‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 124 sur 225 · an · texte numérisé non relu

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palleurs indigènes trouvent leur profit là où se ruinait le gouvernement : ls pépites, désignées sous le nom de tibr et recueillies ordinairement dans les tuyaux de plumes de vautour, servent de monnaie pour l'achat des marchandises qu'apportent les djellubi. Les laveries principales se trouvent sur le versant occidental des montagnes, dans une vallée qui s'incline vers le Nil Blanc et au milieu de laquelle se dresse un mont pyramidal, le Djebel-Doul, dont tous les ravins fournissent de l'or. La production totale est évaluée par Schuver à 40 000 francs par an, sur lesquels le cheikh de Gomacha prélève environ le quart : les soldats réunis autour de lui sont pour la plupart des négriers échappés au désastre de Souleiman

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dans le pays des Rivières'. Les Galla qui viennent aux marchés du Toumat préfèrent à la poudre d'or un autre signe représentatif des valeurs et ne cèdent leurs denrées que pour les « sels » importés de l'Éthiopie orientale; d'après Schuver, les habitants de la vallée du Toumat reçoivent chaque année plus de 30 000 Kilogrammes de monnaie saline.

Même après avoir évacué le pays, les Égyptiens se faisaient payer un impôt d'environ 150000 franes par les tribus riveraines du Toumat; mais au delà du district de Fadasi, qui se trouve dans un autre bassin fluvial, celui du Djabous, leur pouvoir cessait complètement. C'est dans le Fadasi que durent s'arrêter les voyageurs Marno, en 1850, Gessi et Matteucci en 1878 ; on leur permit seulement de gravir la montagne qui se dresse au sud du bourg principal, désigné par le nom de Bimbachi d'après un « chef de millé » ou capitaine égyptien qui résidait en cet endroit. Schuver est le seul voyageur qui ait franchi cette limite des possessions du khédive en 1881. Bimbachi, entouré de nombreux villages épars sur les pentes des monts, domine du haut de sa terrasse un horizon très étendu : c'est un lieu de marché fréquenté, moins toutefois que Beni-Chongoul, situé à moilié chemin de Famaka, dans le voisinage des laveries d'or et des ruines de Sindjé, ancienne capitale de la contrée. Plus au nord, dans une conque fertile de la rive droite du Toumat, le village de Ghezan est aussi un lieu de rendez-vous pour les caravanes; l'énorme sycomore qui ombrage la place abrite les jours de marché une foule bigarrée de Berta, de Nubiens et d’Arabes. Des bois de citronniers abandonnés dans la campagne rappellent le séjour des garnisons égyptiennes.

En aval de Famaka, le bourg de Rosèrès ou Rosairès, dont les maisons sont dispersées au milieu des bosquets de doûm, est situé également sur la rive droite du Bahr el-Azraq; il a donné son nom à un ddr ou pays d’une étendue considérable que gouvernaient des chefs prenant le litre de rois. Plus bas, le village de Karkodj, entouré de quelques grands arbres, qui contrastent avec les terrains nus des alentours, a pris actuellement une certaine importance, comme marché de gommes et centre de convergence de plusieurs chemins de caravanes, venant du Gedäref, du Galäbat et de l'Éthiopie; il a hérité d’une partie du commerce qui se faisait jadis dans la cité de Senâr, située à une centaine de kilomètres en aval sur la rive gauche. Cette ancienne capitale du royaume des Foundj, bâtie au commencement du quinzième siècle, a beaucoup perdu depuis que le siège du gouvernement a été transféré à Khartoum: des amas de décom-

1 schuver, Reisen im oberen Nilgebiet, Erginzungsheft zu Petermann’s Mittheilungen, n° 72.

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ROSÈRÈS, SENÂR. 375

bres, des espaces déserts séparent les groupes de cabanes ; de ce qui fut le palais on n'aperçoit que des restes de murs, mais Senâr possède encore une mosquée. C’est dans cette ville que du Roule, ambassadeur français de

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