POPULATION DE L'AFRIQUE
‘dans toutes les contrées de la Berbérie se sont croisés diversement avec les tribus berbères, tandis que, venus de l'est, les conquérants dits Arabes ct mêlés avec les Syriens et des Orientaux de toute provenance, ont ajouté de nouveaux éléments à la race déjà si mélangée, On en est même venu à donner ce nom, « Arabes », à une grande partie de la population maurélanienne, qui mérite cette appellation seulement par l'idiome, la tradition de la conquête, la foi religieuse et quelques douteuses généalogies. Dans Le bassin du Nil, la race est également très mèlée, mais les éléments européens n'ont cu, par les Tures, qu'une bien faible part à ces croisements, tandis que les Sémites, Arabes et autres, ont pris une influence prépondérante dans la formation de mainte population de Afrique nord-orientale, De nombreux historiens ont voulu distinguer d’une manière absolue, pour l'origine première, entre les Égyptiens et les riverains du Nil en amont des cataractes : il leur semblait que les habitants des rois provinces égyptiennes, si remarquables par l'histoire de la civilisation, devaient être, soit classés parmi les Sémites ou les Aryens, soit considérés comme une race distincte; ils cherchaient à rattacher les Rétou (Rotou), c'est-à-dire les anciennes populations du bas Nil, à une souche de Proto- Némiles, d’où seraient aussi descendus les Arabes". Quoique les arguments tirés de la glossologie n'aient pas une valeur absolue, il est généralement admis que la famille « hamitique » des langages, comprenant le vieil égyptien, le galla, le berbère*, offre une lointaine affinité d'organisme avec les idiomes des Sémites ; mais la parenté la plus sûre du vieil égyptien et de son dérivé moderne, le copte, serait avec les dialectes berhères*. Quant au type des Rétou, que reproduit celui des fellah modernes, malgré les croisements et les modifications de toute espèce apportés par le temps, il n'est nullement sémitique. Îl ne non plus à celui des nègres de l'intérieur.
remarqué déjà Champollion le jeune, beaucoup d'Égyptiens ressemblent aux Baräbra de Nubie, qui eux-mêmes diffèrent à peine des Bédja*. Les Yoyageurs qui remontent le Nil constatent que le type des fellah du nord Se rapproche en gradations insensibles de celui des peuplades méridionales ; mais ce phénomène est la consé races. Les croisements, les migr
se rattache pas Sans doute, ainsi que l'avait
quence nécessaire des mélanges de ations, les conquêtes, les transports d'es-
! De Rougé; Ebers: Maspero,
? Fred, Müller: — Fr, Lenormant, Histoire ancienne des peuples de l'Orient; — KR, N\. Cust, Skelch of the modern languages of Africa.
% Ernest Renan, Histoire des langues
sémiliques; — U, Duveyrier, Notes manuscrites. # Hartmann, ouvrage cilé,
2 ge Lo ou
claves, la nourriture, les conditions sociales ont modifié de mille manières le type originel, tantôt formant des races mixtes, tantôt introduisant entre les peuplades voisines les contrastes les plus divers, de taille, de couleur, de mœurs, de langues et d'institutions politiques.
Dans la région des grands lacs et des hauts affluents occidentaux du il, divers groupes de peuplades, tels que les Foundj, les Chilouk, les Bari, les Denka, représentent les nations « nègres » proprement dites. Les nègres sont loin d'offrir en majorité celte peau noire et luisante, ces bouches lippues, ces mâchoires avancées, ces figures plates, ces nez écrasés à larges narines, cette laine erépue que l'on s'imagine ordinairement être le partage de tous les Africains. Même li nation des Monbouttou, qui habite au sud des Niam-Niam, entre le bassin du haut Nil et celui du Congo, se distingue par un teint presque clair, une barbe assez fou nie, le nez droit où aquilin, et l'on rencontre fréquemment parmi eux des individus dont les cheveux sont d'un blond cendré : Schweinfurth évalue ces nègres blonds à plus d'un vingtième des Monbouttou. Peut-être leur régime carnivore, comprenant mème la chair humaine, contribue-t-il pour une certaine part à donner un teint relativement clair à ces indigènes, car les observations de M. Antoine d’Abbadie sur les tribus éthiopiennes, observations corroborées par beaucoup d'autres voyageurs, ont élabli que les populations carnivores, même celles des plaines chaudes, ont un teint beaucoup plus clair que celui des granivores, mème lorsque ceux-ci vivent à une plus grande hauteur, sur les plateaux ou les pentes des montagnes. Les nègres qui ressemblent le plus au type traditionnel popularisé sur le théâtre sont les riverains de l'Atlantique : nulle part la traite n'a fait plus de ravages que parmi leurs tribus, et la haine du maître, c’est-à-dire du blane, pour son esclave a popularisé le type de la laideur, en grande partie imaginaire, que l'on attribue à l’ensemble des asservis.
D'après les physiologistes, le sang des noirs serait plus épais, moins rouge que celui des blancs; il se coagule plus vite et bat plus lentement, Le noir, de mème que le jaune d'Asie, a la sensibilité plus obtuse que Européen; il souffre moins des opérations chirurgicales et ne court pas le même danver de fièvres traumatiques ; sa vie nerveuse est moins intense : il ne vibre pas comme le blanc. Plusieurs des maladies qui ravagent l'Europe sont inconnues, où du moins peu fréquentes dans le continent d'Afrique : cancer, gravelle, croup, carie dentaire, fièvres paludéennes et typhoïdes ne sont point des maladies de nègres; mais ils souffrent de maladies biliaires et
cutanées: le tétanos est très redoutable pour eux et le moindre changement
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