KORDOFAN
Cette contrée, qui fut naguère une province égyptienne et qui devint, au commencement de l'année 1SN5, le centre d'un nouvel État conquérant,
destiné probablement à n'avoir qu'une brève existence, est une région
naturelle bien distincte, quoiqu'elle n'ait pas de limites précises. Dans son ensemble, elle forme un grand quadrilatère, orienté du nord au sud, parallèlement au cours du Nil entre le confluent du Sobat et celui du fleuve Bleu. Au sud et à lorient, le Kordofän ou Kordofal a pour frontières naturelles les fonds arrosés par les eaux du Nil; au nord et à l'occident, il se confond avec les steppes que parcourent les tribus errantes. La superficie totale du pays, qu'il serait d’ailleurs impossible de mesurer sans lui donner des limites purement conventionnelles, peut être évaluée à 250000 kilomètres carrés, soit à peu près la moitié de la France. Cet espace est très faiblement habité : en 1875, l'Américain Prout, oflicier de l’armée égyptienne, reproduisait un recensement d'après lequel les résidents des 895 villes et villages du Kordofän auraient été au nombre de 164740 individus. À la même époque, les tribus nomades comprenaient un Lotal de 114000 personnes, mais le gouverneur de la province n'avait pas essayé de dénombrer les turbulents montagnards du midi'. Provisoirement, c’est à 500000 habitants que l’on peut évaluer l’ensemble de la population du Kordofân : la densité kilométrique y serait done de six personnes par cinq kilomètres carrés. Les guerres ont fréquemment dévasté le pays et l’on pense que le nombre des habitants à notablement diminué depuis les massacres qu'ordonna Mohammed-bey, le terrible « trésorier », qui conquit ces régions pour son beau-père Mohammed-Ali. De nouveaux massacres ont eu lieu depuis que le « Guide » où Mahdi à fait du Kordofän le centre de son empire et que la guerre sainte a été proclamée dans ses camps.
Par la pente générale du sol, le Kordofân appartient au bassin nilotique : si les pluies étaient assez abondantes, les kherân, qui tarissent à l'issue des vallées montagneuses, descendraient jusqu'au Nil Blanc; même des eaux qui s'écoulent sur le versant occidental de la contrée trouvent temporairement leur voie vers le Nil, d’un côté par le Keïlak et le Babr elGhazäl, de l'autre par le Ouädi-Melek. D'ailleurs le niveau du sol, qui
1H, G, Prout, General Report on the province of Kordufan.
varie de 400 à 500 mètres d'altitude moyenne, ne change que faible. ment dans une grande partie du pays : en maints endroits, les eaux d’écoulement auraient à cheminer incertaines, avant de se creuser un lit régulier dans la direction du Nil, Dans presque toute son étendue, le Kordofän est une steppe doucement ondulée où des monticules de quelques mètres de hauteur servent de points de repère pendant de longues heures de marche: il serait facile d'y faire rouler les chars et de remplacer par un service de voitures les transports à dos de chameaux". Des pics isolés se montrent au milieu de la plaine, superbes d'apparence, grâce à luniformité générale des espaces qu'ils dominent; Fun d'eux, le Djebel-Kordofän (850 mitres), qui a donné son nom au pays, se dresse à une vinglaine de kilomètres à l'est de la capitale, El-Obeïd; près de lui s'élève la pyramide presque régulière du Djebel el-Min. Les couches superficielles du sol se composent presque partout de sable granitique, débris décomposés de montagnes, qui renferment en abondance des parcelles de mica et qui se mêlent à des argiles impures; à une profondeur variable de 50 à 50 mètres, on trouve des roches de micaschiste,
À 200 kilomètres en moyenne à l'occident du Nil, la région médiane du Kordofän se redresse en massifs montagneux dont les cimes ont quelques centaines de mètres au-dessus de la plaine. Au nord-ouest du pays, le Djebel-Katoul et le Djebel-Kadja sont défendus du côté des plaines par des roches assez escarpées pour que des tribus indépendantes aient pu y trouver un asile contre leurs voisins; au nord, quelques massifs isolés, tels que le Djebel-Haraza, aux roches de granit, dominent la route serpentine des caravanes entre El-Obeïd et Dongola. Au centre du Kordofän, le Djebel- Deyer, couvrant un espace d'environ 900 kilomètres carrés, élève ses croupes à plus de 800 mètres d’allitude, soit à 300 mètres au-dessus des steppes environnantes. Ses murailles extérieures lui font comme une enceinte, percée d'un petit nombre de brèches; mais dans l’intérieur, disent les indigènes, s'ouvre une vallée profonde, bassin ruisselant d’eau, rempli d'ombrages, que les nomades des alentours décrivent comme un paradis. Au sud de ce massif, la steppe ne se développe plus, comme dans le nord du Kordofän, en longues vagues monotones, n'ayant d'autre végétation arborescente que des bouquets de petits acacias et çà et là un baobab aux branches anguleuses se profilant sur l'horizon : c’est une plaine unie, fertile et bien boisée, d’où l'on voit, ceints à la base d’un cercle
1 Wilson and Felkin, Ugan la and Egyplian Soudan; — Sidney Ensor, Journey through Nubia and Darfour.
que faible UXxX d'écou- Hit régulier rdofän es metres de e marche:
service de ntrent au ailé véné- (SoÛ nè= e de kilopyramide du sol se $ de mon- [se mêlent
aèlres, on
édiane du | quelques du pays, le » par des y trouver , tels que ntine des le Djebelélève ses lessus des > une che intérieur, ant d’eau, mme un s, COMIME it d'autre Let là un ne plaine
un cercle
ough Nubia