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pyramide : les générations se distribuent par rang d'âge, de bas en haut*. Le village de Gara, dans l'oasis du même nom, a, comme Siouah, l'aspect
d'une forteresse féodale *,
* Hornemann, Voyage en Afrique.
* Bayle Saint John, ouvrage cité.
5 Population des oasis en 1882 :
Kilomètres carres Habitants cultivables, Population. par kilom. carré,
Khargeh. . . . . 8,56 (d'après Schweinfurth) 6 166 751 Dakhel . . . . . 66 (d'après Jordan) 15 295 200 Farafreh. . . , , 2.5 » » 116 178 Baharieh, . . .. 8,42 (d'après Cailliaud) 6 176 oh Siouah. . . . .. 15 (d'après Jordan) 5 600 (?) 979 OATAU Se cs ! 40 ?
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Les gens de Siouah et de Gara sont encore très fanatiques, moins toutefois que ceux de l'oasis située plus loin, dans la direction des Syrtes, l'oasis de Farèdgha. Là, sur les pentes du plateau qui se dresse au nor de la dépression, se trouve la maison-mère des Senoûsi, Jerkboûb ou Djaraboûb, fondée en 1861 et résidence du grand-maitre de l’ordre, Sidi Mohammed el-Mahdi; un petit arsenal et des ateliers d'armurerie dépendent de ce couvent, dont la population, en 1883, aurait été d'environ 750 individus, venus d'Algérie, du Maroc et d'autres pays musulmans ‘. D'aprè: Godefroi Roth, le Mahdi de Farêdgha est le « bienfaiteur des Bédouins » : on lui doit l'établissement dans le désert africain de plus de cinquante stations où les caravanes trouvent de l’eau et des provisions.
De Siout au Caire, toutes les villes, unies les unes aux autres par la voie ferrée, se succèdent sur la rive gauche du fleuve, la seule que borde une large zone de campagnes en culture. Au delà de Manfalout s'ouvre le canal d'Ibrahimieh, nouvelle prise d’eau de Bahr-Yoûsef ; les champs sont coupés dans tous les sens de canaux et de rigoles. Cette région fertile de l'Égypte élait autrefois couverte de villes considérables. Au pied de Ja chaîne « arabique » est la grande nécropole de Tell el-Amarna, où tous les morts sont placés sous l’invocation du dieu sémitique Aten (Adôn ou Adonaï), le « Disque rayonnant ». Achmouneïn, près de la station et de la grande usine à sucre de Roda, occupe l'emplacement de Khmounou, que les Grecs appelèrent Hermopolis magna, et dont la nécropole, creusée dans les collines libyques, renferme en quantité des momies d’ibis et de cynocéphales. À l’est, sur la rive droite, en face de la ville de Mellaweh cl-Arich, les palmeraies qui entourent Cheikh-Abadeh sont parsemées de ruines, les restes de l'antique Antinoé, bâtie par Hadrien en mémoire d’Antinoüs : de nombreux monuments de cette ville romaine, notamment de superbes colonnades doriques et corinthiennes, existaient encore au milieu du siècle; elles ont été démolies pour fournir de la chaux et des pierres aux constructions modernes. Les grottes funéraires criblent les rochers de la chaîne « arabique ». Au nord de Cheikh-Abadeh, la falaise offre d’autres grottes, dont quelques-unes ont près de cinq mille années d'existence, Ces hypogées, dits de Beni-Hassan, d'après un village voisin, renferment les tombeaux les plus intéressants de l'Égypte, précisément parce qu’ils ne sont pas consacrés aux rois ou aux grands personnages officiels. Les tableaux des murs ont moins de pompe conventionnelle et représentent moins de rites funèbres, de cérémonies mystiques, mais ils
1 IL Duveyrier, La con‘rérie musulmane de Sidi Mohammed ben’ Alt es-Senoûst.
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OASIS DE FARÉDGHA, BENI-HASSAN, MINIEN. 563
nous font assister à la vie même du peuple, à ses combats, à ses travaux de toute nature, à la vie de famille, à ses divertissements et à ses jeux, tels que la courte-paille, la main-chaude, la paume et même le cricket. Les basreliefs peints de ces tombeaux nous font apparaitre les Égyptiens des anciens jours tels qu'ils étaient à la guerre, aux champs, à l'atelier, aux heures de l'amusement et du repos; ils nous révèlent tous les secrets de leur industrie, et jusqu'à ceux de leurs tours d'adresse et de passe-passe,
Minieh ou Miniet, qui remplace l'antique Mounât-Khoufou ou « Nourrice de Chéops », est l’une des grandes villes de l'Égypte et un chef-lieu de province; elle n'a rien gardé de ses anciens monuments, mais un marché considérable se tient à l'ombre de ses grands sycomores, et son usine sucrière est l’une des plus actives de la contrée, C'est près de Minieh, sur une falaise de la rive droite, que se dresse le fameux « Couvent de la Poulie », Deïr el-Bakara, ainsi nommé d’une corde à poulie par laquelle descendent les moines coptes au passage des voyageurs pour nager au devant des barques en mendiant un bakchich. Dans l'intérieur du désert « arabique », mais beaucoup plus rapprochés de la mer Rouge que du Nil, se trouvent deux autres couvents de la « basse Thébaïde », Saint-Antoine et Saint-Paul. Le premier, peuplé d’une cinquantaine de religieux, est le plus ancien des monastères chrétiens de l'Égypte et du monde; l'un et l’autre possèdent des jardins ombreux, enfermés dans la même enceinte de murailles que les couvents.
La ville d’Abou-Girg, près du Nil et sur le chemin de fer, a succédé comme importance à Behneseh, située au nord-ouest, sur le Bahr-Yoùsef, au milieu des ruines de l’ancienne Pamsjat, l'Oxyrrhinchos des Grecs ou cité du « Poisson au museau pointu ». Maghâga, Fechn se succèdent, puis vient Beni-Souef, chef-lieu de province et ville commerçante, qui possède quelques fabriques d'étoffe : c’est là que se trouvent en plus grand nombre, depuis un temps immémorial, ces fours à éclosion ou « couveuses aruñicielles », qui furent pendant des siècles une industrie particulière de l'Égypte. Beni-Souel succède à l’ancienne Héracléopolis, qui fut capitale sous les neuvième et dixième dynasties, et dont on voit les ruines à l’ouest, autour du village d'Ahnas-el-Medineh; c’est de Beni-Souef ou des stations voisines dans la direction du Caire, Bouch-Cora et El-Ouasta, que partent les voyageurs pour visiter le Fayoum. D’El-Ouasta, ils pénètrent directement au centre de la province par un embranchement de chemin de fer; mais, des deux stations méridionales, ils entrent dans le Fayoum par la brèche que suivent les eaux du Bahr-Yoûsef et que bordaient les monuments élevés par les Pharaons.
A la porte mème du défilé, près du village d'El-Lahoun (flahoun), qui a conservé son vieux nom égyptien de Lo-Houn, « Bouche du Canal », se voient les restes de la digue éclusée qui retenait les eaux du lac Meæris : plus loin se dresse une pyramide, aujourd'hui butte informe, que l'on croit avoir été construite par Amenemha HE, sous le règne duquel se fit le grand réservoir lacustre, Une autre pyramide, celle de Howara, haute d'une trenlaine de mètres, s'élève au delà du défilé d'entrée, déjà dans le bassin cireulaire du Fayoum, l'ancien « pays de la Mer », Formée d’un noyau rocheux auquel s’appuyaient des assises de briques en limon du Nil, la pyramide n'a plus, comme celle d'Ilahoun, que l'apparence d'un monticule naturel ; mais elle est bien conservée, en comparaison du palais dans lequel Lepsius croit avoir retrouvé ce « Labyrinthe, qui comprenait deux étages de quinze cents chambres chacun, où le visiteur se perdait en d'infinis détours. » Des sompl'euses constructions du Loparohoun au « Temple de la Bouche du Canal », s’il est vrai qu'il se trouvât en cet endroit, il ne reste plus que des amas de décombres, des murs en briques, des vestiges de portails, de rares fragments de sculptures en calcaire ou en granit; on y a découvert aussi une tête de sphinx royal comme ceux de Sân; les Hyksos auraient done pénétré jusque dans cette partie de l'Égypte‘. Un papyrus conservé au musée de Boulaq décrit minutieusement l’ancien édifice et sert de guide aux archéologues qui cherchent à en reconstituer le plan. Une nappe liquide de sept kilomètres de largeur, le lac Mæris, enceint de digues que l’on reconnait encore çà et là, séparait autrefois le Labyrinthe de l'une des
grandes cités de l'Égypte. Pa-sebak ou la « Ville des Crocodiles », connue du
temps des Ptolémées sous le nom d’Arsinoé, occupait une énorme superficie ; des murs, un obélisque rompu, d’autres débris prouvent qu'elle s'étendait au moins sur un espace de 8 kilomètres du sud au nord*; dans quelques tombeaux des environs on a découvert des papyrus du plus haut intérêt, en langues diverses, égyptien, hébreu, grec et mème pehlvi; les manuscrits grecs fournissent des variantes de Thucydide, d’Aristote, des Évangiles. La capitale actuelle, Medinet el-Fayoum, qui fut le séjour de plaisance des mamelouks, est une des plus animées et des plus originales de l'Égypte, l’une des plus gracieuses aussi ; ses jardins fournissent en abondance des fruits et des fleurs, entre autres ces admirables roses qui sont la gloire aussi bien que l’une des richesses du Fayoum, les Coptes les utilisant pour fabriquer de l'essence vraie. Au nord de Medinet, Senhourès est aussi une
1 Ernest Desjardins, Nctes manuscrites.
* Dümichen, Ægypten, Allgemeine Geschichte in Kinzeldarstellungen.
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