‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 120 sur 225 · FAUNE DE LA HAUTE NUBIE · texte numérisé non relu

FAUNE DE LA HAUTE NUBIE

Dans les forêts des avant-monts, ainsi qu'au milieu des hautes herbes de

la savane, s'élevant en certains endroits de # à 5 mètres après la saison

des pluies, vivent les grands animaux, singes, lions, léopards, girafes, buffles, rhinocéros, éléphants; nomades pour la plupart, les énormes pachydermes parcourent d'une saison à l'autre des régions de plusieurs centaines de kilomètres dans tous les sens. Les chasseurs de la tribu des Hamran, dans le Taka, de même que les Somal Gadiboursi de l'autre côté des monts éthiopiens, attaquent ces bêtes énormes de la manière la plus hardie. Montés sur des chevaux rapides, ils courent devant l'éléphant, sans se laisser atteindre, puis soudain font volte-face, et, s’élançant à terre derrière l'animal, Jui tranchent les muscles d'un jarret. L'éléphant piétine sur place, et son adversaire peut choisir son moment pour porter le second coup, souvent mortel”. Depuis 1859, des chasseurs, italiens et allemands pour la plupart, visitent régulièrement le Taka et les provinces limitrophes, non-seulement pour se procurer de livoire, consistant d’ordinaire en défenses beaucoup moins grandes que celles des éléphants de l'Afrique centrale*, mais aussi pour capturer des fauves qu’ils vendent ensuite aux ménageries; un de ces chasseurs ramena dans le port de Hambourg 55 girafes, 10 éléphants, 8 rhinocéros, #4 lions et beaucoup d'autres animaux de moindre valeur; lors du long siège que la garnison égyptienne eut récemment à soutenir dans Kassala, des pares de bètes fauves constituèrent une grande partie de ses approvisionnements. Des Bedja et des Abyssins chassent aussi les grosses bêtes dans la marche intrmédiaire de leurs territoires respectifs ; mais quand ils se rencontrent, ils changent de gibier et s'attaquent avec fureur, comme ennemis hérédi- Rires, La mouche venimeuse appelée doboan où sourrêta tourbillonne en essaims dans la vallée du Marëb, mais les animaux sauvages ne souffrent point de ses piqûres, tandis que tous les animaux domestiques, chameaux, chevaux, ânes, bœufs, périssent en quelques semaines : c'est là ce qui rend li chasse très difficile dans ces pâturages infestés, les hommes devant Saveuturer à pied dans les fourrés ou les hautes herbes, Quelle est cette mouche? Est-ce le tsétsé de l'Afrique centrale, peut-être le {zatzalia que mentionne Bruce comme le « plus redoutable des animaux »*, Est-ce l'insele dont parlent déjà les anciens, disant à tort qu'il met le lion en fuite *? À l’est du Nil Bleu, dans le pays de Kouba, une petite mouche,

! Samuel Baker, The Nile Tributaries ;: — Gabriel Ferrand, Le (omal.

? Poids des plus fortes défenses connues : 80 kilogrammes ; poids moyen : 17 kilogrammes. Poids des petites défenses : 12 kilogrammes.

* Grisebach, Petermann's Miltheilungen, 1855, n, VIE

différente du doboan, n'est fatale qu'aux ânes, aux chevaux, aux chiens et aux chameaux", Mais peut-être faudrait-il attribuer x mortalité des animaux non à la piqüre d’un seul insecte, mais aux milliers de blessures infligées chaque jour par des essaims de taons, qui ne laissent pas un seul instant de répit aux bêtes affolées?, On ne peut sauver les animaux menacés qu'en les gardant de jour dans des étables où brûlent des herbes odoantes, eLen ne les laissant sortir que de nuit. Mais il existe des espaces libres où ne pénètrent pas les mouches fatales et où par conséquent là population agricole s'amasse en groupes compacts : tel est, par exemple, le massif d'Aboùû-Ramich, au sud-est de Roserès,

Entre les montagnes de l'Éthiopie et les plaines accidentées qui s'ineli-

nent vers le Nil, le contraste n'est pas seulement celui du relief, du climat, des cultures, il est aussi celui des populations : races, langues, mœurs et religions différent, limitées par une lisière de hauteur inégale qui contourne le flanc des monts; en maints endroits une marche déserte où peupléc de sauvages loujours aux aguets, que l’on pourchasse comme le gibier, s'interpose entre les deux régions. Toutes ces tribus, on le sait, sont désignées sous le nom général de Changalla, appellation sans valeur ethnique : tous les noirs non arabes où non abyssins sont Ghangalla pour les gens des plateaux,

Dans les hautes vallées du Djabous et sur les montagnes que domine Ra double pointe du Toulou-Wallel (5200 mètres), regardant le bassin du Sobat par sa face méridionale, vivent les tribus des Lega, la nation galla la plus avancée dans la direction de l'ouest, à moins qu’on ne considère les Latoüka et les Wa-Houma comme appartenant encore à la même race, dont ils sont séparés maintenant par des populations si diverses, Les Lega offrent un type très pur et très distinet de celui des nègres, quoique ceux-ci les environnent au sud, à l'ouest, au nord. Is ont le teint très clair, plus mème que les Européens brunis par le soleil des tropiques. De haute taille et généralement maigres, ils ont « des bras et des jambes de Yankees », le cou long et maigre, la figure étroite, sèche, sans joues, mais aux traits vigoureux et au regard expressif, le crâne petit, le front haut, étroit et conique. Les femmes sont en proportion d'une stature bien inférieure à celle des hommes et présentent avec eux un contraste physique beaucoup plus

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