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DELTA DU NIL

très appréciable, longe la côte de l'Égypte en se portant de l'ouest à l'est, d'Alexandrie vers Port-Saïd, mais en formant çà et là de petits contrecourants locaux, comme le remous qui se produit entre la bouche de Rosette et la pointe d'Aboukir, L'effort incessant du courant côtier est de raser les pointes et de combler les golfes en rétablissant la belle courbe pa abolique

N° 22 —— WOUCIÉ LE DAMIETTÉ.

De 0 à 5 mètres. De 5 à 10 mêtres. De 10 mètres ct au delà

de la côte : partout où il rencontre un obstacle résistant, il le rattache à la terre ferme par une plage sablonneuse en hémieyele. C'est ainsi qu'il amasse des sables contre la jetée occidentale de Pori-Saïd, afin d'arriver à en combler l’entrée; mais ces apports ne sont pas assez considérables pour mettre en danger les bassins du nouveau port, et l'homme peut en avoir lacilement raison par les dragages. Dans l’ensemble on ne peut guère évaluer à plus de 2 mètres et demi par an le progrès annuel du della sur la mer : x. 14

le gain du continent aurait été de 6 kilomètres au plus depuis le temps d'Hérodote,

Peut-être même y aurait-il eu équilibre entre les apports du fleuve sur la plage extérieure et les érosions du flot, car l'aspect géologique de la côte est celui d'un ancien cordon littoral, continuant le petit chaînon calaire d'Alexandrie, qui se termine maintenant au cap d’Aboukir. Dans les eaux sans profondeur, les vagues se servent ainsi des points rocheux, îles ou promontoires, pour y appuyer leurs levées de sable qui séparent de la mer les baies irrégulières et les transforment graduellement en marigots. Avant de travailler à la conquête des fonds méditerranéens, le Nil avait à combler les étangs que la flèche sablonneuse sépare de la haute mer, et cette œuvre de colmatage n’est point encore achevée. Certains indices permettent d'ailleurs de croire que le travail de comblement est retardé par un mouvement de dépression général de la contrée, semblable à celui que l'on constate en tant de contrées alluviales, en Hollande, sur les côtes de l'Allemagne du Nord, aux bouches du P6, sur les bords de l'estuaire des Amazones. Ainsi, des grottes artificielles creusées jadis près d'Alexandrie à une certaine hauteur au-dessus de la mer sont maintenant immergées : ce sont les Lombeaux connus sous le nom de « Bains de Cléopâtre’ ». La dénivellation du sol expliquerait également la formation nouvelle d'étangs, qui, après être restés longtemps desséchés, rouvrent leurs « graus » ou boghâz pour emplir partiellement leurs anciens lits.

Quoi qu'il en soit, les bassins lacustres du delta ne contiennent plus qu'une faible quantité d'eau, et le colmatage pourrait en être facilement mené à bonne fin. Déjà l'extrémité orientale du lac Menzaleh, séparée de la région du Nil par les levées du canal de Suez, à été transformée en terre ferme, en même temps que l’ancien lit de la branche pélusiaque; le lac Menzaleh lui-même s’est rétréci depuis l'exploration d'Andréossy, à la fin du siècle dernier, et l'on n'y trouve plus les profondeurs de 5 mètres qu'il avait indiquées dans le voisinage des boghàz. L'épaisseur d'eau n'y est plus que d’un mètre en moyenne, mais la surface qu'il occupe est d'environ 1200 kilomètres carrés pendant les crues du Nil; alors il reçoit des ‘anaux temporaires du fleuve qui déposent leurs alluvions à droite et à

gauche de leur cours, et communique avec la mer par deux graus dans lesquels viennent se jouer les marsouins; pendant la période des maigres, les banes de sable et les îlots affleurent en si grand nombre que la navigation devient impossible dans une partie considérable de l'étang, mais les piétons

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