‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 134 sur 225 · BERBER, SOUAKIN · texte numérisé non relu

BERBER, SOUAKIN

monts qui s'élèvent deux fois plus haut, Avant la guerre, 20000 chameaux,

chargés de gomme, faisaient chaque année le trajet du désert entre les

deux villes ', ar FA Souakin où Sawakin est le port le plus sûr de toute la mer Rouge, Par

la disposition des lieux, il ressemble à celui de Massaouah, La zone rive-

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raine des bancs de corail est interrompue par un chenal tortucux qui pénètre à # kilomètres dans l'intérieur des terres et se termine par un bassin de forme ovale ayant environ 2 kilomètres du nord au sud. A l'ouest, des banes de sable, qui rétrécissent la nappe d'eau, se continuent par des plages couvertes de palétuviers. Deux îles rondes, partiellement rangées d’écueils, dépassent de quelques mètres le niveau du bassin : une de ces îles, celle de Cheikh-Abdallah, n'a d’autres constructions que des

1 A, Bernard, Revue moderne, 1° octobre 1884, 4 en SHC

tombeaux; l'autre, plus au sud, renferme la ville de Souakin proprement dite. C'est entre les deux iles qu'est le port principal, mais les navires du plus fort tirant d'eau peuvent mouiller également au nord de l'ile de Cheikh. Abdallah ; dans cette espèce de lac qui de toutes parts semble enfermé pur les terres, les embarcations sont parfaitement abritées des vents et de la mer, Le port, ouvert au milieu de parages fort dangereux par la multitude des récifs, mérite bien le nom de « havre des Dieux Sauveurs » que divers auteurs croient Hui avoir été donné du temps des Ptolémée, Avant les événements de guerre qui ont valu à Souakin un nom retentissant dans l'histoire contemporaine, le mouvement de la navigation était annuelle ment d'une douzaine de bateaux à vapeur et d'environ trois cents barques arabes qui apportaient du riz, des dattes, du sel, des caourt et des mare chandises européennes, pour prendre en échange des esclaves, des mules, des bôtes fauves et diverses denrées de la région des avant-monts éthiopiens, gomme, ivoire, plumes d'autruche, peaux, cire, muse, céréales et café ?, Souakin est le port d'embarquement pour les pèlerins de la Mecque, au nombre de six à sept mille par an; la traversée de la mer Rouge, jusqu'au port de Djeddah, est d'environ 550 kilomètres, y compris les détours dans les récifs. Les marchands d'esclaves venus de l'intérieur se présentent comme simples voyageurs, mais ils sont accompagnés de femmes, de concubines, de domestiques. Quand ils reviennent d'Arabie à Souakin, ils n'ont plus ni femmes, ni serviteurs*; le divorce, la désertion, des événements imprévus les auraient débarrassés de leur famille et de leur suite.

La ville, que dominent quelques minarets, consiste en maisons de pierre, ornées de balcons et de moucharabiés en bois, très élégamment sculptés : c'est une cité cosmopolite où l'initiative commerciale appartient surtout aux Arabes; Tures, Hedarmeh où « gens du Hadramaout », s'y rencontrent avec les négociants grees où maltais et les Occidentaux. Mais la population indigène, habitant des huttes de branchages couvertes en nattes, vit en dehors de l’île, dans le faubourg d'EKef, beaucoup plus étendu que la ville elle-même; ilest rattaché à Souakin par un pont bas d'une centaine de mètres de longueur, et depuis F884 par un viadue de voie ferrée, El-Kef borde de ses cabanes la plage méridionale du bassin, en face

de Souakin, et se prolonge des deux côtés de la route de Berber. Les [la-

t Mouvement du port de Souakin en 1880, d'après Amici : 758 navires, jaugeant 171 681 tonnes Exportation de Souakin en 1879 : 6414 025 francs. * A. Bernard, Revue moderne, 1° novembre 1884.

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jendoa qui peuplent ce faubourg s'occupent du transport et de l'arrimage des marchandises, de l'approvisionnement de la ville en combustible, uande, volailles, beurre, fruits, légumes, eau potable: en hiver ils sont deux fois plus nombreux qu'ea été, saison pendant laquelle ils paissent eurs troupeaux sur les hautes montagnes voisines, Nouakin, d'ailleurs bien défendue contre les incursions des pillards, grâce à sa position insubure, dépend absolument pour son entretien du faubourg de la grande

erre, et l'on a dû enserrer celui-ci d'une ceinture de fortifications pour N9 76. —— MONTAGNES DE SOUAKIN,

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