‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 15 sur 225 · AFRIQUE ET SES PEUPLES · texte numérisé non relu

AFRIQUE ET SES PEUPLES

de elimat les expose aux affections pulmonaires, Là où les blancs et les noirs vivent à côté les uns des autres dans les plantations, les fléaux se partagent la mortalité : la fièvre jaune emporie les blanes, le choléra tue les Africains. La nostalgie est aussi l'une des maladies les plus fatales à la race !, Que d'esclaves morts en tournant les veux vers le pays où les berc: leur mère !

La partie de l'Afrique située dans l'hémisphère méridional est occupée surtout par les Bantou, dont les diverses peuplades ont un type analogue et parlent des dialectes dérivés de la même souche, ainsi que Lichtenstein l'avait reconnu déjà au commencement du sivele. Les Cafres de Natal et de la colonie du Cap sont parmi les plus beaux de cette race admirable des Bantou, qui ne le cède point aux Baräbra du Nil pour la fierté de l'attitude et l'élégance des mouvements, Mais, précisément en contact immédiat avec ces Africains superbes, se trouvent d'autres indigènes qui présentent un type tout différent et beaucouy moins noble : ce sont les Koïkoïn ou Hottentots, à la figure jaunâtre et pyriforme, à la courte stature, aux muscles peu développés. Peut-être ces peuplades, aussi distinetes des Bantou que les Chinois le sont des Aryens, représentent-elles une race vaineue, refoulée peu à peu par les envahisseurs jusque dans la partie méridionale du continent; mais une hypothèse de cette nature paraît beaucoup plus justifiée à l'égard des peuplades de « pygmées », éparses sur le continent. Tels sont les San, les Boschjesmannen ou « Hommes des Broussailles » des Hollandais, les Bushmen des Anglais, de l'Afrique australe, les Doko du Kaffa, les Akka où Tikki-Tikki des bords de l'Ouellé, les Obongo de l'Ogôwé. En parlant de ces peuplades de petits hommes, et surtout des Bushmen, des anthropologistes ont fait remarquer que, si l'Afrique est le continent des grands singes anthropomorphes, le gorille et le chimpanzé, elle est aussi celui des hommes les plus simiesques : c’est dans cette partie du monde, disent-ils, que la transition entre les deux ordres des primales est la moins considérable, On est tenté de voir dans ces petits hommes le faible résidu des populations aborigènes, auxquelles une race plus forte arracha la domination du territoire?, Quant aux habitants de Madagascar, 1ls ne se rattachent que pour une part aux Africains, La population est en partie d'origine malaise : comme les plantes et les animaux, elle témoigne de l'indépendance géographique de l'île; mais dans les Comores la langue est africaine.

# Dordier, Géographie médicale # 0, Lenz, Shissen aus West-Afrika : — Hartmann, Vôlker Afrike’s.

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L'orgueil de race, duquel les historiens ne se défient pas assez, à donné naissance à ce préjugé très répandu, que les Africains n'ont eu, pour ainsi dire, aucune part dans l'œuvre générale de la civilisation, Le premier exemple qui se présente à l'esprit est celui du roi de Dahomey célébrant la

grande coutume » par un égorgement en masse et le remplissage d'un lac de sang; ou bien on voit apparaitre l'image de ces hordes armées de Monbouttou qui se précipitent à la bataille en grinçant des dents et en criant: ce Viande! viande! » Mais ces tableaux affreux ne résument pas l'histoire de l'Afrique, Bien au contraire, l'étude de nos propres progrès ne nous raméne-t-elle pas forcément vers le bassin du Nil, sur la terre africaine En regardant la longue perspective du passé, bien au delà des temps héroiques de la Grèce, où naquit notre culture spécialement européenne, nous remontons de Siècle en siècle jusqu'aux âges où s'élevérent les pyramides, jusqu'à ceux où la première charrue laboura les terres grasses délaissées par le Nil, C'est en Égypte que nous retrouvons les plus anciens documents de Fhistoire précise : les droits des riverains du grand fleuve à la primauté comme civilisateurs étaient si bien établis, que les Hellènes eux-mêmes voyaient dans la terre nilotique le berceau commun des hommes. Quelle que soit la part des éléments qui ont formé le peuple auquel nous faisons remonter nos origines intellectuelles, il est certain que sa civilisation est bien d'origine africaine; elle est née dans l'étroite et féconde vallée du Nil, entre l'aride rocher et le sable plus aride encore, C'est par ce fleuve, sorti des profondeurs du continent, que s’établirent les échanges et les influences mutuelles entre les diverses parties de l'Ancien Monde, À l'ouest, les autres contrées de l'Afrique du nord devaient rester presque sans utilité comme intermédiaires, surtout avant l'introduetion du chameau dans le continent, puisqu'elles étaient séparées des régions peuplées du Soudan par l'étendue immense du désert,

De toute antiquité, les Africains, même en dehors de l'Égypte, ont pris part aux conquêtes de l'huraanité sur la nature, comme éleveurs de bétail ou eultivateurs du so! : én leur doit mainte espèce précieuse de plante, maint animal domestique. Du continent africain nous vient la variété de sorgho qui, sous le nom de dourra, est cultivée des bords du Nil aux rivages de la mer Australe et qui rivalise avec le froment et le riz par son importance économique comme denrée d'alimentation. L'Afrique nous a aussi donné une autre espèce de pain, la datte : ce sont probablement des Berbères où des Soudaniens qui les premiers ont étudié les mœurs de ce palmier, vivant dans leurs forêts à l'état spontané, et ont appris à féconder l'arbre femelle. D'après Sechweinfurth, la forme sauvage du bananier

CINILISATION AFRICAINE, 35

f f Re ; é \ donni d'Éthiopie, connue par les botanistes sous le nom de musa ensete, aurait

he donné naissance aux centaines de variétés du bananier des jardins, dont

we tor Le ’ , , , » Q À sg le fruit sert également de pain en mainte contrée d'Amérique, À ces trois ant Ta

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