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OU-GANDA, 153
rieur, Le type de ces cases est presque toujours celui de la ruche; elles se composent d'un double hémisphère où dôme de branchages soutenu par des poteaux et revêtu d'épaisses couches du chaume que fournit une graminée, « l'herbe des tigres », longue de cinq à six mètres; entre les deux toits, l'air cireule bibrement, débarrassant la cabane de toute mauvaise odeur. Une banquette de terre battue, inclinée au dehors, entoure la cabane pour faire couler l’eau sur le pourtour pendant la saison des pluies. Nombre de maisons ont un porche bas sous lequel on entre en rampant : telle est, jointe à l'habitude de se prosterner devant les supérieurs, la cause des plis que la plupart des indigènes ont à la peau des genoux et qui affectent parlois la forme de véritables poches”. À l'intérieur des cabanes, le sol est jonché d'herbes fines, dont les javelles sont disposées en figures géométriques; l'aspect général du vaisseau est agréable, tant que les parois ne sont pas noireis à cause du manque d'ouvertures. Dans ces derniers temps, les Arabes et les Européens ont fait construire d'autres maisons plus vastes, avee pignons et fenêtres, mais le roi d'Ou-Ganda n’a pas permis d'élever d'édifices en pierre, nul n'ayant le droit d'habiter une demeure plus somptueuse que le palais du souverain. Le costume national change aussi sous l'influence des modes étrangères. Seuls, avec les Wa-Nvoro, parmi les tribus de l'Afrique centrale, les Wa-Ganda S'habillent de la tête aux pieds, et mème, peine de mort est prononcée contre hommes ou femmes que l'on rencontrerait en dehors de leur maison insuffisamment vêtus. Naguère le costume national était le mbougou, vêtement d’écorce que fournit une espèce de figuier (ficus ludia) et que l’on bat longtemps pour lassouplir. Sur le mbhougou, les chefs portaient une robe de peau, soit la dépouille d’un bœuf, soit vingt ou trente fourrures de la petite antilope ntalaganya, qui n'est pas plus grande su'un lièvre et dont le pelage brun est d'une remarquable beauté, Mais ies vêtements arabes l’emportent greduellement. Même les pauvres indigènes achètent le hâïk, la chemise, la æeinture, le clan; les chefs ornent leurs têtes de riches turbans ou portent le fez égyplien; les bas et les babouches remplacent les grossières sandales en peau de buffle. De même pour les armes : Zanzibar expédie des fusils, et es guerriers ganda déposent, pour ne plus s’en servir, les javelots et les ares dans un coin de leur cabane, C’est en vain que le gouvernement égyplien à défendu l'exportation des armes de guerre vers la région du N'yanza, elles sont importées d'ailleurs.
I A. Grant, À Walk across Africa.
# leney, Bulletin de la Société de Géographie de Paris, juillet 4865; — Felkin, ouvrage cité.
La pratique de la polygamie est bien plus générale chez les Wa-Ganda que chez les mahométans d'Europe et d'Asie : les chefs ne connaissent point de limites pour le nombre de leurs femmes, qui sont en même temps de: servantes, Le roi Mesa n'aurait pas moins de sept mille épouses achetées en échange d'un animal quelconque, de six aiguilles ou d’une boîte de capsules. Les chefs imitent leur souverain en s'attribuant chacun toute une armée de femmes, et le moindre vassal a son harem; les dignitaires de la contrée s'adjugent une si forte part de la population féminine, que, malgré la grande supériorité numérique des filles, il n’en reste pas pour tous les Wa-Ganda ; on rencontre fréquemment des paysans dont les maigres récoltes n'ont jamais suffi à l'achat d'une femme. Aucune loi ne défend le mariage en cas de proche parenté; même à la mort de son père le fils ainé hérite de toutes les ‘rouses, à l'exception de sa mère; parfois il les partage avec d'autres membres de la famille. Pendant la période de l'allaitement, qui dure deux années, les femmes vivent loin de leur mari; le roi et les chefs ont pour L°s nouriices des maisons de campagne éparses sur toute la superficie du royaume.
Les travaux domestiques sont presque tous imposés aux femmes et aux esclaves; l'homme libre ne peut se permettre d'autre travail que la construction de sa demeure : soldat né, il doit réserver ses mains pour le maniement des armes. Les Wa-Ganda ont naturellement tous les vices qu'engendre un pareil état de choses ; ils sont paresseux, menteurs et larrons ; le temps de ceux qui ont femmes et esclaves pour travailler à leur place est donné au jeu et à la boisson. Ce qui frappe le plus l'étranger dans le peuple ganda est son peu de souci pour la vie humaine, Tuer un homme est une vélille dont personne ne s'émeut. Un page de la eour essaye un fusil : il vise le premier venu et revient enchanté de son coup d'œil et de l'excellence de son arme. Un autre page se plaint au roi de toujours servir, disant qu'il voudrait bien ètre chef, « Eh bien! tue ton père! » et le fils s'empresse de mettre à exécution cette idée afin d'hériter de femmes et d'esclaves qui lui permettront de se croiser les bras à son tour. Et pourtant, on ne saurait dire que les Wa-Ganda soient méchants : ils sont plutôt portés à la bienveillance. IIS traitent en général leurs esclaves avec une grande douceur et font bon accueil à l'étranger. L'Ou-Ganda, dit-on, est le seul pays d'Afrique où la vie de l'hôte ait toujours été scrupuleusement respectée, Quand une guerre éclate, tous les étrangers sont internés dans
un village et placés sous la surveillance d’un chef responsable de leur
‘Wilson and Felkin, ouvrage cité.
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OU-GANDA. 150
sécurité, tenu de leur fournir les vivres et le couvert; mais s'ils s’éloignent du lieu fixé pour leur résidence, le chef n'a plus à répondre d'eux.
Très intelligents, disposant d'une langue admirable de logique, de souplesse et de sonorité, les Wa-Ganda sont probablement le peuple de l'Afrique dont l'évolution intérieure a été le plus rapide depuis que Speke, le premier visiteur européen, à pénétré dans le pays, en 1862; déjà même en HSSO les envoyés de l'Ou-Ganda ont visité l'Europe. Des plantes nouvelles ont été introduites, en même temps que de nouveaux modes de culture; l'industrie se renouvelle. Très habiles à forger le fer, les Wa- Ganda imitent parfaitement les objets européens et même savent transformer des fusils à pierre en armes à percussion. Ils apprennent volontiers les langues étrangères, et le sawähili, l'idiome « des côtes », le plus utile de l'Afrique orientale, est déjà parlé couramment dans la capitale et les lieux de marché; même un certain nombre de chefs parlent el écrivent l'arabe. Enfants et grandes personnes maitrisent en quelques jours les diffieultés de l'alphabet latin, rendu plus facile par les missionnaires anglais que ne l'est celui de la langue arabe, où le son correspond st rarement au signe : l’abécédaire ganda se compose de lettres latines, moins x et le 4, vemplacés par d'autres caractères.
Jusqu'à maintenant les religions étrangères n'ont guère trouvé d'accès dans le pays. L'islamisme, qui fait tant de progrès au nord et au sud des plateaux, paraissait devoir l'emporter dans POu-Ganda; mais la pratique de la circoncision, sans laquelle 1 n'y à guère de musulmans aujourd'hui, si ce n'est peut-être dans le Senär et plus haut, sur le Nil Bleu, s'est heurtée contre la loi formelle du pays qui, tout en permettant le meurtre, défend toute mutilation. Une centaine de jeunes gens qui s'étaient laissé cireoncire, ont été brûlés par ordre du roi; loutelois les étrangers musulmans ont reçu la permission d'élever une mosquée?. Missionnaires catholiques et protestants n’ont fait qu'un bien petit nombre de prosélytes, quoique les uns et les autres aient également espéré pouvoir frapper un grand coup en convertissant le roi, baptisé d'avance du nom de « Conslantin noir ». D'ailleurs, les Wa-Ganda n’ont point d'idoles ou de dieuxiliches proprement dits ; ils croient à un créateur universel, le Katonda, mais ils ne l’adorent point, le croyant trop élevé pour qu'il daigne entendre leurs prières; ils se bornent à invoquer les loubari, génies favorables où démons redoutés, qui vivent dans le lae, les rivières, les arbres, les
! Beltrame, [1 Sènaar e lo Sciangälla.
* Annales de la Propagation de la Foi.
156 NOUVELLE GÉOGRAPITIE UNIVERSELLE.
rochers des montagnes. Moukousa, le dieu du N'yanza, s’incarne parfois rement
en un magicien ou une magicienne dont il emprunte la voix pour annon- Kivira
cer la sécheresse ou la pluie, la guerre ou la paix, les désastres où les 6 sont Îa
Wiomphes. Un autre dicu redouté, celui qui déchaîne le fléau de la variole, trent à
parait être l'esprit d’un ancien roi et réside au sommet du Gambaragara, ont leu
au-dessus de la région des nuages. Tous les rois ont leur apothéose et, étolles,
F devenus demi-dieux, gouvernent encore leur peuple, massacrent ou pardon- prenne nent comme ils le faisaient avant leur mort, Le dieu lanceur de foudres l'Afriqu
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est parmi les plus vénérés, et l'endroit où l’on à vu frapper l'éclair est dus chi
tenu pour un lieu saint : on y élève une arcade, au-dessous de laquelle plus en | Wa-Gan NO 98 — OU-GANNA MÉRIPIONAT. chaque
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nul étranger n’a le droit de passer, où bien on v bâtit une case, consi- Le] d plancher
dérée comme une sorte de temple ; mais il est interdit de la réparer quand
elle tombe en ruines: le sol fait retour à la terre profane. Contre tous les Les co ?
4 LU , ° . . ’ dangers qui l'entourent, provenant des génies mauvais et des puissances n'ont pas de l'air, l’homme de Ganda se protège par des amulettes en bois, en corne pénétré d,
ou en pierre, et par des Jlambeaux d’étoffes que lui fabriquent les mandeu SON ane
ou « hommes de médecine ». Il paraît, du reste, que ces magiciens ont une avec les 4 de la terre que la v
il est libre
art d'influence légitime, due à leur science dans le traitement des maladies Ï Bb
ar les simples et les racines. D’après Speke, un fief ecclésiastique, sur Ï
lequel le roi d'Ou-Ganda n'a qu'un pouvoir indirect, occupe une grande
élendue sur la rive gauche du Nil.
Dans l'Ou-Ganda, le seul commerce qui ait de l'importance est entiè- ! Wilson a
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OU-GANDA. 157
rement entre les mains des Arabes et des métis de Zanzibar : le Nil- Kivira et la série des cataractes, de Karouma à la chute de Murchison, sont la limite de leurs marchés dans la direction du nord; s'ils pénètrent à l'ouest vers le M'woutan-N’zigé, c'est dans le pays de Ganda qu'ils ont leurs entrepôts. Ils apportent des fusils, des munitions de guerre, des élolles, des verroteries, quelques objets de manufacture européenne, et prennent en échange de l’ivoire et le principal article de marchandise dans l'Afrique centrale, des eselaves ; au moins un millier de noirs sont ainsi vendus chaque année aux Arabes. Les éléphants pourchassés s’enfonçant de plus en plus dans les jungles éloignées de toute habitation humaine, les Wa-Ganda n'ont d'autre moyen de payer leurs acquisitions qu'en livrant chaque année un plus grand nombre d'esclaves aux marchands de chair humaine : on constate déjà que la population servile diminue dans le pays. L'ivoire vient surtout de l’Ou-Soga, et le sel est importé à travers l'Ou-Nyoro, des rivages du M'woutan-N'zigé; naguère un faible trafic se faisait aussi avec les possessions égyptiennes du Soudan, auquel l'Ou-Ganda fournissait du café, du tabac, du bétail, en échange de cotonnades, de fers et de babouches, On ne se sert encore que rarement de monnaie dans les transactions: le signe représentatif de l'échange est le doti, soit « huit coudées » de calico ; e’est à cet élalon, représentant mille caouri, qu'est rapportée toute la valeur des marchandises. Mais il n’est pas douteux que le régime du troc ne soit bientôt remplacé par les ventes et les achats, car les facilités d'échange s’accroissent, grâce aux nombreuses caravanes qui vont et viennent entre la mer et le lac par les chemins faciles du pays des Masaï; la navigation du N’yanza devient moins périlleuse depuis que les Arabes y ont lancé leurs dhaou, et dans l'Ou-Ganda mème de véritables routes remplacent les sentiers fangeux d'autrefois. Le chemin qui unit la capitale à son port sur le N'yanza ferait honneur à des Européens : il franchit un marais sur un plancher solide formé par les troncs juxtaposés de palmiers sauvages".
Les conquêtes égyptiennes, à l'époque de leur plus grande extension, n'ont pas atteint les frontières de l’Ou-Ganda; les officiers du khédive n'ont pénétré dans le pays qu’à titre d’ambassadeurs. Le royaume n’a rien changé à son ancien régime féodal depuis qu'il se trouve en relations de commerce avec les Arabes et les Européens. En principe, le roi est le maître absolu de la terre et des hommes, et dans les matières de peu d'importance, telles que la vie de ses femmes ou des wakopi, sujets de la classe agricole, il est libre d'agir à sa guise. M'tesa, c’est-à-dire, suivant l'une des inter-
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prétations de ce mot, « celui qui fait trembler », mérite bien son nom une petite armée de bourreaux, ayant tous la tête ceinte de cordes, est toujours à ses ordres; il ne marche que suivi de ce hideux cortège. Mais pour
les affaires d'Etat il n'est point le maitre absolu; les trois wahkoungou,
vassaux héréditaires, contrôlent son pouvoir, Le principal fonctionnaire, le katekiro, sorte de maire du palais et gouverneur de l'Ou-Dou, est à la nominalion du roi et peut être choisi même parmi les paysans, Il siège avec le souverain et les trois wakoungou dans le conseil privé, et préside, en l'absence du roi, l'assemblée gouvernante où loutchiko, composée de tous les grands personnages du pays, vassaux et vavassaux, wakoungou et watonsoli; le cuisinier chef et d'autres dignitaires du palais ont aussi voix dans ce conseil, Au décès du roi, le droit de nomination appartient aux trois wakoungou, qui choisissent l'un des enfants, emprisonnent ses frères pendant toute la période de minorité, puis les brûlent, à l'exception de deux ou trois, que l’on garde pour perpétuer la race, au cas où le nouveau roi mourrail sans enfants, Si les trois grands chefs ne s'accordent pas pour le choix du souverain, la guerre décide entre eux, et le vainqueur intronise son candidat. Pour leurs batailles, les wakoungou ne manquent point de soldats : tous les hommes valides, soit de cinq à six cent mille individus, sont exercés au maniement des armes et doivent répondre au premier appel de leurs chefs, La garde royale se compose en partie de gens du Soudan oriental et du Dongola, déserteurs de l’armée égyptienne. Plusieurs centaines de canots constituent la flotte.
La capitale change suivant le caprice du roi. En 1862, lors de la visite de Speke et Grant, la résidence était Banda. Dans un pays de grand commerce, elle serait fort heureusement située, sur le seuil d’un portage entre la grande baie de Mwarou-Louadjerri, la Murchison-bay des Anglais, et la rivière Katawana-Louadjerri, qui va rejoindre le Nil au lac Ibrahim. Il ne reste maintenant de la résidence de Banda que des hameaux épars au milieu de ruines que le Lemps aura bientôt nivelées. La plus importante des capitales actuelles, Roubaga, est située à une douzaine de kilomètres vers le nord-ouest, sur une colline qu’entourent des ruisseaux, source maîtresse de la rivière Mwerango, tributaire du Nil par le Kafoû. La urande case royale, signalée de loin par son gable élevé et par son mit pavoisé, se dresse au sommet de la colline, entourée de jardins, au-dessus desquels se montrent les toits coniques des cabanes habitées par les épouses du roi et les fonctionnaires. Au nord, une autre colline porte une deuxième résidence royale et le village de Naboulagala — l'Oullagalla de Stanley — : c'est l’entrepôt des marchands arabes, d'où part la route des
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OU-GANDA, KAVIRONDO, 159
caravanes vers M'rouli, le marché principal du Nil-Kivira, Les deux ports les plus fréquentés de l'Ou-Ganda sur les bords du grand lac sont Ou- Savara, sur le rivage de la baie Murchison, et N'tebbi, au bord du golfe que limite au sud l'archipel de Sessé.
A l'est du N'yanza, l'État le plus puissant est celui de Kavirondo, qui exerceraitune sorte de suzeraineté sur toutes les populations du littoral, entre l'ile d'Ou-Kerewé, au sud-est, et le pays d'Ou-Gana, au nord-est du grand lac! : ainsi les deux royaumes de Ganda et de Kavirondo seraient à peine séparés par la marche qu'habitent lesWa-Soga. Le Kavirondo proprement dit, situé à peu près vers le milieu de la côte orientale, d'après la carte de Ravenstein, mais au nord-est du lac, suivant les récits de Thomson, le plus récent explorateur, est une plaine herbeuse, au milieu de laquelle se dressent quelques collines isolées : au nord s'élève le haut massif de Nanda. Quoique les pluies tombent en abondance dans la contrée, on n'y voit que de rares bouquets d'arbres; on est obligé, comme dans les steppes syriennes een Égypte, de garder précieusement la bouse de vache pour le foyer. De nombreuses rivières serpentent dans la plaine, et l'une d'elles, le Mori, sortirait du lac pour aller s'évaporer dans une dépression inférieure au niveau du N'yanza; mais ce fait remarquable n'a d'autre garant que la parole d'un traitant arabe décrivant son itinéraire au retour d'un voyage”. Celle rivière, coulant à contresens, serait traversée par un pont suspendu devant la ville de Kamrelé. Non loin de ce bassin fluvial, dans l’île d’Ou- Kava, vivrait, d'après Felkin et Wilson, une race de petits hommes ayant une stature moyenne moindre de 1",52.
Les Wa-Kavirondo ont le type nigritien. Ce sont des hommes grands et forts; ils ont la peau presque noire, le nez aplati, les lèvres bouffies ; à en juger par la langue aussi bien que par les traits, ils appartiendraient à la mème souche que les Chiloùk du Nil moyen; par les traits et l’idiome ils se distinguent nettement des autres riverains du lac, d’origine bantou. Le: femmes se tatouent la poitrine et le dos, tandis que les hommes cherchent rarement à s'embellir de cette manière; mais comme tant d'autres peuplades africaines, ils ne laissent point leurs dents dans leur état naturel, et s'arrachent les deux incisives du milieu dans la mâchoire inférieure. Ils marchent nus où ne portent d'autre vêtement qu'un pagne; seulement
! Denhardt, Petermann's Mittheilungen, 1881.
* Farler, Proceedings of the R. Geographical Society, dec. 1882.
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les femmes y ajoutent une queue en écorce, détail de toilette qui explique, — comme chez d'autres peuplades les queues en lanières de cuir tressées, — les fables, si longtemps admises chez les Arabes, de populations africaines médiaires entre le singe et l'homme, À part cette queue, les femmes kavirondo n'ont point d'ornements, mais elles s'enduisent le corps de "se mêlée à l'urine de vache, ingrédient dontelles se servent aussi pour er leur vaisselle, préparer des remèdes et même des aliments! : l'urine et les cendres d'herbes riches en potasse remplacent le sel, qui ne se trouve point dans leur pays. Les Wa-Kavirondo ne se croient point déshonorés par le avait, comme les Wa-Ganda; ils ne laissent pas aux femmes seules le travail de la terre et labourent, sèment, récoltent à côté d'elles s ils s'adonnent aussi à la chasse, à la pêche, à l'élève des oiseaux domestiques, dans laquelle ils sont fort habiles, et lancent sur le N'vanza des barques à voiles plus solides que les eanots des Wa-Ganda, Très laborieux, ils sont aussi très pacifiques; toutefois ils se défendent courageusement contre les allaques, et les palissades dont ils entourent leurs demeures sont évitées avec soin par les nomades de l'intérieur, Les Wa-Kavirondo ont un roi; mais ee personnage n'est point un maître disposant de la vie ses sujets; le pays est plutôt une confédération de villages républieait ‘h royaume féodal comme l'Ou-Ganda, Les Wa-Kouri et les Wa-Kara, qui vi vent plus au sud, sur la région du littoral que limite le golfe de Speke, ressemblent aux Wa-Kavirondo par la langue et les mœurs, si ce n'es que les Wa-Kara s'habillent d'écorce, se tatouent la poitrine et se peignent le corps en rouge et en blane au moyen d'argile délayée dans Phuile* Mais, parmi les nombreuses peuplades de ce versant oriental du N'yanza, plusieurs constituent des îlots ethnologiques distincts des groupes envi ronnants par leurs mœurs et peut-être par leur origine, Tels sont les Wa-Nanda, qui peuplent les vallées des montagnes du même nom, au nord du Kavirondo. Ils seraient d'une extrême férocité : tous les marchands étrangers évitent de passer dans le voisinage de leurs repaires. On les dit «vêtus de couteaux » qu'ils portent aux bras, aux cuisses, au Lorse et à la ceinture”.
Les bourgades des Wa-Kavirondo sont assez populeuses pour mériter le
nom de villes, La plus grande est celle de Kabondo, située sur la frontière
orientale du pays, non loin du territoire occupé par les Masai. À quatre
heures de marche au nord-ouest, à N'yawa, s'élève la résidence du roi, Denhardt, mémoire cité.
2 Wakefield, Proceedings of the R. Geographical Society, dee. 1882, 5 Farler, mémoire cité,
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