‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 42 sur 225 · L4 N° 17, — VALLÉE DE KENEN SUR LA ROUTE DE KOSEÏR · texte numérisé non relu

L4 N° 17, — VALLÉE DE KENEN SUR LA ROUTE DE KOSEÏR

Est de Paris ,30°30' ,30°50

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D'après Klunzinber

celte direction par une des plus profondes gorges transversales qui l'échancrent dans son parcours, et l’on a pu se demander si, lors d’une période géologique antérieure, le Nil ne s'était pas dirigé par cette brèche vers la mer Rouge. Des grèves de cailloux roulés, qui n’ont pu être déposées que par des eaux courantes, se voient dans cette gorge, aussi bien sur le versant du Nil que sur celui de la mer, et ce sont probablement ces traces d’un ancien cours d’eau qui ont fait naître dans la vive imagination des Arabes l’idée qu’il serait facile de rejeter le Nil dans son lit d’autrefois, — à supposer que ce ravin ait en effet reçu les eaux fluviales. — Du moins, si l’on ne peut détourner le cours du Nil dans cette gorge latérale, sera-t-il

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NIL ÉGYPTIEN. 95 aisé d'v construire une voie ferrée qui fera du port de Koseir le principal débouché commercial de toute la haute Égypte. I y a plus d'un N9OUS, == PRISE D'EAU DU CANAL D'IDRANIMIEN,

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D'après Chélu, C Perron.

demi-siècle déjà que les Anglais y ont creusé des puits de distance en distance dans l’idée d'utiliser ce chemin pour la route des Indes.

Après avoir coulé vers l’ouest, en aval du grand méandre de Keneh, le Nil prend la direction du nord-ouest, puis celle du nord; mais dans cette

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partie de son cours il est double. Une branche s'en est détachée pour l'accompagner du côté de l'ouest à la distance moyenne d'une douzaine de kilomètres : c'est le Bahr-Yoûsel ou « fleuve de Joseph », ainsi nommé en souvenir du ministre du pharaon mentionné dans les traditions juives, ou plutôt d'un certain Yoûsef, ministre des Fatimites du douzième siècle; mais il ne parail point avoir été creusé de main d'homme, quoiqu'il ait été maintes fois endigué, détourné, dérivé dans les fosses latérales, comme loutes les eaux courantes de la vallée : récemment la prise d'eau en a été déplacée, et le canal, baptisé du nom d'Ibrâhimieh, a été ramené sur les terres hautes de la rive pour régler plus facilement l'écoulement des eaux d'inondation. Dans la partie où il n’a pas été régularisé, le Bahr-Yoûsef, que les dunes apportées par le vent du désert bordent sur sa rive gauche, est une rivière sinueuse comme le Nil, ayant comme lui ses îles et ses bancs de sable, ses berges d’érosion, son lacis de coulées et de fausses rivières. Sa largeur moyenne est d'environ 100 mètres, mais, par son débit, il ne représente qu'une très faible partie du Nil; des affluents du grand fleuve, traversant la plaine intermédiaire, alimentent de distance en dislance la rivière de Joseph et compensent par leurs apports la perte causée par l'évaporation : ce phénomène de deux cours d’eau parallèles dans une même vallée, l'un, le fleuve principal, roulant presque toute la masse liquide, l’autre, la faible coulée, serpentant dans un ancien lit fluvial, se retrouve dans presque toutes les vallées dont le régime hydrographique n'a pas encore été complètement changé par des endiguements et des travaux de drainage. Même plusieurs fleuves bordés de levées ont aussi, comme le Nil, leur Bahr-Yoûsef : telle est, en France, la Loire, qu'accompagnent la Cisse, les eaux trainantes sorties du Cher, de l'Indre et de la Vienne, puis la rivière Authion et les ruisseaux qui en dérivent.

À 500 kilomètres environ du lieu de bifureation, le Bahr-Yoûsef pénètre dans une vallée latérale, où il se divise à son tour. La branche orientale, qui continue la rivière proprement dite, emprunte au nord-est une brèche de rochers ouverte à la base de la chaîne libyque et va rejoindre le Nil en amont du delta; mais après la crue l’eau du bas fleuve refluc du nord au sud dans ce canal, poussée par l'inondation du Nil. La branche occidentale se rejette brusquement vers le nord-ouest dans une gorge rocheuse, mais le cours est réglé à son entrée par un pont de trois arches bâti au treizième siècle et muni de vannes qui jaissent passer le flot ou le rejettent dans la vallée du Nil. Au delà du barrage, le canal serpente dans une eluse de la

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