‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 112 sur 225 · PANNES TT ED · texte numérisé non relu

PANNES TT ED

continent : du Caire à Zanzibar, sur un espace de 4000 kilomètres, elle n'a d'autre rivale que Khartoum. Aussi le gouvernement égyplien s'en est-il emparé, en ÎS75, pour garantir le précieux marché contre les attaques des Somal et des Galla de tribus diverses qui entourent la ville ; mais, plus dangereuse que les nomades des alentours, la garnison de quatre à cinq mille hommes qu'il y entretenait épuisa le pays par l'oppression ei le pile lage. Les Anglais, héritiers des Égyptiens dans la possession du littoral, ont déjà pris les mesures nécessaires pour ne pas laisser échapper cette ville, visitée pour la première fois par ua de leurs compatriotes, Burton, en 18959, En rappelant la garnison égyptienne, ils ont fait hisser sur les murs le drapeau britannique. Le roi de Choa, qui convoitait aussi cette place, n'est pas de force à lutter contre de pareils rivaux.

au var, dont la forme peut être comparée à celle d'une poire, s'étend sur une colline de granit, qui se prolonge de l'est à l'ouest en s'amincissant graduellement; au sud se dresse une montagne, le Hakim, dominant la ville d'environ 200 mètres et donnant naissance à plusieurs ruisseaux qui arrosent les jardins de Harrar et vont se perdre dans les marais sans atteindre le cours du Wabi, tributaire de l'océan des Indes; les grottes nombreuses du Hakim sont peuplées de singes fauves à longue queue et à crinière épaisse. La ville, dont la surface est seulement de 48 hectares, contraste avec la plupart des cités éthiopiennes, dont les cases sont disposées en désordre sur un espace considérable ; ses 9500 maisons à terrasses, bâties en tuf rempli de végétaux fossilisés, sont pressées les unes sur les autres el enfermées dans un rempart de pierres flanqué de tours crénelées. Les demeures n’ont que de rares ouvertures sur les ruelles, étroites, montantes et sinueuses ; les places, peu nombreuses et irrégulières, se trouvent pour la plupart à côté des mosquées: l'espace libre le plus vaste, appelé le Meïdam, occupe le sommet de la colline, La physionomie de Harrar est celle des cités arabes, Les Harrari, presque tous marchands, sont des musulmans fanatiques, mais de secte chiite, comme les Persans et diverses tribus de l'Arabie méridionale ; de ces pays viennent probablement les missionnaires qui convertirent à leur foi les Somal et les Galla dont la descendance constitue la population actuelle de la cité. Lorsque les Harrart se réunissent pour mâcher des feuilles de Kât (celastrus edulis), non moins apprécié par eux comme excitant que par les habitants du Yemen, ils commencent et finissent la soirée par la lecture du Coran et des actions de grâces, « parce que celle plante des saints permet de veiller plus longtemps la nuit pour adorer le Seigneur, »

La société harrari se distingue de tout le reste du monde musuiman

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par le respect dont y jouit la femme. Avant l'arrivée des Égyptiens dans le pays, tn seul des habitants de Harrar, l'émir, avait plus d'une épouse", Les divorces, st communs dans les autres contrées de l'Islam, sont très rares dans cette ville, D'ailleurs les femmes marchent la figure découverte, et mème elles vont au bazar pour y vendre les denrées de leurs jardins; les hommes se chargent de la besogne plus pénible du labour, Harrar brille

N° 58, — HARRAR,

Cimetières

1 pm 500 mètres.

aussi parmi les villes musulmanes par l'instruction de ses citoyens, D'après

Mohammed-Moukhtar, tous les enfants sauraient lire et écrire en arabe, quoique cet idiome soit pour eux une langue étrangère, très différente de la leur, d'origine galla, ou de provenance sémitique, d’après Burton et Müller; mais ils écrivent en disposant leurs caractères verticalement, Ils ont une certaine littérature et leurs auteurs ne se bornent pas à commenter le Coran: une de leurs industries est celle de la reliure, Vouée au com-

merce*, Harrar n’a guère d'ateliers, si ce n'est pour le tissage des Loiles,

{ Mohammed-Moukhtar, Bulletin de Lu Société de Géographie du Caire, 4+ vol, p. 369. ? Mouvement d'affaires à Haïrar, enregistré à la douane, en 1874 : 5 790 000 francs.

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qui servent à la fabrication des toges, à celle des robes noires et des manülles portées par les femmes, des robes rouges réservées aux Jeunes filles: les poteries fines de Harrar sont aussi très appréciées. La plupart des autres objets manufacturés sont importés d'Arabie et ce sont des immigrants du Hadramaout qui tournent les chapelets employés par les gens de Harrar, Depuis que les habitants ont échangé leur indépendance pour le régime égyptien, ils ont beaucoup perdu de leur bien-être, la population à diminué et les hyènes rôdent autour de la ville". La principale culture de la région, autour de Harrar et dans les campagnes labourées par les Galla, est celle du calier, dont la baie, d’une qualité supérieure, est expédiée de Hodeidah et d’Aden sous le nom de « moka ». Comme les Arabes du Yemen, les Harrari ne font point d'infusion de café; ils boivent une décoction d'écorce et même de feuilles sèches. Le tabac, le pavot à opium, les bananes, les oranges, les raisins sont aussi parmi les produits des campagnes de Harrar, et fa pomme de terre y a été récemment introduite *; tons les légumes importés d'Europe y ont parfaitement réussi. Dans les forêts du pays, Giulietti a retrouvé cet acacia siffleur, le coffar, que Schweinfurth a décrit sur les bords du Nil, au confluent du Sobat°.

Deux routes, souvent coupées par les incursions des pillards, mènent de Harrar à Zeïla : l’une qui franchit le faite de passage au nord de la ville pour redescendre dans le bassin de lAouach par le col et la vallée de Galdessa, et se diriger ensuite vers la mer par le territoire des [ssa, que traverse un chaînon de roches trachytiques orienté du nord au sud; l'autre, plus directe et plus âpre, qui s'élève au nord-est vers le col de Parmi et traverse le pays des Gadiboursi où Goudabirsi. La ville de Zcila, comme assiégée au sud par les Gadiboursi, est située sur une pointe du littoral, au sud d'un petit archipel d’ilots et d'écueils; elle a deux ports: l'un, que fréquentent les barques, mais où ne peuvent mouiller les navires; l’autre, à une pelle distance au sud de la ville, où les bâtiments trouvent, par 8 à 10 mètres de profondeur, un abri parfaitement sûr; mais ce havre est assez étroit : d'après Rochet d'Héricourt, il n'a de place que pour huit ou neuf navires de trois à quatre cents tonneaux. Près de la ville s'étend une vaste saline où les chameliers issa chargent du sel qu'ils revendent très cher aux Harrari, Zeïla manque d'eau de source ; chaque matin un long convoi de chameaux va chercher dans le ouàdi de Tacocha l'eau nécessaire à l'alimentation des habitants, Les trois quarts de la population

{ Kacconi, Esploratore, 1885.

# Mohammed-Moukhtar, mémoire cité, ë Esploratore, gennajo 1882.

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se composent d'Issa, et la ville retentit tous les soirs de leurs chants de guerre où de marche !, Une petite garnison anglaise, venue d'Aden, oceupe maintenant la ville; il est à espérer qu'elle supprimera, comme à Aden, le trafic de l'esclavage, dont Zeïla était naguère l'un des centres principaux, Jusqu'à SIX mille esclaves se trouvaient rassemblés dans les camps de Zeïla *.

La route du Choa vers le golfe de Tadjourah n'a pas à mi-chemin, comme

N° 59, — ZEÏLA,

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la voie de Zeïla, un lieu d'étape comparable à la cité de Harrar; cependant le bourg principal du district d'Aoussa, situé près de la plage méridionale du lac d’eau douce dans lequel se perd l'Aouach, peut être considéré comme une véritable ville : e’est une agglomération de plus d’un millier de chaumières, où se sont réunis les marchands et les chameliers de lt tribu dankali des Modaïto : il fut la capitale du royaume musul-

! Gabriel Ferrand, le Comal.

* Arnoux, Louis Lande, Revue des Deux Mondes, ranvier 1879,

man d'Adel, D'Aoussa au bord du golfe de Tadjourah se succèdent quel. ques autres groupes de cabanes appartenant également à des tribus d'Mar: puis des hameaux et des villages, assez éloignés les uns des autres, bor. dent la rive septentrionale du golfe. L'un d'eux est Sagalo, qui était naguère un port d'embarquement pour les esclaves galla transportés en Arabie, et

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