‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 65 sur 225 · TT GE · texte numérisé non relu

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sin du Nil et celui du Congo. Le « divorce des eaux », n'étant indiqué par aueun faite appréciable, les migrations se font sans peine de l'un à l'autre versant; la ligne de partage hydrographique n'est point une limite naturelle entre les races, ot diverses nations, entre autres celles des Niam- Niam, occupent la zone à double pente, en gagnant de plus en plus vers le nord. C'est par cette région de partage que passera dans l'avenir la principale voie de communication de l'est à l'ouest du continent, entre la mer Rouge et le golfe de Benin :; déjà Penes, Lejean, Petheriek, les frères Poncet, Piaggia, Nehweinfurth, Potagos, Junker, Bohndorff ont frayé la route, et sur leurs traces se pressent d'autres explorateurs. Au nord de la région des Rivières se trouve une vraie limite naturelle, mais non indiquée par un faite de partage ; le climat trace la ligne de séparation, et le contraste S'établit en conséquence dans l'aspect du sol, la végétation, la faune et les populations elles-mêmes. La dépression parallèle à l'équateur dans laquelle serpente le Bahr el-Arab coïncide d'une manière générale avec celle frontière climatique. Au sud, les eaux de pluie sont assez abondantes pour former des ruisseaux et des rivières à courant pérenne ou du moins persistant pendant une moitié de l'année; au nord, les ravins qui descendent vers le fleuve des Arabes ne sont que des ouàdi parcourus d'eaux sauvages seulement après les fortes pluies, Au nord et au sud de la zone du Bahr el-Arab, les forêts, composées d'essences différentes, n'ont pas la mème physionomie : d’un côté, vers le Fôr, se voit le baobab, à l'énorme tronc renflé; de l'autre, vers le Fertit, se montrerit les hois de loulou ou « arbres à beurre », recouvrant de leur branchage entremélé, pareil à celui du chêne, des espaces de plusieurs centaines de kilomètres. Les erands singes ne franchissent point la limite du pays des Rivières pour entrer dans le Kordofän; de même l'éléphant ne se hasarde pas au nor du Bahr el-Ghazàl, et la redoutable mouche tsétsé n'étend pas ses ravages sur les troupeaux des plaines septentrionales. La région des Rivières est le pays des nègres et des bêtes à cornes, tandis que le versant opposé es! le domaine des Arabes et des chevaux.

La contrée comprise entre le Bahr el-Djebel et le Bahr el-Arab, si bien saractérisée par sa ramure de cours d’eau, n’a pas de nom général et n'est connue que par les appellations des tribus qui l’habitent : politiquement, la partie occidentale du pays est désignée comme la province du Bahr el-Ghazäl, qui ne devrait appartenir qu'au bassin de cet affluent du Nil. On pourrait désigner l'ensemble de la région par le nom de « pays des Rivières », car c'est là que se trouvent réunis tous les tributaires occidenlux du fleuve, au nord du M'woutan-N’zigé : la superficie totale de ce tre-

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PAYS DES RIVIÈRES. 155 par mloire st bien arrosé est d'environ 350000 kilomètres carrés, d'après les utre cartes provisoires dues aux récents VOYAUCUlS ; SUN altitude moyenne es! hi de S0O mètres, Le sol de la contrée, formé de granit décomposé et mêlé aux n #1 € Lui Î iam- alluvions fluviales et à l'humus, est d'une rare fertilité, De vastes espaces | 7 sont couverts de terre rouge, reposant sur un minerai de fer limoneux : ïr ln ces débris, en s'unissant aux boues des rivières et aux restes de la végéta- Stitie lion, deviennent aussi d'une grande fécondité; maïs Tà où la couche fer- | rères ‘a rugineuse est très rapprochée de la surface, la terre ne laisse pénétrer que | ur peu de racines et mème après les pluies ne se recouvre que d'un maigre AT UNE de Le À sazon; çà et là, des flaques d'eau, disparaissant sous un tapis de verdure, | au 4 dia pa sont éparses dans les dépressions de la roche et les blocs de pierre S'ornent À et le | Î ) N0 50, — PARTAGE DES EAUX ENTRE LE NIL ET LE CONGO, || {4 mn, la À | fl teur LEA | i t | nérale er SN | | (6 NOR VAR ESS fie abon- ; sk A Aire ou du ‘e 7/J8c44N24 |!

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me des fleurs roses du dianthera, plante qui correspond au silène visqueux S, LC pour de la flore européenne". Partout où le sol n'est pas formé d’un plancher si ul métallique, le sol produit les récoltes en abondance et sa flore spontanée | Se comprend un grand nombre d'espèces dont les produits, naguère incon- | 'AVALES : J k ÿ F à Fr nus aux Européens, seraient des plus utiles dans l’industrie, Cette région es es À : ) For de la Nigritie possède le rouhm, espèce de grand cotonnier (e»riodendron «nfractuosum), dont on pourrait faire des tissus; ses forôts de loulou à bien Ù (utyrospermum Parkü) élaborent dans leurs fruits l'huile et le beurre; S À # FE } d’autres arbres fournissent en abondance diverses variétés de caoutchouc. nl } (à et là se montre le higlik (bulanites æyyptiaca) où « arbre de l’éléti phant », sous lequel on creuse souvent des fosses recouvertes de branches, le Lu Nil pour capturer le grand pachyderme, très friand des fouilles de cet j Rte arbre. Ces animaux de la faune africaine sont très communs dans le pays À *ciden-

# Schweinfurth, Im Herzen Afrika‘s, lruduetion française par Madame Henriette Loreau, x 20

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154 NOUVELLE GÉOGRAMIIE UNIVERSELLE.

des Rivières; quoiqu'on en tue de cinq à six mille par an, on ne s'apercevrail pas encore, dit Lupton, d'une diminution de leurs bandes ; mais celle assertion est contredite par d'autres voyageurs. Le gouverneur du pays évalue à une centaine (? les espèces d'antilopes qui parcourent la con. trée!, De grands singes, que Felkin croit être des chimpanzés, sont fort redoutés des indigènes. Une centaine de ces bimanes attaquèrent le comp- Loir de Gaba Chambé, sur le Nil, démolirent plusieurs maisons et il en résulla un incendie qui détruisit les entrepôts. Quant aux animaux domestiques, ils sont peu nombreux. Les chevaux, de même que les mulets, les ânes, les chameaux et les bœufs de somme amenés par les Baggara, ue peuvent vivre plus d'une année dans les contrées lorestières qui limilent au sud Fôr et Kordofän : c'est au développement spontané de multitudes d'entozoaires qu'Émin-bey attribue le dépérissement de tous ces animaux transportés du dehors. Jusqu'au troisième degré au nord de l'équateur, les indigènes ont beaucoup à souffrir de la filaire où « ver de Médine >.

Cinquante millions d'habitants vivraient à l'aise dans cette riche contrée; en certains districts, que des marais ou d’autres obstacles ont défendus contre les envahisseurs, les villages se touchent et la jongle a disparu, remplacée par les jardins; mais presque partout se voient les traces des incursions de meurtre et de pillage, et plusieurs régions, naguère en eulture, sont même complètement dépeuplées. Nulle part dans l'Afrique orientale la traite des nègres n'a causé plus de désastres que dans ces plaines où se pressaient les tribus, Devenus maitres du pays sous le litre d'officiers égyptiens, les négriers firent ouvertement pendant de longues années le tralic de chair humaine, Chargés de pourvoir de jeunes filles et d'eunuques les marchés de Khartoum et du Caire et de recruter des soldats pour les armées, les fonctionnaires pouvaient accomplir en paix ce que les rapports appelaient pompeusement leur « mission civilisatrice », les villages se dépeuplaient, et de chaque zertba des marchands arabes ou du Dowola p

lient régulièrement des convois de malheureux se dirie s le Nil, liés par paires au moyen de fourches et d’anneaux qui b au cou de l'esclave et se rattachent à la monture du maitre ; encor nos jours, les

routes suivies par les convois se reconnaissent aux ossements humains épars le long des sentiers. Mème lorsque le trafic des esclaves fut oflieiellement interdit dans la province du Bahr el-Ghazàl, il ne fut pas difficile aux officiers égyptiens, chrétiens où musulmans, d’éluder les ordres qui ne

! Proceedings of the R. Geographical Society, 1884.

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