‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 210 sur 225 · ABOUKIR, ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

ABOUKIR, ALEXANDRIE

1200 mètres qui rejoint l'emplacement de la ville antique à la partie nordorientale de l’ancien Pharos : c'est là que se trouve aujourd’hui la « ville

N9 108, — AHOUKIR ET ALEXANDRIE,

t de Paris

Sidi Razi

Ruines

7 SET à > 2x AE DE Et DETTE RME PET (LEGER VEUX Ést de Greenwich 50°10° D'après ia Commission française C Perron Profondeurs = = | :

Le Oà rm fe LS 2 50m, de Sln et au-dela 1:5590))

140 kil

turque », dédale de ruelles inégales et tortueuses, percé de quelques larges avenues modernes. L'ile, devenue presqu'île, est elle-même couverte de constructions, maisons particulières, casernes, entrepôts et palais. A l’extrémité sud-occidentale se dresse la grosse tour du phare moderne, qui

succède à la « merveille du monde », le célèbre Pharos de Ptolémée Philadelphe, monument de marbre blanc en forme de pyramide à degrés, élevé jadis à l'autre bout de l'île: Masoudi, qui vit encore les ruines du monument, dit que sa hauteur était de « quatre cents coudées »; d'après Mahmoud-bey, il aurait eu plus de 110 mètres. On n'en voit plus de vestiges; son emplacement même a été rongé par les flots, et le fort qui en porte le nom n'en a point employé les matériaux ; il n'en reste plus que le nom, appliqué désormais à tous les luminaires des rivages marins,

Tandis que les alluvions apportées par le flot formaient l'isthme de l'Heptastade, exhanssé plus tard par les décombres d'une ville maintes lois détruite et rebâtie, les autres parties du rivage paraissent s'être affaissées pendant la période historique : chemins, quais, anciennes carrières, tombeaux ereusés dans les berges du littoral voisin, de mème que les excavalions connues sous le nom de « Bains de Cléopâtre », sont constamment envahis par les vagues, même lorsque la mer est au plus bas. Malgré de grands travaux, les ingénieurs employés par Mohammed-Ali n'ont pu réussir à dessécher le lac Mariout, que les Anglais ont créé en 1801, en ouvrant trois où quatre brèches dans le cordon mitoyen qui limitait à l’ouest le lac d’Aboukir : le remplissage de la dépression dura 66 jours. Le bassin offre actuellement en certains endroits 2 mètres 40 centimètres de profondeur, Ge sera une œuvre difficile de récupérer pour l’agriculture ce territoire de 60000 hectares, lacustre dans les fonds, marécageux sur les bords, où se trouvaient, dit-on, cent cinquante villages lorsque lirruption des eaux fit d'Alexandrie une ville insulaire; après l'extraction des eaux salines, il sera nécessaire de lessiver le sol en dirigeant successivement des branches du canal Mahmoudieh sur tous les fonds du bassin. Du temps de Strabon, le vin du Maréotis était un des plus exquis des bords de la Méditerranée. Un port avait été creusé dans ce lac pour toutes les denrées apportées de l'intérieur par les canaux du Nil; de nos jours, le bassin n'est plus utilisé pour le commerce; au lieu d'y pénétrer, le canal Mahmoudieh en longe la rive entre deux digues.

La « ville européenne », à l'est et au sud de la « ville turque », occupe à peu près l'emplacement de la cité bâtie par Dinocrate et les Lagides. Les rues droites et larges forment un ensemble régulier qui se continue au nord-est par des faubourgs modernes dont l'avenue prineipale est La route de Rosette, l’ancienne voie Canopique. Mais dans les limites de la cité moderne on ne voit plus aucun débris de Pantique Alexandrie. Tout ce qui en restait à la fin du siècle dernier, lorsque six mille habitants au plus se groupaient au milieu des décombres, à été démoli par les constructeurs

tolémée degrés, ines du d'après de VOS L qui en s que le

hme de maintes e affaisrrières, CS EXCAimmenl gré de ont pu SO!, en nilait à urs, Le tres de lture ce sur les ruption es CAUX lent des L (emps » Ja Médenrées

bassin

il Mah-

OCCUpE les. Les nue au a roule la cité ‘out ce au plus ucteurs

— VUE GÉNÉRALE

Dessin de

d'après une photograpine.

Taslor,

des nouveaux quartiers; seulement on voit quelques fragments de seulptures dans les collections publiques et privées, On ne sait plus où se trouvait le Soma, le somptueux tombeau d'Alexandre; on discute sur l'emplacement du fameux observatoire qu'habitèrent Ératosthène, Hipparque, Ptolémée ; on cherche les pierres du Muséum et la bibliothèque où professèrent Euclide et Érasistrate, que fréquentaient Théocrite, Aratus, Callimaque, Lucien, et où s’entassèrent jusqu'à sept cent mille volumes, brûlés

N° 109, =—— ALEXANDAIR,

: Eu (orFortFharas:

= Fort Ada}, :

Port

di e Mahmag di LASES |

7,1 Umouk-Kubebé 4 Ô

D'après divers documents C Perron

de Jà Om de/Üm etau-te/à 4 : 76 000

pnemietesnnes | 0 2 kil.

pendant la guerre que César vint porter en Égypte. Une autre bibliothèque, non moins célèbre, se trouvait en dehors de la ville actuelle, à côté du temple de Sérapis; mais on sait comment, à la fin du quatrième siècle de l'ère vulgaire, les moines égyptiens, forts de l’édit promulgué par Théodose, procédèrent, dans Alexandrie et dans toute l'Égypte, à la destruction des temples, au renversement des statues, à l'incendie de tous les papyrus, de tous les trésors d'art légués par l'antiquité. Ainsi périt la bibliothèque où avaient été précieusement recueillies toutes les œuvres

de la science et de 11 poésie helléniques. Sur la colline, où le Sérapéum n’a laissé que d’informes débris, un pilier solitaire, haut de 30 mètres, se dresse comme un monument funèbre: c’est la colonne dite « de Pompée », quoiqu'elle ait été sinon élevée, du moins restaurée en l'honneur de Diociétien : il est probable qu'elle faisait partie du Sérapéum"; le chapiteau en est creux, soit qu’on l'ait fouillé pour recevoir la base d'une statue, soit qu'aux temps chrétiens on y ait ménagé une chambre pour servir d'asile à quelque stylite*. Au nord-est de la ville, près de la plege, un obélisque de granit rose appelé d'ordinaire « aiguille de Cléopatre », quoiqu'il ait été transporté d'Héliopolis et dressé à Alexandrie sous le règne d'Auguste, indiquait aussi la proximité d'anciennes ruines : il a été donné à la municipalité de New-York et placé dans le Central-Park : le Nouveau Monde veut aussi avoir sa part des mouuments égyptiens. Une autre aiguille, qui était à demi cnfoncée dans le sable, à été transportée à Londres, où elle domine les nouveaux quais de granit, sur la rive gauche de la Tamise.

La statue équestre de Moharamed-Ali, sur la longue place « des Consuls », au centre de la ville « européenne », est une pauvre compensation pour toutes les œuvres d’art que l’on a méchamment brisées. Encore a-t-elle été menacée en 1882 par les boulets des Anglais qui foudroyaient la ville, démolissaient le fort Cafarelhi, bâti sur un monticule au centre d'Alexandrie, allumaient partout l'incendie, que les pillards prirent soin d'entretenir pendant la nuit qui suivit le bombardement. Les quartiers de la cité qui furent jadis les plus somptueux présentent encore, deux années après la catastrophe, un aspect lamentable: les moellons, débris des maisons ruinées, ont été empilés de chaque côté des rues en énormes amas d'où l’âcre poussière de chaux s'élève en tourbillons ; en maints endroits, où l’œuvre de destruction a été complète, on se croirait non dans une cité, mais dans une carrière, L'état d'incertitude anxieuse dans laquelle vit la population commerçante d'Alexandrie, et la ruine de la plupart des propriétaires, qui attendent vainement les indemnités promises, ont arrêté jusqu'à maintenant les travaux de restauration. Les dalles des trottoirs et les pavés d'Alexandrie ont été importés d'Europe.

C'est à Alexandrie, et non au Caire, qu'a été fondé le principal établissement scientifique de la vallée du Nil, l’Institut égyptien : il semble qu'on ait ainsi voulu renouer les traditions ; on s’est rappelé qu'Alexandrie fut jadis le « cerveau de l'humanité » et que là se fonda, avee Plotin, Proelus,

* Ampère, Voyage en Égypte et en Nubie.

* Charles Blanc. Vonade de la haute Égypte.

srapéum hètres, se de Pomhonneur ;: le chase d'une re pour la plege, pàtre », le règne té donné Nouveau aiguille, idres, où | Tamise.

des Conpensation ,. Encore lroyaient au centre

rent soin wliers de X années bris des nes amas endroits, une cité, Île vit la des pront arrèle

ottoirs et

L'établisble qu'on ndrie fut Proclus,

Porphyre, Jamblique, l'école d'Alexandrie; grâce à elle, se fit, entre les Orientaux et les Occidentaux, entre les Indes, l'Égypte et la Grèce, cette alliance des mythes et des idées d’où naquirent les philosophies et les religions modernes. Mais la ville égyptienne n’a pas recouvré sa gloire comme ville des sciences et des lettres ; elle est avant tout une cité commerçante. Plus du tiers des échanges de l'Égypte avec le reste du monde se fait par Alexandrie; avant que le canal de Suez ne fût ouvert, elle possédait le monopole de la navigation avec l'Occident‘; en 1866, année de sa plus grande prospérité, qu'avait causée par contre-coup la guerre civile américaine, ses exportations s’élevèrent à près d’un demi-milliard de franes. Le port nord-oriental, appelé à tort le « Port Neuf », quoiqu'on n'y ail point fait de travaux d'aménagement, est sans profondeur et n’est fréquenté que par les barques; au siècle dernier, les bâtiments appartenant à des chrétiens étaient obligés d'y jeter l'ancre. Le port sud-oriental ou « Port Vieux », l'Eunostos des anciens, c’est-à-dire le havre du « Bon retour », est celui que doivent utiliser les navires d’un fort tirant d'eau ; malheureusement, il est d’une entrée difficile : les passes sont tortueuses et bordées de récifs, et les gros bâtiments ne peuvent s'y aventurer sans pilote; quand la levée des vagues est un peu forte, les petits navires même ont à craindre de toucher le fond. Mais à l'intérieur du môle qui continue au sud-ouest le cordon littoral de la péninsule du Phare, les navires trouvent un abri sûr et un mouillage très étendu ; la surface d’anerage dans le port et l'avant-port n’a pas moins de 420 hectares, avee une profondeur normale de huit mètres et demi à dix mètres. Le canal Mahmoudieh, qui débouche dans le port, devrait servir et sert parfois, avec la voie ferrée, d'intermédiaire aux échanges d'Alexandrie et de la vallée du Nil, Mais l'eau du canal, d’ailleurs impure, est employée surtout à l'alimentation d'Alexandrie et à l’arrosement des campagnes riveraines; il est arrivé que le canal à été complètement asséché, laissant les bateaux échoués dans la vase, L'industrie de la ville elle-même ne contribue que

# Mouvement de li navigation dans le port d'Alexandrie en 1880, d'après Amici . Entrées, 5505 navires, jaugeant 1 292 296 tonnes. Sorties, 3250 » » 15038927 on

Ensemble, 6555 navires, jaugeant 9 596 195 tonnes, soit 37 p. 100 de la navigation totale des ports égyptiens.

Vaieur moyenne des importations . . . , . , . . , . 125 000 000 francs. » » exportations , . , , , . . . . . G25000000 » Ensemble des échanges , , . . 450 000 000 francs,

Mouvement de la navigation en 1881 : 7565 navires, jaugeant 2677 444 tonnes.

rene

molcres

Page 1