N° 23. — MNANCHE DU NIL DANS LE LAC MENZALFN
saumâtre quand la couche liquide superficielle s'est évaporée; il ne communique avec la mer que par un seul grau permanent. Les lacs d'Edkoù et d'Aboukir ne méritent guère que le nom d'étangs. Quant au Marioût, le Maréotis des anciens, son pourtour est d'au moins üne centaine de kilomètres, et quelques-unes de ses rives, à l'ouest et au sud, baignent abruptement dans le bassin de manière à lui donner l'aspect d'un véritable lac. Pourtant il était complètement à sec en 1799, lorsque les Anglais coupèrent, au eud d’Alexandrie, la digue qui le séparait de la mer : redevenu lac, il diminue de nouveau, depuis que la brèche à été réparée. Soit que
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les anciens Égyptiens l'eussent aussi desséché en le séparant de toute communication avec la mer, soit que le niveau continental fût alors plus élevé, il est certain que la dépression du Maréotis fut à see en totalité ou en partie pendant une partie de l'ère ancienne, car on ya trouvé les restes de temples et des statues.
Si les empiétements des alluvions nilotiques sur la mer et sur les lacs du della sont difficiles à évaluer, il en est de même de l'exhaussement graduel des terres riveraines du Nil dans toute la région arrosée par les crues, d'autant plus qu'il faudrait en même temps tenir comipte des molécules sableuses qui sont apportées par le vent et qui se mêlent aux alluvions!. Girard erut pouvoir déduire des observations comparées faites pendant l'exploration d'Égypte que les couches alluviales déposées annuellement par le Nil produisent un exhaussement moyen de 196 millimètres par sièele : depuis einq mille ans, c'est-à-dire à une époque à laquelle les Égyptiens entreprenaient déjà les plus grands travaux de canalisation, le niveau des “ampagnes nilotiques se serait done élevé à plus de 6 mètres, quoique le delta ait si faiblement empiété sur la mer, Iest vrai que la plupart des monuments construits dans le voisinage du fleuve sont maintenant enfouis dans la terre jusqu'à une certaine hauteur : les dalles de pierre qui pavent les grandes avenues de sphinx devant Karnak sont cachées par les dépôts du Nil; de même les statues colossales de Memnon, situées à un peu plus de 2 kilomètres du fleuve, ont presque tout leur piédestal-dans l'épaisseur des alluvions, et c’est dans le sol même qu'il à fallu chercher une inseriplion grecque, qui, sans doute, avait été gravée à hauteur d'homme. Mais ce ne sont point là des preuves de l’exhaussement du sol, car les lourdes masses des édifices et surtout des blocs comme les colosses de Memnon doivent S'enfoncer graduellement dans le sol alluvial des campagnes riveraines du Nil: la salle hypostyle à Thèbes, qui fut évidemment construile au-dessus du niveau des crues, est inondée tous les ans et Fons promène en barque *, C'est ainsi que les blocs erratiques de la Suisse et les colonnades des temples romains entrent de plus en plus dans la terre meuble qui les porte. Le nilomètre découvert par Girard dans l'île d'Éléphantine est peut-être un de ces monuments dont les fondations se sont abaissées : de ce que le niveau des erues dépasse actuellement de 2 mètres et demi les anciennes mesures, on ne peut conclure que la hauteur du lit et des rives se soit augmentée d'autant, Ce serait à un phénomène en con- Il. Duveyrier, Notes manuscriles.
2 Description de l'Égypte, tome VI.
5, Ernest Desjardins, Notes manuscrites.
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