‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 194 sur 225 · C. Perron · texte numérisé non relu

C. Perron

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KIARGEI, DAKHEL, FARAFREN, 5959

d'une mouche venimeuse qui infeste la contrée pendant l'été et dont la piqûre est mortelle pour l'animal, C'est à ce manque de chameaux que l'on attribue en grande partie l'ignorance complète des indigènes relativement au désert qui s'étend à l'ouest, Le rivage des sables est pour eux comme celui d'un océan dépourvu de navires.

La petite oasis de Faralfreh, à 500 kilomètres de Siout en droite ligne,

RUE SOUTERRAINE A MEHENDI (NURIE), PRÈS DE MAHARHARA. Dessin de Taylor, d'après une photographie de M. D, Héron.

se trouveexactement sous la même latitude, Elle est peu considérable et ses quelques centaines d'habitants pourraient au besoin se réfugier dans l'encette du kasr qui domine le bourg principal, Visité seulement deux fois par des explorateurs européens, en 1S19 par Cailliaud, en 187% par Rohlfs el par ses compagnons, Farafreh n'accueille point de bonne grâce les «Infidèles », la confrérie des Senoûsi y ayant fait un grand nombre d'adhérents; ces missionnaires musulmans, venus pauvres, sont maintenant Îles plus grands propriétaires de l'oasis, et l'on peut dire que toute la population leur est asservie; en échange ils ont enseigné à leurs corvéables des

versets du Coran ; par leurs soins, tous les enfants ont appris à lire et à

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ñ60 NOUVELLE GÉOGRAPITE UNIVERSELLE.

écrire !. Bakharieh, plus rapprochée de la vallée du Nil et possédant plus d'eaux jaillissantes que Farafreh, est aussi beaucoup plus peuplée : c'est probablement la « Petite Oasis » des anciens et l'on y voit quelques monuments de la domination romaine, un majestueux are de triomphe, des aquedues souterrains, des fortifications.

Les oasis les plus éloignées du Nil, dépendance naturelle de la Cyrénaique plus que de la région du fleuve, forment le groupe de Siouah, fameux dans l'antiquité par l'oracle d'Ammon, né, d’après Hérodote, «en même temps que celui de Dodone ». Les deux villes principales de l'oasis, Siouah et Agermi, sont construites en calcaire coquillier et en bloes de sel impur, chacune sur les pentes d'un rocher; par la disposition de leurs murailles extérieures et de leurs terrasses, elles constituent des forteresses bizarres, d’un aspect très pittoresque, Celle de Siouah, percée d’une quinzaine de portes, a seulement 380 mètres de circonférence; elle est surmontée de hautes tours, rondes et carrées, toutes de forme inégale : ce sont autant de maisons superposées cachant tout un réseau de galeries souterraines ; la ville croît en hauteur avant de s'étendre en surface. Le temple de Jupiler Ammon, où le Macédonien vint se faire annoncer l'empire du monde, se voil encore près d'Agermi, et à la distance d'un kilomètre les ruines d'un autre temple apparaissent au milieu des palmiers; les hiéroglyphes n'en ont pas encore été déchiffrés. Un des rocs insulaires qui se dressent dans la dépression du Siouah, le Djebel el-Moutah, est percé dans tous

les sens par les galeries d’une nécropole.

Les dattes sont la grande richesse de Siouah. M. Jordan a essayé de calculer la production des dattiers de l’oasis par le cube des fruits accumulés pour l'expédition sur la place d'entrepôt, d'environ 3 hectares, située près du grand caravansérail : d’après cette estimation sommaire, les cent mille palmiers de Siouah fourniraient 5 nullions de kilogrammes de dattes, et celles d’Agermi à peu près autant” ; en outre des palmeraies publiques, mal entretenues, donnent des fruits d'une qualité inférieure qui servent à nourrir les animaux*. Le sel de Siouah, d'une qualité supérieure, était autrefois réservé pour certains cultes religieux et on l'exporlait jusqu'en Perse pour l'usage des rois. Très sédentaires, les gens de Siouah attendent qu'on vienne leur acheter des dattes et le tabac de contrebande importé par le littoral de la Cyrénaïque. Fort laids et probablement d’une origine très mélangée,‘ils ne ressemblant point aux fellähin,

4 G. Rohlfs, ouvrage cité,

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OASIS DE SIOUAI. 561

mais ils sont aussi hâves et fiévreux que ceux d'El-Khargeh ; leur langue est d'origine berbère‘, toutefois la plupart d'entre eux comprennent l'arabe et le jergonnent un peu. Ils sont d'une extrême jalousie; les hommes non mariés, jeunes gens ou veufs, doivent habiter en dehors de la ville, harem commun de la tribu; on leur assigne une sorte de forteresse qui ressemble à la ville mère et leurs visites ne sont autorisées que pendant le jour. Les nouveaux mariés s'empressent de résider dans la ville, où les gens de la

famille patrimoniale leur cèdent l'étage supérieur de leurs ‘maisons en

N° 101, == OASIS DE SIOUAN,

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