FAYOUM, PYRAMIDE DE MEIDOUM
ville importante du Fayoum, Les campagnes environnantes du riche « pays de Ja Mer », conquis jadis sur Typhon, c'est-üdire sur le désert, par le bienfaisant Osiris, dieu symbolique des eaux du Nil, produisent beaucoup de blé, du coton, du maïs, du sucre, et tout un réseau de voies ferrées rejoint les sucreries du bassin au réseau principal; mais il a fallu abandonner quelques cultures à cause de la salinité croissante du sol, lessivé d'une manière insuffisante par l’eau d'irrigation, Les vignobles qui couvraient une partie du territoire de sept villages, au dix-septième siècle", ont disparu. Près de l'extrémité méridionale de Birket el-Keroun, le « Lac des Cornes » ou « Lac des Sièeles », dans lequel s'amassent les eaux surabondantes des canaux d'irrigation, graduellement saturées de sel, se voient les ruines d’un temple, appelé Kasr-Keroun ou le « Château des Cornes » : on croit qu'il occupe l'emplacement de l’ancienne Dionysias, Au sud du lac la plaine s'étend au loin vers le Ouâdi-Reyan, dont certaines parties, séparées par un seuil du lac des Cornes, se trouvent à 83 mètres au-dessous de l'entrée de Bahr-Yoûsef à ElLahoun*. C'est dans cette dépression que M. Cope Whitehouse cherche le lac Mæris!
Presque immédiatement au nord de l’entrée du Fayoum s'élève une pyramide, celle de Meidoum, commençant la série des monuments de ce genre qui se termine au delà de Memphis : entourée de tombeaux, elle dresse au milieu d’une butte de décombres sa tour à parois inclinées se terminant par deux gradins en retraite; sa hauteur actuelle dépasse 60 mètres. Ce monument bizarre, désigné par les indigènes sous le nom de « fausse pyramide », n’a pas la haute antiquité qu’on lui donnait naguère; d'après M. Maspero, qui l'a ouverte, elle est de la onzième ou de la douzième dynastie. Plus loin, le village de Matanieh est dominé par deux pyramides, dont l’une a la forme classique, tandis que l’autre, plus inclinée vers le sommet que dans la partie inférieure, a l'aspect d'un gigantesque cristal, Puis on voit se dresser dans le voisinage du Nil les quatre pyramides de Dachour, dont l’une atteint 99 mètres : c’est la troisième de toutes celles de l'Égypte en hauteur et celle qui a le mieux conservé son revêtement de pierres polies. Dix-sept autres pyramides, placées en rang au bord de la falaise libyque, au-dessus du village de Sagqarah, sont toutes dépassées en hauteur par la fameuse pyramide à cinq degrés que la plupart des égyptologues considèrent comme la plus ancienne; sa forme même, imitée de celle qu'offrent de nombreux rochers de la chaîne libyque,
1 Vansleb, Nouvelle relation d'un voyage fait en Égypte, 1671. * Cope Whitehouse, Athenæum, july 22, 1882,
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566 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE,
parait avoir été le type primitif : d'après Mariette, 1 faudrait y voir une œuvre de la première dynastie, vieille d'au moins soixante-cinq siècles, Plusieurs des pyramides de Nagqurah, récemment ouvertes, ont été explorées en entier; elles renfermaient les tombeanx de souverains de la sixième dynastie, Des édifices quadrangulaires, en forme d'énormes pierres tombales, s'élèvent sur le bord des falaises Tihyques : ce sont les mastaha, qui recouvrent des chambres sépulerales taillées dans le roc. La plus grande de ces constructions funéraires, dite Mastaba el-Faraoun par les Arabes, aurait été, dit la légende, le siège du haut duquel les souverains promulguaient leur volonté; les fouilles ont prouvé que ce fut le tombeau d'Ounas, un grand personnage de la cinquième dynastie, Les tombeaux de l'immense nécropole sont divisés par rues rectangulaires et M, Maspero pense que les pyramides étaient également distribuées suivant un certain ordre, Celles des premières dynasties se dressent au nord; au Fayoum on voit celles de Ja douzième; c'est entre les deux groupes que l'on doit s'attendre à trouver les tombes royales de la sixième à la douzième dynasties : ainsi se comblerait le « grand vide », le « trou noir », que signalait Mariette dans les monuments de l'histoire égyptienne,
Au pied des talus qui portent les pyramides de Saqgqarah, les inégalités du sol indiquent les débris de ce qui fut Memphis; le petit village de Bedrecheïn est placé à l'extrémité méridionale de la région des ruines; celui de Mit-Rahineh en occupe le centre, Une forêt de palmiers s'étend sur une grande partie de l'espace jadis habité, La ville fondée par Ménès couvrait un énorme emplacement, à en juger par les restes de digues qui bordent le fleuve et les monticules de débris qui parsèment la plaine; mais, sans avoir été détruite par des conquérants, elle a été plus sûrement démolie par l'œuvre du temps. La fondation d'Alexandrie, puis la naissance du Caire sur la rive droite du fleuve, avec des avantages géographiques pareils à ceux de Memphis, rendirent inutile l'existence de cette ville; ses marbres et ses granits furent transportés à Alexandrie; ses matériaux moins précieux servirent à bâtir les cités voisines; elle se fractionna en villages de fellähin. 1 n'en reste plus qu’un nom, donné au montieule le Tell Monf, et près de là deux statues colossales de Ramsès I, L'immense nécropole de Memphis, d'une superficie de plusieurs centaines de kilomètres carrés, à reçu, par millions, des momies d'hommes et d'animaux.
Le sable apporté par le vent de Libye recouvre sans doute bien des monuments. En 1850, Mariette ayant remarqué la tête d'un sphinx de granit qu'un remous du vent avait dégagée, eut l’idée que là se trouvait peut-être l'avenue du Sérapéum décrit par Strabon et il se mit aussitôt à
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