PEUPLES DU KORDOFAN
de Munzinger, de Russegger, de Rüppell, de Brugsch prouvent que le dinkete des Nouba s'écarte peu de celui des Nubiens nilotiques; les principales différences portent sur quelques parties du vocabulaire, À l'ouest des Nouba vivaient des populations encore plus sauvages, les Gnouma, nègres de haute taille, qui ne portent aucun vêtement !, On raconte de ces peuples qu'ils tuent les vicillards, les infirmes et les malades atteints d'une affection contagieuse, afin d'abréger leur voyage dans un monde meilleur : ‘côté du cadavre on met dans la fosse des vivres, une pipe de tabue, des armes et deux paires de sandales”,
Les Tagala, Tégélé où Dogolé habitent les montagnes du même nom, Voisins des Nouba, ils parlent une langue tout à fait distinete par les mots et la structure. Eux-mêmes se disent Foundi, quoiqu'ils ne puissent plus comprendre leurs frères de l'ile de Senàr : leur roi porte le tricorne d'apparat en forme de « bonnet d'âne », qui servait autrefois de couronne au souverain des Foundj et que leur ont emprunté depuis les deglel ou princes des Hallenga, des Hadendoa, des Beni-Amer*, Les Tagala n'ont pas le nez aplati et la mâchoire avancée de Ta plupart des tribus nigritiennes; leurs traits sont réguliers, leur regard vif; on vante leur intelligence et leur adresse : comme esclaves, ils sont beaucoup plus appréciés que les Nouba et malheureusement on a souvent l'occasion de les comparer à ce point de vue, car ils sont tenus pour la propriété personnelle de leur roi, maitre adoré dont on ne peut S'approcher sans ramper sur le ventre, en grattant a terre de la main gauche, Nul ne se marie sans la permission du roi; nul ne reste libre s’il plaît au roi de le vendre comme eselave, De même le père a le droit légal de se défaire de ses enfants et dans les temps de lamine les négriers vont en tournée d'achats de village en village : le mahométisme, qui est devenu récemment la religion du pays, n'a pas encore triomphé des anciennes mœurs. Les Tagala résistèrent avee vaillance aux Égyptiens et ceux-ci n’enssent jamais réussi à s'emparer de la forteresse naturelle qu'habitent les montagnards, si les disputes pour la possession du trône n'avaient ouvert le chemin aux envahisseurs. Sur le plateau des Tagala s'élèvent çà et là d'abruptes collines, portant chacune à sa crête un peut village entouré de murs et de buissons épineux : c'est l’acropole de la commune ; des souterrains creusés dans le roc et communiquant avec l'exérieur par des issues cachées reçoivent les provisions et servent parfois de
! Comboni, Annales de la Propagation de la Foi, 18TS.
FR. Lepsius, Briefe aus Aegypten, Aethiopien und der Halbinsel des Sinaï. * Tartmann und Barnim, Reise durch Nordost-Afrika.
SW. Munzinger, ouvrage cité ; — G, Lejean, Voyage aux Deux Nils.
HO De PAS
refuse aux habitants. Pour donner une idée du grand nombre de villages for tiliés, qu'habitent les Tagala, on dit que leur pays n'a pas moins de « quatre vingt-dix-neuf montagnes »; le pays des Nouba, plus étendu, en aurai cent!, La contrée des Tagala pourrait devenir la plus riche du Kordofin: |, sol en est fertile et relativement bien arrosé, ses habitants sont ingénieux et, presque seuls parmi les gens du Kordofän, ils ont appris à cultiver Le pentes trop rapides au moyen de terrasses soutenues par des murs en pierres séches? : le petit massif de Wadelka, au sud-est des monts Tagala, est aus entouré de gradins réguliers, comme les collines avancées des Alpes, andessus de la plaine lombarde, Très habiles forgerons, les Tagala importent du fer pour fabriquer des armes et des instruments de travail; mais les gisements de cuivre qui existent dans leurs montagnes sont encore moins exploités que les sables aurifères de la contrée des Nouba. L'or du Kordofân n'est pas aussi apprécié que celui du Fazogl, à cause de sa couleur
Les régions cultivées du Kordofän sont de tous les côtés entourées par des populations nomades, connues sous le nom général de Bédouins ei divisées en deux groupes principaux de tribus, au nord les Kababieh on « Chèvriers », au sud les Baggära où « Vachers». Ces noms, qui indiquent simplement le travail et le genre de vie des tribus, n'impliquent aueum
guûra appartiennent-ils
différence de race et peut-être Kababich et Ba
A vodra se donnen
une mème souche ethnique; d'après Brun-Rollet, les Ba eux-mèmmes le nom de Gema*. Les différences du sol et du climat ont dû « reproduire dans la différence des occupations : la chèvre etle chamein prospèrent dans les plaines septentrionales presque toujours altérées: les bêtes à cornes n'ont de l'eau en quantité suffisante que dans les steppes du midi. Tous les « Bédouins » du Kordofän se disent d'origine arabe et Lous parlent en effet la langue du Prophète; mais, ainsi que le remarque Munzinger, « lidiome n'a qu'une importance secondaire en ethmologte : c'est la manière dont on le parle qui est le fait caractéristique. » Or, de tous les « Arabes » des régions nilotiques, les Baggâra, et après eux les Kababich, sont ceux dont la prononciation diffère le plus de celle des Arabes péninsulaires : un grand nombre de sons usuels dans la langue classiqu leur sont inconnus et d'autres sons les remplacent, peut-être lhéritag d'une langue disparue. Les Kababich, plus eivilisés, grâce à leur position
éographique, ne s'occupent pas uniquement de l'élève de la chèvre et du
! D'Escavrac de Lanture, ouvrage cité; — Igu, Palme, Beschreibung von Kordofän. # lrout, ouvrage cité,
Werner Yunziuger, ouvrage cité,
4 Le Nil Blanc et le Soudan.
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