‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 149 sur 225 · NUBIE · texte numérisé non relu

NUBIE

nubienne, du côté du sud, par la jonction du Nil et de l’Atbära et par la route de Berber à Souakin : ainsi bornée dans la direction des plataux éthiopiens, la Nubie n’embrasse aucune des régions qui par leurs montagnes, leur régime hydrographique et leurs populations se rattachent à l'Abyssinie proprement dite. Évaluée dans ces limites et du côté de l'ouest jusqu’au 27° degré de longitude à l’est de Paris, la Nubie offre une superlicie approximative de 250 000 kilometres carrés, peuplée d’un million d'hommes. D'après Rüppell, l'espace cullivable de la Nubie, resserré par le désert, serait seulement de 5800 kilomètres carrés : tous les habitants se pressent au bord du flot nourricier.

Au nord de l'Atbâra et du Barka, la région, large de plusieurs centaines de kilomètres, qui sépare la vallée du Nil des bords de la mer Rouge, est dominée par des chaînes de hauteurs, comme le pays des Hadendoa, des Hallenga et des Bazèn; mais ces chaînes, séparées des avant-monts éthiopiens par des brèches profondes et par les lits presque toujours à see de nombreux ouàdi, constituent un système orographique particulier, Tandis que le massif de l'Éthiopie, quoique brusquement arrêté par la fosse profonde de la mer Rouge, reparait, pour ainsi dire, dans l'Arabie pour former le massif du Yemen, les montagnes du pays des Bichärin développent leur axe parallèlement aux rivages du golfe Arabique. Connues d’ailleurs sous des noms différents dans chaque fragment de leur saillie, elles se continuent sur une longueur de plus de 1000 kilomètres, jusqu'aux portes du Caire. Cest à la partie égyptienne de cette longue arèête que l'on donne l'appellation de chaîne « Arabique », parce que les riverains du Nil la voient se prolilant à l'orient, du côté de FArabie. Parfois les montagnes nubiennes, à l’est du Nil, sont désignées dans leur ensemble sous le nom d'Ethaï, réservé plus spécialement à un massif qui avoisine la côte en face de Djedda.

La chaîne bordière de la Nubic entre Souakin et le Ràs-Benas, au nord de l'ancien port de Bérénice, se compose presque en entier, comme son prolongement égyptien, de roches dites primitives, granit, gneiss, schistes eristallins ; seulement au sud elle offre des massifs considérables de calœaires', S'élevant graduellement du sud au nord, elle atteint son point culminant au Djebel-Olba, qui, d’après Wellsted, dépasserait la hauteur de 2400 mètres. Rattachée en cet endroit par des arêtes latérales aux monlagnes de l'intérieur, la chaine s'abaisse de nouveau dans la direction du nord-ouest : au mont Irba (Sotourba), elle atteint 2103 mètres, et

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dans le massif de PElba, l'Ethaï proprement dit, elle ne dépasserait pas 1360 mètres : e'est à peu près la hauteur d'un mont situé un peu plus au nord, le Djebel-Farageh, le Pentodaetyle des anciens, que Schweinfurth essaya vainement de gravir‘. En certains endroits, les escarpements des montagnes sont baignés à la base par les flots de la mer Rouge, tandis qu'ailleurs le sahel ou tehama du littoral est oceupé par des collines

basses de l’époque tertiaire, des dunes mouvantes et des roches coralli-

N° 80, —— HNÉGION MINIÈRE DES MONTAGNES DE L'ÉTBAT,

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gènes. L'ilot pyramidal de Zemerdjit, qui s'élève à une centaine de kilo mètres dans la mer, sur le prolongement du Räs Benas, guide de loin les navires sur les eaux redoutables du golfe Arabique.

Les montagnes d'Elba se relient dans l'intérieur des terres à d'autres saillies de rochers de formations diverses, dans lesquels les anciens Pharaons firent exploiter des mines d'or et d'argent. Il est certain que, pendant sa longue période de splendeur, l'Égypte avait une très grande abondance de métaux précieux : les témoignages des monuments concordent à cet égard avec ceux des auteurs grecs. La Nubie, paraît-il, four-

1 Pelermann's Miltheilungen, 1864, ne IX.

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justifiée par des amas de débris, des ire, des grottes habitées jadis, on est porté à eroîce que le centre principal de l'exploitation des mines se trouvait dans le Ouâdi-Allaki, série de ravins qui se prolonge au milieu du désert, à l'ouest des montagnes d'Elba. Jusqu'au milieu du douzième sièele de l'ère vulgaire, ces mines furent exploitées : Pharaons, Ptolémées, empereurs byzantins et califes eurent à défendre leurs colonies de mineurs contre les attaques des peuples nomades des alentours, successivement désignés sous le nom de Blemmyes, de Bedja, de Bichârin; mais il est probable que l'approvisionnement de bois pour faire éclater les roches et d'eau pour l'entretien des mineurs fut de bout temps le plus grand obstacle à la bonne exploitation des mines : toutes ls sources de la contrée avaient été soigneusement eaptées et le long des routes anciennes du désert on remarque encore sur les roches, au-dessus des fontaines, une croix surmontée d'un cercle, signe qui indique la présence de l'eau*, La description de Diodore de Sicile, de même que l'aspect des galeries, démontrent que l'or n'était point recueilli dans les sables, mais qu’on l’extrayait de la roche même en la réduisant en débris. C'était Run mode de travail des plus coûteux, que l'on ne pourrait reprendre de nos jours si les mines n'étaient d’une grande richesse, comme certains placeres californiens; mais la première exploration entreprise par Linant de Bellefonds pour Mohammed-Ali®, puis de nombreuses visites faites par divers géologues ont prouvé que les anciennes mines de Nubie sont désormais trop pauvres pour qu’on puisse les exploiter fructueusement. dusqu'à maintenant on n’a point encore découvert d'inscriptions ni de sculptures dans la région minière; toutefois une stèle, trouvée à Kouban, sur la rive droite du Nil, entre Korosko et Assouân, et les textes du temple éayptien de Radesieh, bâti sur la route du fleuve aux mines d'or d'Akito', donnent sur ces trésors des Pharaons de ‘nombreux renseignements. En outre, il existe au musée de Turin un fragment de carte égypüenne qui représente une station minière avec ses galeries d'altaque, ses entrepôts, ses chemins, ses réservoirs d’eau, son temple d’Ammon, Ge précieux document, le plus ancien de ce genre, puisqu'il date de l'époque de Ramsès IE, est disposé en sens inverse) de nos cartes : le côté de

l'orient, qui est celui de la mer Rouge, est à gauche de la feuille. On n'a

Birch; — Lepsius; — Brugsch; — Chabas,

* Prisse d’Avesnes, Monuments égyptiens.

5 Mines de l'Etbaye.

à Tanetnie FENTE à RAS : ; Lepsius, Denkmäler aus Æyypten und Æthiopien ; — G. Maspero, Notes manuscrites.

pu encore identifier l'endroit précis de la région minière qu'il figure!,

A l'occident de la chaîne bordière qui longe la mer Rouge, les arêtes montagneuses s’alignent transversalement, soit de l’est à l'ouest, soit du nord-est au sud-ouest, dans le même sens que la partie du Nil comprise entre Aboû- Hamed et Dabbeh. Quelques-unes de ces arêtes sont continues : telle, par exemple, la chaîne dite « des Cataractes », qui forme le faîte de séparation

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