ALLUVIONS, CRUE ANNUELLE DU NIL
tradiction avec le dessèchement de l'ancienne vallée à l'orient d'Asouân, abandonnée de nos jours par le courant.
La erue annuelle du Nil, qui fait renaître la nature et que les Égyptiens, célébraient comme la résurrection d'un dieu, est un phénomène très régulier dans son apparition et n'offrant que peu d'écart dans ses alternalives ; on comparait jadis le retour des eaux de crue à celui des astres, Comment les peuples riverains n'eussent-ils pas adoré ce fleuve, « le créateur du blé, le producteur de l'orge », lui sans lequel « les dieux tomberaient sur la face et périraient les hommes »? « Salut, à Nil, toi qui viens donner la vie à l'Égypte! » ainsi le célébraient autrelois les prètres'. C'est d'après son régime que tout se réglait et que tout se règle encore, travaux des campagnes et de la cité, fêtes religieuses et civiles ; mais de nos jours il est plus facile de se préparer à la venue du flot, annoncé de Khartoum trente où quarante jours à l'avance. C'est presque toujours le 10 juin que le fleuve commence à croître, en roulant les « eaux vertes » et insalubres qui proviennent des grands marais du haut Nil; mais les progrès de la montée sont d'abord presque imperceplibles ; vers le milieu de juillet, la crue est rapide, gonflée soudain par les eaux « rouges » qu'apportent les
torrents de Éthiopie; souvent une petite « corne », formée d’un abaisse-
ment et d'un relèvement, se produit dans la courbe de l'inondation : ce phénomène provient de la non-coïncidence des crues entre le Nil Bleu et l'Atbära, Vers la fin d'août, le Nil est à peu près dans son plein ; cependant l'inondation augmente encore légèrement jusqu'au 7 octobre, jour moyen où les eaux atteignent leur point culminant. À partir de cette époque, la descente se fait graduellement, presque sans inflexions secondaires dans sa courbe normale, jusqu'à ce que la montée du flot recommence. Pendant les trois mois de hautes eaux, la masse liquide que le Nil roule à la mer représente les trois quarts du débit total, soit 90 milliards de mètres cubes sur 120 milliards”. Naturellement la hauteur de l'inondation diminue de l'amont à l'aval. Devant Asouân, elle est de 16 ou 17 mètres; au Caire, elle est de 10 mètres moins élevée; en 1800, année de grande crue, elle atteignit 7",961, tandis qu’en 1799, année de basses eaux, elle ne dépassa pas 6",897, En s'appuyant sur quelques textes anciens, notamment sur un passage très discuté d'Hérodote, on a cru pouvoir affirmer que la hauteur des crues a considérablement changé depuis les premiers siècles de l’hisloire égyptienne, mais on n’a point de données suffisantes pour se pro-
1 Maspero, Catalogue du Musée de Boulaq.
© Barois, Notes manuscrites.
noncer avec certitude, En tout cas, l'élévation moyenne des eaux de crue ne s'est pas modifiée depuis la fin du huitième siècle de l'ére vulgaire, ear les mesures exactes prises à cette époque ont été conservées, el l'on à con-
staté qu'elles coineident avec celles que publièrent les savants de l'expédi-
N9 db, = OSCILLATIONS ANNUELLES DU NL,
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