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872 NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE.
rage, quel absolu mépris de la mort, les Beni-Amer, les Hadendoa, les Bichärin se sont précipités sur les carrés anglais, s’ouvrant à coups de lance un chemin sanglant jusqu'aux canons. Est-ce la chaleur torride du climat soudanien qui plus tard empêcha l'armée de se hasarder sur la route du Nil, en s’éloignant des navires ancrés dans la baie de Souakin, où bien les généraux anglais hésitèrent-ils à mesurer de nouveau leurs soldats avec les intrépides fils du désert?
La haute Nubie était, sous le régime égyptien, répartie en provinces qui coïncident partiellement avec les divisions naturelles de la contrée, A la sortie des montagnes éthiopiennes, les pays riverains du fleuve Bleu constituaient le Fazogl ; plus bas, la partie centrale de l’ancien royaume de Senâr avait gardé ce nom; puis se succédaient les provinces de Khartoum et de Berber, A l’est, le Taka comprenait les collines et les plaines limitées d'un côté par l'Atbâra, de l’autre par le Barka; les régions du littoral se parlageaient entre les provinces de Massaouah et de Souakin. En outre, quelques États indépendants, républiques ou chefferies, occupaient le terriloire des marches entre l'Éthiopie et le Soudan.
Fazogl, qui a donné son nom à la province supérieure du fleuve Bleu et qui fut, avant la domination égyptienne, la résidence d’un roi puissant, n’est plus qu'un hameau. Il est remplacé comme capitale par le bourg de Famaka, où Mohammed-Ali, lors de sa visite dans ses possessions méridionales en 1859, s'était fait construire un « palais »; il en reste seulement quelques briques éparses. Famaka serait bien placée comme ville de commerce, si la chasse à l'homme n'avait dispersé les populations dans les montagnes : les maisons, bâties sur un promontoire de gneiss, longent la rive droite du fleuve Bleu, près du confluent d’un khôr ct à une petite distance en amont de l'endroit où la rivière Toumat vient rejoindre le Bahr el-Azraqg. En face, vers le sud, apparaît la montagne de Fazogl, la première grande cime que l’on voie se dresser au-dessus du fleuve quand on vient de Khartoum : aussi paraît-elle plus majestueuse que beaucoup d'autres plus élevées et la belle végétation qui en recouvre les pentes semble merveilleuse à ceux qui viennent de parcourir les terres désolées
du Nord.
La vallée du Toumat n’était déjà plus terre égyptienne longtemps avant que n'éclatât la grande insurrection des populations soudaniennes. Pourtant Mohammed-Ali considérait cette province comme devant être un jour le trésor de son empire : il comptait sur l'or mêlé aux sables du Toumat et
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BEDJA, FAZOGL, FADASI. 319
de ses affluents pour payer ses armées et se délivrer de la suzcraineté génante du padichah. Grâce à ces visées ambitieuses, le haut bassin du Toumat fut exploré par des Européens, Cailliaud, Trémaux, Kovalevskiy, Russegger ; mais les frais d'occupation de la contrée, les guerres qu'il fallut soutenir contre les tribus, le dépeuplement qui fut la conséquence de la chasse à l’homme, la surveillance des condamnés qui lavaient les sables, coùtèrent au budget du vice-roi beaucoup plus que ne lui rapportèrent les mines et Saïd-pacha donna l’ordre de les abandonner : les forteresses furent rasées et les villages repris par leurs anciens habitants. Toutefois les or-