‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 137 sur 225 · MONTAGNES, PUITS DU KORDOFÂN · texte numérisé non relu

MONTAGNES, PUITS DU KORDOFÂN

ve

vert, les cônes bleuâtres des monts Tagala, alignés du nord au sud sur un espace d'au moins 50 kilomètres vers les steppes que parcourent les Baggära. Plus à l’ouest, les autres massifs montagneux, également formés de roches granitiques, ont pris le nom général de Djebel-Nouba ou de Där-Nouba, c'est-à-dire « Pays des Nouba », d’après les populations qui les habitent.

Les montagnes du Kordofâän méridional reçoivent une quantité d'eau plus considérable que celles de nord, Les averses qui tombent dans le Djebel- Nouba suffisent pour alimenter un khôr, Aboû-Hablé, qui coule à l'est et au nord-est à la distance de plus de 500 kilomètres avant de disparaître dans le sol : on dit même qu'en certaines années pluvicuses un peu d'eau du Kordofân se serait déversée dans le Nil par ce lit fluvial, Sur le parcours de l'Aboû-Hablé, l'eau surabondante forme dans la saison du kharif, c’està-dire de juin en octobre, des nappes d’eau temporaires, désignées d’ordinaire sur les cartes comme des « lacs » par excellence, ElBirket, ElRahad. ILest rare que l’eau se maintienne dans ces réservoirs jusqu’à la fin de la saison sèche; mais, en ereusant le sable du fond à 2 ou 5 mètres de profondeur, on recucille encore assez de liquide pour que les animaux et les hommes puissent s'y désaltérer. La plupart des autres aiguades, généralement désignées sous le nom de fouluh, ne contiennent d'eau que pendant la saison des pluies. Dans la région peuplée du Kordofän septentrional, évaluée par Prout à la superficie de 45 000 kilomètres, il n’y à ni rivière, ni mare, mais seulement des puits creusés en forme d’entonnoirs, à 25 et même à 90 mètres de profondeur, jusqu'à la couche de micaschiste, strate imperméable sur laquelle glissent les eaux de pluie, filtrées par le sol léger de la surface; des degrés taillés sur le pourtour de lexeavation permettent de descendre jusqu’à la nappe liquide. L'exploration scientifique de cette contrée a constaté l'existence de huit cents puits, mais au moins deux cents sont complètement à see pendant une moitié de l'année, et plusieurs ont une eau saumâtre où même saline : d’après d'Escayrac de Lauture, d'après Matleucci, la dessiccation générale du pays depuis quelques générations serait un fait incontestable : nombre de puits, qui fournissaient autrefois de l'eau en abondance, ont dù être abandonnés", La part annuelle des pluies, qui est en moyenne de 59 centimètres à El-Obeïd, un peu plus considérable dans les montagnes du sud, et moindre dans celles du nord, ne suffit pas à remplir toutes les excavations pratiquées dans les fonds. Aussi des villages entiers sont-ils abandonnés pendant la saison des sécheresses : dès que le doll, la seule espèce de millet qui réussisse sous ce climat sec,

! Le Désert ct le Soudan; — Esploratore.

a été récolté par les cultivateurs, ils descendent vers les puits qui conservent un peu d'eau pendant toute l’année et ne reviennent à leurs champs qu'aux premiers jours du kharif. Dans les villes et les bourgs, l'eau est un objet de commerce, et vers la fin de la saison sèche elle coûte parfois à El-Obeïd plus cher que le vin dans les contrées de production : en 1N73, le vase de six à huit litres d’eau se vendait un talari ".

Malgré l'altitude du Kordofän, la température de la contrée est une des plus chaudes de la Terre. La saison des grandes chaleurs commence en mars : alors la colonne thermométrique s'élève fréquemment à 40 degrés centigrades à l'ombre, et l'air devient presque irrespirable quand le sable du désert vient s'y mèler. Après les trois mois du sef ou saison des sécheresses, des nuages épais qui s'amoncellent à l'horizon du sud annoncent le kharif. Vers les premiers jours de juin, les averses se succèdent, violentes, mais en général de courte durée et fréquemment séparées par des intervalles de beau temps. La saison pluvieuse débute ordinairement par un grand désordre des airs, par un tournoiement des vents sur la steppe; mais bientôt la marche des courants atmosphériques se régularise et le vent du sud-ouest, prolongement du vent alizé du sudest dans l'hémisphère méridional, s'établit dans cette partie de l'hémisphère du nord, suivant la marche du: soleil. Pendant cette saison, la température, remarquablement uniforme, se maintient de 25 à 55 degrés : l'écart du thermomètre est seulement de 7 degrés de l'échelle centigrade. Il semblerait qu'un pareil climat dût être fort agréable; mais les vapeurs qui Saturent l'atmosphère et auxquelles se mêlent les miasmes des bas fonds, alternativement emplis et desséchés, rendent le séjour du Kordofän très dangereux, et les Arabes, les Tures, les Européens, n'échappent pas aux fièvres endémiques, souvent mortelles. Vers la fin de septembre, après trois où quatre mois de pluies intermittentes, le vent change : le courant alizé du nord-est, ramené au sud par la marche du soleil vers le tropique du Capricorne, s'établit en apportant les froidures ; pendant les nuits la température descend parfois à 15 degrés centigrades.

La flore du Kordofän n’est pas très riche : acacias, tamariniers, baobabs, tels sont les arbres qui donnent à la campagne sa physionomie caractéristique dans les régions qui ne sont pas stériles où du moins complètement déboisées. Les acacias qui fournissent la goinme du commerce appartiennent à diverses espèces. L'arbre à écorce grise sur lequel on recueille la meilleure

qualité de gomme, parsème en bouquets nombreux la partie orientale du

* Prout, ouvrage cité.

‘onservent ps qu'aux u est un partois à en [N75,

st une des imence en 40 degrés quand le où saison nn du sud es se suenent sépabute ordi- L des vents iriques se é du sudle l’hémisaison, la à 99 dehelle cen-

mais les

S Miasmes séjour du , n'échapn de scp- , le vent aarche du froidures ; nligrades.

, baobabs, » caracléplètement artiennent

meilleure

ientale du

CLIMAT DU KORDOFAN. 40i

Kordofän. Dans la région méridionale, les acacias à écorce rouge, qui donnent des produits moins estimés, s'étendent en vastes forêts presque inutiles au point de vue économique ; bien peu nombreux sont les villageois ou les nomades qui se donnent la peine de détacher de l'arbre les gommes transparentes qui en découlent. La récolte par excellence, dans presque ut le Kordofän, est celle du dokhn (penicilaria typhoides), dont la vie, des semailles à la moisson, dure seulement quatre mois, le temps du khavif : cette espèce de millet se contente d'une si faible part d'humidité, qu'elle prospère mieux sur les monticules sableux que dans les bas fonds ; les neuf dixièmes de la population se nourrissent de dokhn. Le dourrah où millet d'Égypte n'est cultivé que dans les vallées bien arrosées des montagnes. Le froment, le sésame, les arachides, les haricots, le tabac, le cotonnier, se voient dans quelques districts voisins de la capitale; le chanvre sert à tresser les parois des cabanes.

C'est un produit naturel, la gomme, qui entre pour la plus forte part dans le commerce d'exportation des denrées végétales du Kordofän; de même l chasse contribue plus que l'élève du bétail au mouvement des échanges : ls plumes d'autruche sont le plus précieux objet que les caravanes du nord demandent aux indigènes. Toutefois ceux-ci ont presque entièrement dépeuplé d'autruches les plaines orientales de la contrée": on ne rencontre les oiseaux en bandes qu'à l'ouest des montagnes de Kadja et sur les conins du Fôr. Les steppes du Kordofän &. aviendraient admirablement à l'élve de l'autruche ; mais actuellement ect oiseau n'est domestiqué dans aucun enclos, et chaque année les chasseurs travaillent par leurs massucres à diminuer le nombre. Les ibis sont très communs dans le Kordoln ; on trouve jusqu'à cinquante de leurs nids sur un mème arbre; comme li cigogne, cet oiseau est sacré, el les gens du pays ne tolèrent pas que des étrangers le tuent”. Les habitants du Kordofän ont quelques animaux domestiques, chevaux, ânes, chèvres et brebis ; mais les bêtes de somme apparliennent surtout aux tribus errantes. Au sud les Baggära possèdent au moins cent mille bœufs à bosse, dressés à porter les fardeaux, mais sans aucune utilité pour le labour; les vaches ne fournissent que très peu de lait, La rareté de l’eau dans les plaines à changé les habitudes du

bétail dans le Kordofân : les animaux ne visitent l'abreuvoir qu'une fois

1 Articles d'exportation du Kordofän et du Fôr en Égypte, avant la guerre, d'après Prout : Plumes d'autruehe, 4. 4, . - . 2150000 francs.

Gomme., . EE Se RON ET A CMS OO Ù »

ROUE ns me en Er A CE ot 62 000 »

# Iyn, Pallme, Beschreibung von Kordofän.

tous les deux ou trois jours. Quant aux chameaux, ils ne prospirent que dans le Kordofân septentrional, chez les nomades Kababich ; au sud du treizième degré de latitude, ils dépérissent, pourchassés par les essaims de mouches et de taons,

Le Kordofân central, dans le voisinage d'El-Obeïd, est un des pays de l'Afrique orientale où la population est relativement dense ; dans un cercle d'une centaine de kilomètres de rayon autour de la capitale, les villages sont en moyenne à # où à kilomètres seulement les uns des autres. Chaque tokoul où cabane de chaume à paroi eireulaire et à toit conique est enclos d'une haie d’épines et parfois le village entier est entouré d'une enceinte de mème nature, Les résidents de ces groupes permanents d'habilations sont de race très mêlée et l’on ne peut y reconnaître facilement le type originaire. Fondées comme stations de commerce sur les routes du Nil aux pays de l'Afrique centrale, les villes du Kordofän sont des lieux d'appel pour les marchands qui viennent s’y reposer de leur marche à travers les déserts environnants. Les soldats, les esclaves de toute provenance qui accompagnent les trafiquants, contribuent à mélanger la race et à en rendre indistinets les éléments primilifs : la population qui résulte de ces croisements est intelligente, joyeuse, bavarde, « folle de danse et de plaisir »°, Dans quelques villages vivraient encore des Ghodiat, Gilledat ou Gowamceh, représentant, dit-on, la descendance plus où moins pure des aborigènes, D'après Munzinger, qui leur donne le nom de Kadejat, ils seaient apparentés aux Foundj. Ils habitent à l’est et au sud de la montagne du Kordofän et du Djebel-\in où « Mont des Eaux », et, malgré les conquêtes et les changements de régime politique, ils constitueraient encore un groupe autonome, Ils reconnaissent un des leurs comme cheikh et lui payent le tribut; mais quand ils ont à se plaindre de lui, ils prient un fakih de lui ôter le turban d'investiture et de le placer sur la tête d'un autre individu. Cela suffit pour accomplir le changement de pouvoir?

En vertu d’une longue occupation, les arrière-neveux d’envahisseurs venus à une époque déjà lointaine sont considérés comme ayant plus que d'autres droit au nom de Kordofänais. Tels sont les Mousabat, qui se disent être originaires du Fôr*et dont le chef, résidant à El-Obeïd, prend encore le nom de sultan. Tels sont aussi les Koundjara, de race également

1 G. Lejean, Voyage aux Deux Nils.

* Munzinger, Ostafrikanische Studien.

5 Prout, ouvrage cité,

foi sit ba (OI

Ju

prospérent babich : au

; ses par les

des pays de Is un cercle les villages des autres, conique esl touré d'une ents d'hahiicilement le s routes du nt des lieux r marche à oute prover la race et qui résulte danse et de Gilledat ou is pure des

ejat, ils se-

a montagne uré les conient encore deikh et lui s prient un a tête d'un ouvoir ?,

nvahisseurs it plus que ui se disent eïd, prend à également

Page 1