proprement dite, se répartissent diversement en dega, voina-dega et koualla; mais dans l'ensemble c'est la zone intermédiaire qui l'emporte, et c’est à que se trouvent les villes principales et les lieux de marché. Dans le Djimma et le Gouma, les terres appartiennent surtout à la zone des hauts plateaux, puisque l'orge est la céréale qu'on y cultive le plus; les terres basses oceupent une plus grande étendue dans l’Innarya, le Limmou, le Kaffa',
Le nom d'nnarya s’appliquait autrefois à une contrée beaucoup plus vaste que celle qui a conservé cette appellation. Ce fut un royaume chrétien comme l'Éthiopie et, pendant des siècles, les Sidama, qui l’habilient, résistèrent aux païens et aux mahométans des alentours. Is finirent par succomber : les Galla du Limmou, qui vivent dans le haut bassin de l'Orghesa, s'emparèrent du pays, et lorsqu'ils se convertirent à l'Islam, imposèrent leur religion aux vaincus. Les habitants de l'Innarya, que gouverne acluellement une reine*, sont musulmans; seulement le nom de Sidama, qui n'a plus un sens bien précis, est encore attribué d'une mauière générale aux chrétiens des contrées éthiopiennes limitées au nord par le cours de PAbäï. L'Innarya proprement dit ne comprend plus que la haute vallée de la Gougsa, là où cette rivière coule encore dans la direction du sud au nord. Les fonds et les pentes de cette vallée sont par excellence le pays des cafiers, et ces arbustes y sont plus beaux que dans le Kaffa même, qui leur donne son nom : on dit que dans les bois de l'Innarya se trouveraient des cafiers ayant une circonférence de 2 à 9 mètres, Le café est le monopole du roi, et ses esclaves ont seuls le droit de le recueillir dans les forêts et de le vendre pour son compte au marché de Saka; quant à la poudre d’or, qui fut autrefois la richesse de l’Innarya, elle n’a plus assez de valeur relative pour l'exportation. Quoique ayant perdu de leur antique civilisation, les gens d’Innarya seraient encore les habitants les plus policés de l'Éthiopie méridionale, et même comme artisans ils dépasseraient de beaucoup les Abyssins ; le marché de Gondar n'offre rien de comparable à leurs broderies ni à leurs armes à manches sculptés, incrustés d'argent ; ils fabriquent des instruments en fer qui sont expédiés au loin jusqu'aux tribus qui habitent le bassin du Sobat*. Un poste de douane fortifié défend au nord les approches du Limmou sur la route de l’Abyssinie, Plusieurs États du plateau sont même entourés sur
{ Bcke, Journal of the R. Geographical Society, 1843. * G. Rohlfs, Bulletin de la Société de Géographie d'Anvers, tome VIL, fase. v. JM, Schuver, Reisen im oberen Nilgebiet, Ergänzungsheft zu Petermann’s Mittheil., n° 79.
une grande partie de leur pourtour par une double enceinte de murailles, par des fossés et des abattis; en outre une large herne, où personne n'a le droit de s'établir, se développe autour du pays, pareille à la zone de servi tude d’une place forte : chaque royaume est comme une forteresse assic. uée !, On comprend les difficultés que présentent les communications dans ee pays : un piéton pourrait parcouriren quatre jours l'espace de 255 kilo. mètres qui sépare les deux grands marchés de Basso, dans le Godjam, et de Saka, dans l'Innarya, mais des caravanes de trafiquants ont mis jusqu'à deux années pour accomplir ce petit voyage *.
Le Yangaro (Djandjero, Zindjero) oceupe, au sud-est de l'Innarva
et à l'est du Djimma-Kaka, une partie du versant montagneux incliné vers le cours de la Gougsa. Il n'est pas de contrée où les « droits » de la maison régnante soient protégés par plus de garanties légales, A l'excepion du roi, de ses enfants, et des gens de castes inférieures, trop méprisés pour qu'on ait rien à craindre d'eux, tous les habitants mâles du Yangaro seraient partiellement mutilés pour qu’un signe matériel témoignat de leur incapacité au trône : tel est le récit unanime des informateurs du voyageur Beke*. Un des mille privilèges du roi serait l'usage de certaines
médecines interdites à son peuple : les habitants du pays, n'ayant d'autre
ait) LD HIDE 514 nourriture animale que la viande de bœuf, ont tous à souffrir du ténia, Fe HAVE comme les Éthiopiens du Nord, mais le souverain seul l’expulse par une # LE AN LA 1 ÿ décoction de kousso, tandis que le commun des mortels ne saurait em- mais ME ï ployer la « médecine du roi »; il se contente d'herbes amères. Entre autres voisi 1 récits étranges que l’on fait sur cette mystérieuse contrée de Yangaro, les tumi missionnaires Isenberg, Krapl', Massaya racontent que les sacrifices hu- cela mains sont très communs dans le pays : souvent le premier-né est offert à | rafi 6 la divinité, Immédiatement après leur naissance, on eouperait le mame- il le à lon à tous les enfants males, afin que les guerriers futurs n'aient pas de est à ressemblance par cet attribut avec le « sexe Biche ». Lorsque des mar- dl: chands d'esclaves emmènent des captives de ce pays, ils ne manquent ji- des : mais de jeter la plus belle dans un lac pour rendre le destin favorable à uran ê leur voyage. Mais il est rare qu'ils traînent après eux des esclaves males, hais
ceux-ci préférant d'ordinaire le suicide à la servitude, Souvent le nom de Yangaro à élé confondu par ironie avec celui de Zinjero”, qui signilic
Û ‘ Cecchi, Bollettino della Società geografica ilaliana, 1882, \
: # Arnaud d'Abbadie, Douze années dans la haute Éthiopie. F * Journal of the R. Geographical Society, 1845. | ° ti 4 Highlands of Ethiopia; — Journal oj the Church Missions to Abyssinia and Egypt. (
RATE | * Beke, Geographical distribution of the Languages of Abyssinia and neighbouring countries 3°
urailles, 1e n'a le le servie SO 48$I6= ns dans 39 kilojam, et
Jusqu'à
Tanarva incliné .» de fa l'excep- S, Lrop les du noignl eurs du ‘rlaincs d'autre 1 Lénia, ar une ut emsaulres \ro, les es hufer à mamepas de $ milent ja- “able il males, om de
iunilie
YANGARO, KAFFA. 999
«singes » en amharinien, et la rumeur publique, toujours avide de mereilles, à propagé en Afrique des récits de quadrumanes asservis. Le Pjimma-kaka où royaume d'Abba-Djifar est une des régions qui fournissent le plus d'esclaves aux marchands ou djibberti; d'après Beke, presque tous les eunuques emmenés du territoire galla dans la direction du nord et de l'est sortent äes cabanons de traitants établis dans la ville de Folla.
Le pays de Kaffo est un de ceux dont les habitants se disent encore chrétiens, quoique un long isolement ait notablement différencié leurs pratiques de celles des Abyssins. IE n°y aurait que six où huit églises dans ie pays, centres de paroisses très étendues et lieux d’asile pour les criminels et les persécutés : les monarques sont enterrés sous le pavé de l'un de ces sanctuaires. D'après Massaya, les « chrétiens » du Kaffa ignorent jusqu'au nom de Jésus-Christ; ils adorent trois saints, Georges, Michel et Gabriel !, Très serupuleux observateurs des coutumes, qui règlent surtout la nature des aliments, les gens du Kaffa ne mangent de grains d'aucune espèce, et le mot de « granivore » est même une insulte pour eux : leur seule nourriture végétale est la tige du bananier ensete, que l'on cultive autour de tous les villages. Les grains ordinaires, froment, orge, haricots, ne servent qu'à l'alimentation des animaux et à la fabrication de la bière. Pour la viande, les habitants du Kaffa ne sont pas moins exclusifs : la chair du bœuf est, parmi celle des quadrupèdes, la seule qui leur soit permise :
mais les hommes, plus favorisés que ceux du Yangaro et d'autres Etats
voisins, sont en outre autorisés à manger de la volaille. D'après la coutume, les femmes qui prennent leur part de cette nourriture perdent par ecla même leur liberté et sont immédiatement vendues en esclavage, car le trafic de chair humaine n'est pas interdit aux chrétiens du Kaffa, comme il l'est à ceux de l'Éthiopie du nord. Le costume des habitants du Kaffa est aussi réglé avec rigueur. L'emploi des peaux, tannées ou non, est interdit: les vêtements sont des tissus de coton ou des étoffes grossières faites des fibres de l’ensete. Quoique la capitale du Kaffa, Bonga, soit « la plus grande ville qui existe en Éthiopie? », et un marché très actif, on y connalssail à peine l'argent au milieu du siècle”; les seules monnaies étaient
inales de la Propagation de la Foi, 4865; — Krapl, ouvrage cité,
# Villes du Choa occidental et des États galla du nord :
Fitché, Ghebisso.
Woreïllou, Mogar,
Rogé, d'après Chiarini, 10 000 hab. Tchora.
Dildilla. Saka, d'après Krapf, 19 000 hab. .
lorieno, Bonga,
$ Th, von Heuglin, Reisen in Nordost-Afriha,
les verroteries et les « sels » importés de Sokota; au sud-ouest, dans le pays de Cheka ou Sieka, les naturels ramassent de la poudre d'or dans les sables des ruisseaux. Les souverains du Kaffa imposent un cérémonial d'étiquette presque aussi rigoureux que celui des rois du Yangaro. D'après le voyageur Soleillet, qui a pénétré récemment dans ce pays, les ministres et les grands du royaume ne peuvent s’entretenir avec leur maître que revêtus de haillons comme les esclaves, et cependant un rideau les sépare encore de l’auguste présence. Pour éviter d’être reconnu, le roi lui-même ne sort que mal vêtu, monté sur un mauvais cheval, mais on voit de loin les estaficrs qui l’entourent et tout le monde se cache pour éviter la funeste rencontre. Dans ce pays d’étiquette, la formule de salutation est : « Je me cache sous terre. » Lorsque des prêtres chrétiens résidaient encore dans la contrée, les fidèles étaient tenus de ne pas leur laisser toucher le sol entre le presbytère et l’église; des hommes vigoureux les portaient sur leurs épaules. On raconte que ces prêtres, ne pouvant se rendre à Gondar, auprès de l'aboûna, pour recevoir la consécration, se faisaient apporter par les marchands des caravanes une boîte précieuse, que le « père » avait emplie de son souffle sacré.
Au sud du Kaffa, sur le versant de l'Océan Indien, s'étendent les forèts qu'habite le peuple mystérieux des Doko, c’est-à-dire en galfa les « Iynorants », les « Sauvages » : d'après Krapf, Isenberg et la plupart des autres voyageurs, les Doko seraient des nains comme les Akka du Ouellé, tandis que d’après M. Antoine d’Abbadie ces indigènes ne se distinguent pas de leurs voisins, les Sawahili.
Le souverain du Choa, absolu dans son royaume, n’exerce qu'indirectement son aulorilé sur les petits États tributaires des Galla, et c'est moins le roi du Choa que le ràs de Godjam, maitre d'ouvrir ou de fermer les routes commerciales de Gondar et de Sokota au Kalfa, qui a fait accepter aux royaumes méridionaux la suzeraineté du « roi des rois ». Cependant le pouvoir matériel du roi de Choa sur les pays voisins s’est considérablement accru dans les dernières années, grâce à l’organisation de son armée, qui comprend déjà un noyau de troupes permanentes, environ mille fusiliers : c'est autour de ce groupe qu'en temps de guerre, quaud résonne le grand nagarit ou tambour des batailles, se rassemble la foule des combattants et des pillards; d'après Chiarini, la multitude armée s'élève parfois jusqu'à près de cent mille individus. Le tribut payé au négous par les rois du Choa et du Godjam est très considérable : outre un cadeau
, dans le dans les irémonial . D'après ministres 'e que re- CS sépare lui-même L de loin la funeste : « Je me re dans la sol entre sur leurs ar, auprès er par les avait em-
les forêts S « lunoles autres lé, tandis
nt pas de
indirecte- ‘st moins ‘mer les accepler ependant idérableson ar- ‘on mille uaud réfoule des e s'éléve négous
cadeau