FLORE, FAUNE, POPULATIONS DU FOR
Wibu peut acquitter ses impôts, souvent arriérés!. Dans Va partie méridionale du Fôr, les fourmis blanches où 4rdha Torment des colonies si nombreuses, que des forèts entières sont détruites par ces insectes”. En temps de disette, les habitants de la contrée se nourrissent de termites, môlés avec les fruits du tamarinier, Après le coucher du soleil, ils allument des lux devant les pyramides des « fourmis blanches» ; celles-ci aceourent en multitudes, et on en remplit des caisses entières, «comme en Grèce des
raisins de Corinthe® »,
La race des « Fôriens purs », ainsi que les appelait Mohammed le Tunisien, peuple la région montagneuse au centre du pays. Autant qu'on peuten juger par les rares représentants de celles des tribus qu'ont étudiées les voyageurs, ce sont des Nigritiens d'un brun noir, au nez aplati, au front bas et fuyant ; ils se divisent en plusieurs groupes, dont le principal est celui des Koundjara, qui naguère dominait la contrée et qui gouvernait le Kordofân, avant l'arrivée des Égyptiens. Qualiliés de Nas el-Belid ou de «Peuple stupide », les Fôriens ont du moins cet avantage, qu'ils n'ont pas l'avarice et la cruauté de leurs voisins : sous leur règne, les gens du Kordofàn s'acerurent et prospérèrent, tandis qu'ils se sont appauvris et ont diminué depuis le départ des Koundjara, La langue koundjara, la plus répandue, après l'arabe, de celles que l'on parle au Darfour, appartiendrait peut-être au groupe nubien; cependant Lepsius a constaté des différences essentielles entre l'idiome des Nouba et celui des Koundjara*. Les nomades Massabat, que l'on rencontre dans les plaines entre le Fôr et le Kordofän, seraient aussi de race fôrienne, quoiqu'ils n'aient d'autre dialecte que l'arabe”, En outre, ilest un grand nombre de peuplades qu'on ne sait comment elasser, quoiqu'elles mêmes se disent Arabes pour se donner la plus noble origine; mais la plupart se rattachent probablement aux Fôriens. Les puissantes tribus des Massalit, dont plusieurs vivent en complète indépendance sur les frontières occidentales du Darfour et dans le Wadaï, sont parmi celles que l'on croit descendre des aborigènes. Naguère elles étaient en lutte constante avee les Habanieh, qui occupent surtout la région méridionale du Darfour ; mais la paix est rétablie. D'après Nachtigal, quel-
Kotschy; — Hartmann, Die Nilländer.
* Purdy, Bulletin de la Société de Géographie du Caire, mai 1880. 5 lotagos, Reisen im Gebicte des Nil und Uolle.
R N, Cust, Modern Languages of Africa.
* Nachtigal, mémoire cité,
ë ques-unes de ces peuplades se livraient encore à l'anthropophagie à une Ë d
époque récente. 4 si
La partie septentrionale de la contrée, sur les limites du désert, entr A
le Kordofän et le Wadaï, est habitée par des immigrants baräbra, par des fr
Logawah, des Bideyat, d'autres encore, et même par des Bichàärin de la I
Nubie orientale’. Les colons du Wadaï sont nombreux dans le Fôr, et, rl
fe comme les autres habitants originaires des pays occidentaux, sont sénéra- hd
JE lement connus sous le nom de Takroûr ou Takarir. Des Foula, appartenant : jai
114 à la même race que ceux de l'Afrique occidentale, des Homr, Hamr ou | l'e
LE Beni-Hamran, qui prétendent venir du Maroc et qui sont très riches en 1 mm
| | chameaux, ont aussi colonisé le Darfour ; ils vivent principaiement au ac
LA nord-est des monts Marrah, dans l’oasis d'Om-Bedr, et à l’ouest, dans k È el
Ouädi-Baré, où ils exercent la sorcellerie ; quelques-unes de leurs lai
È familles ont même penétré dans le Kordofän. D’après Ensor, les Homr < 4 et
distinguent des autres habitants du Fôr par le respect qu'ils témoignen Æ
AE 1 . à leurs femmes. La grande majoriié des étrangers consiste en Arabes ou en À rée
A A «<arabisés » venus du nord et de lorient, Depuis des siècles déjà, et peut-être 4 ét
2 Ju 10 antérieurement à l'hégire, des péninsulaires avaient pénétré dans le For: 4 cul
1 AH 8 les Toundjour ou Toundzer, qui gouvernèrent le pays et dont la descen- 4 pet
# PRO 4 } dance vit encore dans les montagnes et dans les plaines situées au sud 4 dar
DAS d'El-Fâcher, se disent Arabes et sont tenus pour tels, quoiqu'ils ne soient for
6 1. : RPQUE ER pas mahométans et que dans ces’ contrées les peuples soient classés d'or- por
Heu dinaire suivant leur religion ; d’après Lejean?, ce seraient des Tobboû venus | am
A a ‘ET de l'occident. Quant aux « Arabes » musulmans qui errent dans les plaines. 4 nai
EAU t HE subdivisés en de nombreuses peuplades, ils sont évidemment d'orisim Ê ]
j mêlée comme ceux du Kordofân, dont ils ont les mœurs et la langue. Pan lier
A Del 1 le Für méridional les tribus appartiennent à la grande famille des Baz- 4 les
1 à gâra. D'après Mohammed le Tunisien, les enfants nés de parents diffe- par
et | rents par la race, Fôriens et Arabes, mourraient presque tous en bas cou
4$ 1 Re j âge, tandis que les enfants issus de parents de même race seraient et inc
ù ca général vivaces et bien constitués. La phtisie est une maladie très rare. qu'
presque inconnue dans le Fôr*. cau
eo La civilisation fôrienne est musulmane : ce sont évidemment les Arabe le !
nu qui furent les éducateurs de la nation. Littérature et science, si l'on peut “an
44 gl se servir de ces deux mots pour ce peuple à peine sorti de la barbarie, se par AA RME raménent à l'étude du Coran; quelques pratiques de magie, probablement
1 Purdy, mémoire cité.
sf ? Voyage aux deux Nils.
| 5 Bordier, Géographie médicale,
agile à une
sert, entr ra, pal des ärin de la le Fôr, el, ont seneraappartenant r, Hame ou S] riches ét alement au est, dans s de leurs les Homr témoignen \rabes ou efl et peut-être ans le For:
it la desceniées au sud ils ne soient classés d'orobboû venus s les plaines.
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