N° 17. =— RÉGION CENTHALE DU KORDOFAN
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d'usage général, chez eux comme chez tous les fils des conquérants riens. Des Zoghawa, restes de la nation qui au douzième siècle dominait tout l’espace compris entre les monts du Darfour et le Nil, se voient encore dans la partie septentrionale du Kordofän. Les autres habitants de là contrée dont on peut constater l’origine sont les Arabes Djalin, qui ont presque tout le commerce entre les mains, et les gens du Dongola, les Danagelé où Danagla, qui étaient chargés par le gouvernement égyptien de recueillir l'impôt. Des Syriens chrétiens et musulmans, des Arnautes, des
104 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE,
Grees sont es éléments de population non africaine que lon rencontre an Kordofän et qui contribuent au mélange des races, Mais le renouvellement provient surtout des gens des tribus avoisinantes amenés par les traitants,
Nouba, Denka, Bongo: en outre, des Takroûr, des Fellata et autres immi-
grants de l'ouest, voyageant à la fois pour vendre leurs marchandises ol pour propager la doctrine du Coran sur la route des villes saintes, Seti blissent dans le pays et, mariés aux filles des Arabes, constituent de noue velles tribus, Un grand nombre de Takroûr viennent pour offrir temporairement leurs services au temps des semailles ou des récoltes et se fixent dans le pays quand ils y sont bien accueillis, Les îles du fleuve Blane, qui d'ailleurs ne sont pas considérées comme appartenant au Kordofän, sont presque toutes habitées par des Arabes : l'une d'elles, la plus grande et l'une des mieux cultivées, est celle d'Abba, dans laquelle le Mahdi, Mohammed-Ahimed, révéla sa mission à ses premiers disciples, et remporta sur les Égyptiens, en SN, sa première victoire,
Les Nouba, qui peuplent le Djebel-Dever, au sud du Kordofn, et dont on rencontre aussi des faibles restes en d'autres massifs de montagnes, ont une langue à part, et l'on ne saurait dire avec certitude qu'ils soient les parents des Nubiens, dont ils sont séparés par le désert et par d'autres populations, Chassés des plaines et refoulés dans les montagnes, ils mènent une vie précaire, considérés comme des bêtes fauves et poursuivis comme lels; le nom de Noubovi est synonyme d'eselave dans le Kordofn, et c'est en effet à la condition d'esclaves que sont réduits ceux que l'on parvient à caplurer; leurs petites communautés républicaines n'ayant pu se confédérer solidement, ils n'opposent aucune résistance à leurs ennemis. Cependant ilexiste quelques villages de Nouba qui, moyennant tribut, vivent en paix dans le voisinage de la plaine et peuvent descendre aux marchés pour y vendre leurs denrées. Les Nouba s’habillent comme les Arabes, mais ils ne tressent point leurs cheveux; ils sont complètement noirs el leurs mächoires sont fortement avancées : ils n'ont pas cette finesse de traits qui distingue les Nubiens riverains du Nil. D'après le témoignage de Munzinger, ils seraient aussi parmi les moins intelligents des Nigritiens : comme esclaves, on ne peut les employer qu'aux travaux grossiers de force et de routine, mais ils sont bienveillants, honnètes, constants dans l'amitié. Quand ils se trouvent à côté des mahométans, les Nouba se disent les serviteurs d'Allah; mais il ne parait pas qu'ils lui rendent de culte : leurs seuls prêtres sont des « faiseurs de pluie », des magiciens qui guérissent
les maladies par des gestes et des imeantations : les pratiques de la cireonci-
sion sont antérieures chez eux à l'influence de l'islam. Les vocabulaires
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