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linctes. Au nord des Chir, les Mandara où Mandala forment, du côté des Arabes Baggära, l'avant-garde des populations nègres : d'après Gessi, ce seraient des immigrants venus du Baghirmi, près du lac Trâdé, Fayant les marchands d'esclaves, ils prirent pour lieu d'asile un des pays que les négriers ont pourtant le plus ravagé. C'était un terrain de chasse où le sultan du Fôr allait autrefois capturer des hommes pour payer ses dettes®, Les Mandara sont presque tous mahométans, comme leurs voisins, qui vivent sur les rives du Bahr el-Arab; ils se sont associés aux Baggära c° aux Nouèr pour allaquer les garnisons égyptiennes du pays des Rivières: plusieurs de leurs attaques ont été repoussées par le gouverneur Lupton dans le voisinage du bourg de Mayendout. Dans le pays du Fertit est la limite ethnologique entre les peuples nus et les peuples vêtus. Ce con- Wraste, S'ajoutant à ceux de la nature, frappe les voyageurs : il Teur semble entrer dans un autre monde.
Dans son cours inférieur, le « fleuve des Arabes » serpente en territoire négre pour aller rejoindre le Bahr el-Ghazâl et le Nil; des tribus Denka, puis des peuplades appartenant à la grande et belliqueuse nation des Nouëèr habitent les campagnes marécageuses de ses rivages. De tous les Africains, les Nouër sont ceux qui méritent le plus ce nom d’échassiers donné aux populations des terres fréquemment inondées. Comme les Denka, et plus que les Denka, ils se distinguent par leurs longues jambes et leurs pieds plats, qu'ils posent avec précaution sur le sol mouvant et relèvent au-dessus des hautes herbes. Is restent nus comme la plupart des nègres du pays des Rivières; d'ailleurs les vêtements les gêncraient fort sur ce sol presque toujours humide; mais ils tiennent beaucoup à la beauté de leur chevelure, à laquelle ils donnent une nuance fauve par des applications de cendre et de bouse de vache; ceux qui n’ont pas les cheveux longs s'affublent d'une perruque de coton teinte en rouge ; ils se font des entailles sur le front et les jeunes femmes se percent la lèvre supérieure d'une baguette de cinq ou six centimètres de longueur couverte de verroteries*. Les Nouèr dont les prairies sont au-dessus du niveau moyen des inondations possédent, comme les Denka, de grands troupeaux de bœufs, qu'ils paissent aussi avec un soin jaloux; le serment le plus solennel chez ce peuple est de jurer par la race de ses bœufs®, I est aussi des républiques de Nouër qui vivent en plein marais, sur les îles d'herbes et de roseaux
qu'apporte le fleuve dans ses crucs. Comme les oiseaux aquatiques, ils
1 Mohammed el Tounsy, Voyage au Darfour, trad, par Perron, 2 À, Kaufmann, Das Gebiet des weissen Flusses und dessen Bewohner. 5 Andrea Debono, Tour du Monde, 2° semestre 1860,
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NOUËR, BASSINS DU SOBAT ET DU YAL. 155
se nourrissent de poissons; ils mangent également des racines, des graines de nelumbo; néanmoins tous les voyageurs se demandent comment ces êtres à demi amphibies ont pu s'accommoder à ce milieu de boue et de matières putréfiées, élever des enfants, s'y faire une patrie. L'existence doit être bien difficile pour eux; ils sont en général assez moroses et les étrangers se louent rarement de leur accueil,