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PYRAMIDES DE GIZEIN. 69 à une sorte de « religion des pyramides » avant des adeptes en Écosse el | | | | | | | [K | Vs | ai | = À D EIRTRMESSS ne Ce A Ex | ASCENSION DE LA GRANDE PYRAMIDE, Î Dessin de Slom, d'après un photographie, 1 dans Je Nouveau Monde, Par leurs proportions et leurs dimensions, les pyramides seraient des « bibles de pierre ». | On a caleulé que la plus grande des trois pyramides, celle de Chéops ou | }
Khoufou, couvre plus de 5 hectares de terrain et que ses quatre faces
iangulaires ont ensemble huit hectares et demi d’étendue. La quantité des matériaux qu’il a fallu transporter à distance du Nil, asseoir sur les fondements du rocher, hisser jusqu’à plus de 150 mètres, appareil avec le plus grand soin, n’est pas moindre de 2 560 000 mètres cubes, quantité de pierres suffisante pour bâtir un mur de deux mètres de hauteur et d’un demi-mètre d'épaisseur, qui traverserait toute l'Europe occidentale, de Lisbonne à Varsovie. La basilique de Saint-Pierre disparaîtrait tout entière, avec ses colonnades et sa coupole, dans l’intérieur du monstrueux polyèdre de pierre. D'après Hérodote, une inscription de la grande : pyramide évalue à 1600 talents d'argent, soit à 10 millions de franes, la somme nécessaire à l'achat de lail, des oignons et du persil pour la nourriture des ouvriers". Et pour les instruments, les machines, le travail des carrières, à quelles énormes dépenses n'a-t-il pas fallu suffire ! Que de vies humaines surtout n’a-t-on pas sacrifiées ! D'après la légende grecque, qui ne repose, d'après M. Maspero, sur aucun document historique, le peuple aurait eu de l'horreur pour ces monuments de sa servitude et de sa misère : il aurait même évilé de prononcer les noms des rois en l'honneur desquels ces monts de pierre avaient été bâtis !
Supérieures par la masse à tous autres édifices, les pyramides sont inférieures pour l'élévation à quelques-unes des cathédrales de l'Occident: la pyramide de Chéops, diminuée d’unc dizaine de mètres par la perte de son revêtement et l’enfouissement de sa base, a 137 mètres de hauteur’; la pyramide de Khephren ou Khafra l’égale à 2 mètres près, tandis que celle de Mycérinus ou Menkerà n’atteint pas même à la moitié de ces dimensions. Les autres pyramides du plateau, « simples embryons » pour ainsi dire, se distinguent à peine des amas de décombres épars à la base des deux montagnes de pierre : la dernière, dans la direction du nord, est celle d’Aboû-Roach. Quoi qu’on en dise, les deux grandes pyramides sont faciles à gravir, même sans l’aide des Bédouins, chargés, moyennant bakechich, de veiller à la sécurité des voyageurs, et certes le minime effort de l'ascension est largement compensé par la vue merveilleuse que l’on a du sommet sur le désert jaune et rouge, où les sables se déroulent comme des vagues, el
sur la campagne verte, avec ses villages noirâtres, et les nappes argentines
des lacs d'inondation laissés par les canaux et le Nil. Souvent des voyageurs montent avant l'aube sur la pyramide de Chéops pour voir le soleil à son lever éclairer soudain l’espace immense, Les grandes pyramides sont
1‘ Javre IT, ch, 195 et suivants.
# Hauteur précise, d’après Flinders Petrie, du socle à la pointe 146%,7,
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PYRAMIDES DE GIZEN. 571
orientées et les Bédouins des environs savent parfaitement se servir des vieux monuments, non seulement pour reconnaître les saisons, mais encore pour compter exactement les heures'. Au jour de l’équinoxe, le soleil levant, vu en enfilade par la face septentrionale ou méridionale de l'édilice, ne montre presque exactement que la moitié de son disque. Lors de l'expédition d'Égypte, Coutelle, mesurant la pyramide de Chéops à la boussole, crut pouvoir affirmer que l'orientation en est parfaite. Nouet constala plus tard par des mesures précises qu’il n’en est point ainsi”, et les travaux minutieux de Flinders Petrie, poursuivis pendant des mois, ont établi d’une manière indubitable que les deux côtés parallèles de l'est et de l'ouest, au lieu d'indiquer exactement le nord, sont inclinés vers l’ouest de 3405, Quelle est la cause de cette déviation? Faut-il y voir le résultat d'une erreur de caleul ? Ou plutôt l’axe de la Terre, jadis considéré comme immobile, est-il changeant lui-même et le nord s'est-il graduellement déplacé vers l’occident*,
Les blocs qui ont servi à la construction des pyramides de Gizeh ont été retirés des assises nummulitiques de Torah et de Masarah, qui s'élèvent au-dessus de la rive orientale du Nil et où l’on prend maintenant les matériaux pour agrandir le Caire après avoir pris ceux qui ont bâti Memphis : une légende populaire dit que les innombrables fossiles des pierres qui forment les degrés des pyramides sont les lentilles laissées par les ouvriers bâtisseurs. Jadis les blocs nummulitiques des monuments étaient recouverts d’une pierre calcaire unie, pareille au marbre; il en reste même une partie au sommet de la pyramide de Khephren; mais on ne voit plus trace de hiéroglyphes qui décoraient l'extérieur des monuments”. Les couloirs de l’intérieur, ménagés de manière à égarer les chercheurs et à leur interdire l'entrée des caveaux funéraires, sont parés de granit; après de longues explorations souterraines, les archéologues ont fini par découvrir les sarcophages des souverains auxquels on avait dressé les énormes tombeaux : celui de Khoufou est encore en place dans la chambre voûtée; les blocs de granit noir qui en forment le revêtement sont si admirablement polis que le visiteur y voit, à la clarté des torches, son image se refléter comme dans un miroir. La chambre sépulcrale de Menkerà où Mycérinus se trouvait dans un rocher, noyau primitif au-dessus duquel avait été bâtie la pyramide ;
t Mariette, Biot, de Rougé, etc,
# Nouet, Rapport sur la situation géographique des pyramides de Kemphis.
5 Flinders Petrie, The Pyramids and Temples of Gizeh.
8 Piazzi Smith, Nature, oct. 16, 1884; — Jules Carret, Le Déplacement polaire. 5 Ch, Lenormant, Éclaircissements sur le cercueil de Mycérinus.
le sarcophage qu'elle contenait s’est perdu sur les côtes du Portugal, avec le navire qui le transportait en Angleterre.
Dans l'angle formé au nord-ouest entre les deux tombes colossales de Chéops et de Khephren, le plateau inégal et bossué est évidé dans tous les sens comme un immense lerrier par des lombes et des nécropoles où dorment les sujets des Pharaons, Au sud, à l’est, sont d’autres restes, murs et tombeaux, et sur le bord du plateau, entouré de dunes, se tient le sphinx, gigantesque gardien des pyramides. Le monstre, qui regarde la plaine de son œil impassible, est bien « l'œuvre merveilleuse des dieux », ainsi que le rapporte une ancienne inseriplion, jadis incomprise : c'est un rocher de grès auquel le hasard avait donné les vagues contours d'un animal accroupi et que les architectes égyptiens ont revêtu d'une maçonnerie destinée à compléter les formes. Les cavités considérables sont remplies par de grosses pierres assemblées sans art, mais l'enveloppe extérieure est composée de petites assises régulières, taillées et sculptées avee soin, de manière à modeler jusqu'aux muscles de l'animal, qui représentait le dieu Tar-em-Khou, c'est-à-dire « Horus dans le Soleil Brillant» ou « Horus des Deux Horizons » : une inscription, découverte par Mariette, attribue à Chéops la « restauration » de ee monument, Les indigènes donnent au colosse les noms de « Père de l'Épouvante » ‘et de « Lion de Ja Nuit »?, La chambre ou les salles que Vansleb ou d'autres exploraleurs auraient vues dans le dos du sphinx, ou derrière l'animal, n’ont pas été retrouvées; mais au sud-ouest, dans le voisinage immédiat du colosse, Mariette déblaya du milieu des sables un temple souterrain aux
énormes murs de granit rose et d'albâtre, revêtus des plus grands blocs
calcaires que lon connaisse; dépourvu de tout ornement, il semble
appartenir à une époque de transition entre les monuments mégalithiques
et les édifices proprement dits”, La statue de Khephren que l’on à trouvée
dans ce temple et que l’on voit maintenant au musée de Boulaq, est peutêtre la plus belle œuvre connue de la statuaire égyptienne: à cette époque
de l’art, la règle hiératique n'avait pas encore imposé aux sculpteurs des
formes inflexibles. La statue avait été cachée, peut-être jetée dans un
puits, après la construction de l'édifice.
L'héritière de Memphis, le Caire, occupe une situation analogue à celle
de l’ancienne capitale. « Bouton de diamant » qui ferme l'éventail du
della, elle est, comme Memphis, au sommet du triangle des cultures
1 Rudolf Kleinpaul, Die Dhahabiyé.
# Élie Reclus, Philosophie positive, mars, avril 1870. 5 François Lenormant, Premières Civilisations.
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PYRAMIDES DE GIZEN, SPIHINX, LE CAIRE. 575
arrosées par les bras du fleuve! et se trouve par conséquent au lieu de convergence naturel pour toutes les routes de Ia basse Égypte, d'Alexandrie à El-Arich; comme Memphis, elle est à proximité de la bifureation du Nil ; mais elle s'est déplacée vers le nord comme les eaux elles-mêmes, Transféré sur la rive gauche du fleuve, le Gaire serait le simple prolongement de Memphis. I paraitrait plus normal en effet, relativement à
LE SPIHINX,
Dessin de P. Benoist, d'après une photographie.
l'ensemble de la contrée, que la capitale se trouvât, comme presque toutes les villes de la moyenne Égypte, sur la rive occidentale, celle qui offre à la charrue plus des trois quarts de la zone cultivable et qui est la plus rapprochée d'Alexandrie, le grand port d'expédition; mais le Caire n’est pas de fondation égyptienne : elle a été bâlie par des conquérants venus d'Asie et ceux-ci ne pouvaient songer à placer leur citadelle sur un terrain dont les eût séparés le Nil. La position du Caire sur la rive droite du fleuve suffit
pour démontrer que l'Égypte est un pays conquis.
! Chanson égyptienne citée par Edmond About (Ahmed le Fellah).
rm ne
Le nom d'El-Kahirah, « la Victorieuse », donné dans le langage officiel à la capitale de l'Égypte, n'est point celui qui se trouve dans la bouche du peuple lui-même : l'ancienne appellation de la contrée tout entière, Masr, à laquelle on ajoute souvent l'épithète de « Mère du monde », est le nom que l’on emploie d'ordinaire pour l'appliquer à la ville, En l'an 19 de l'hée gire, il ne se trouvait là, un peu en amont dela cité actuelle, qu'une petite place forte, désignée sous le nom de Babylone (Babeloun). Prise par Amrou, elle s'agrandit au nord par le quartier de la « Tente » (el-Fostàt), devenue Masr el-Atikah ou le « Vieux Caire »; puis, assiégée et conquise de nouveau plus de trois siècles après, elle s'augmenta, encore du côté septentrional, d'un troisième quartier, le campement militaire de la « Vic- Lorieuse » : c'est là que s'est bâtie la ville moderne, dont le nom s’est franeisé en celui de Caire. Au nord-ouest, le grand faubourg industriel de Boulaq, qu'une avenue nouvelle, bordée de constructions, rattache à la cité, longe la rive droite du Nil de ses masures branlantes; en 1885, les Anglais, de peur du choléra, vidèrent complètement ce faubourg; en une nuit toute la population fut transférée sous la tente, près des carrières de Torah, en face des pyramides, Les murailles du Caire ont été en grande partie détruites ou dépassées par les constructions ; elles ne subsistent plus qu'à l'est et au sud, où elles s'appuient sur des amas de décombres; les falaises du Djebel-Mokattam, taillées en carrière, s’avancent jusqu'à l'angle sudoriental de la ville et leur promontoire extrème porte la citadelle, Du haut de cette butte, flanquée de murs de soutènement, on a toute la ville à ses pieds, avee ses minarels et ses coupoles, ses édifices bariolés, ses jardins et ses arbres. Autour de cette ville aux couleurs joyeuses, d’où montent d'incessantes clameurs, s'étend la plaine grise et silencieuse que srrveillent au loin les pyramides.
Le Caire avait été bâti au bord du Nil, mais le fleuve s’est déplacé depuis le dixième siècle et naguère la ville était séparée des eaux fluviales par une zone de bosquets et de jardins d’un ‘à deux kilomètres de large ; seulement un étroit canal, le Khalig, desséché pendant une partie de l'année, traverse la ville dans toute sa longueur. Un autre canal, l'Ismailieh, large et creusé à une assez grande profondeur pour avoir de l'eau en tout temps, passe au nord-ouest de la ville, pour se diriger vers Suez par le Ouàdi-Toumilàt. Le Nil, large de 400 mètres entre levées, est franchi par un pont moderne formé de quatre travées en fer reposant sur des piles en maçonnerie et se continuant à l’ouest sur un bras d’inondation par un long viadue: si ce n'était des palmiers qui bordent la rive gauche du fleuve, des dhahabiyé et des cangesqui mouillent le long des
e officiel ouche du re, Masr, | le ho) ) de l'héne petite "se par -Fostàt), conquise
du côté la « Vic- "est franstriel de à la cité, Anglais, uit loute orah, en tie délus qu'à
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