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N° 25, — COUPE DE LA VALLÉE DU NIL A SIUÛT

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D'apres l'All.s de l'expédition d'Egypte, C Perron. : 101000

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L'échelle des hauteurs est centuple de celle des lonzueurs.

l'eau monte au moyen de sdkiyé, où « roues à pots » semblables à celles de la Syrie et mues par des bœufs ou des ânes, en Nubie par des chameaux. Mais la plupart des paysans se servent de chddodf, vases ou paniers que deux hommes, agissant sur un bras de levier, plongent dans l'esu et relèvent tour à tour. Arrivé au sommet de sa course, le panier se vide dans une rigole, puis il redescend pour remonter encore. Un châdoûf élève ainsi l’eau de 2 à 5 mètres; si les champs à irriguer se trouvent à un niveau supérieur, un deuxième engin fonctionne au-dessus du premier : parfois on voit sur les degrés de la berge trois étages de châdoûf superposés. Mais ces moyens rudimentaires ne prennent au Nil qu'une bien faible partie de l'eau qui pourrait être utilisée pour l'irrigation. Sur les 120 milliards de mètres cubes que roule le Nil dans l’année, 5 milliards seulement sont employés par les cultivateurs riverains; aussi les terres cultivées ne for-

ment-clles que la moitié, peuttre la troisième partie, du sol que l’on

pourrait utiliser ". Quarante millions d'hommes à peine vivent dans le bassin du Nil. Pour combien d'autres millions l’eau nourricière pourrait-elle faire naître le blé!

Le limon du Nil, de couleur brune ou noirâtre, est le seul engrais des campagnes. Sous la chaleur du soleil il se consolide et peut être façonné en briques et en vases. Sous les pas, il devient dur comme la pierre et se contracte en formant de profondes crevasses. Les anciens fonds sableux et calcaires, mèlés à la base des collines aux cailloux roulés qu'apportèrent des inondations antérieures à l'époque géologique contemporaine, sont recouverts d’une couche de 10 à 12 mètres d'épaisseur ?, constituant un sol arable d'une extrème richesse qui, répandu sur d’autres plaines, suffirait pour ferliliser un espace cent fois plus considérable. Par sa composition chimique, ce limon du Nil qui fit Y' Égypte diffère de ceux de tous les fleuves européens *; les analyses qu'en donnent les savants varient beaucoup, suivant l'âge du dépôt et le lieu de provenance, dans le voisinage ou à dislance du fleuve; mais tous les limons nilotiques contiennent une part considérable de carbonates de chaux et de magnésie, de l’oxyde de fer et du carbone provenant de substances organiques décomposées *; chaque millimètre de ce limon renferme aussi des bâtonnets siliceux de diatomées. Dans cette eau si douce du Mi se retrouvent les débris apportés de toutes les provinces de l'immense bassin, les.boues de l’Atbâra, les restes animaux putréfiés dans les mares du Bahr el-Azraq, les sphaignes et les roseaux du Kir et du fleuve des Gazelles. Entre les sables, les argiles, les rochers mornes des deux déserts s’interpose l’étroite zone verdoyante, formée des apports mélangés d'une moitié du continent africain.

! Stephan, Das heutige Ægypten ; — Raoul Pictet, Sociélé de Géographie de Genève, séance du 29 janvier 1874.

2 Girard, ouvrage cité.

5 Oscar Fraas, Aus dem Orient.

4 Analyse du limon d'Égypte, par Rezmault, Description de l'Égypte, tome XX : Eau, ,. . . . . . . . AA parties sur 100. ! Carbonate de magnésie, , # parties sur 100. Carbone, . . . . . . . 9 | ) chaux, . . 18 OA: 4 6 ur (0 ) Ù | Alumine, .

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