‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 81 sur 225 · PA ES F À · texte numérisé non relu

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0 200 kil, L'échelle des hauteurs est 250 fois plus grande que celle des longueurs.

de picrres, ailleurs revêtus de verdure; les terrasses sur lesquelles se sont écoulés ces débris sont elles-mêmes limitées par de nouvelles falaises et la montagne s’abaisse ainsi de gradin en gradin jusqu’à la vallée verdoyante où serpente le torrent. Les paysages de l’Abyssinie ressemblent à ceux des Montagnes Rocheuses par leurs terrasses superposées et leurs énormes assises d'apparence monumentale. Non loin de Magdala, le bord oriental du plateau de Talanta se terminerait par une paroi verticale de colonnes basalliques ayant plus de 1000 mètres d'élévation”?.

La hauteur des plateaux éthiopiens varie : entre les massifs terminaux, au nord celui du Simên, au sud-est et au sud-ouest ceux du Lasta et du Godjam, leur altitude moyenne est d'environ 2400 mètres. Toutes les régions qui atteignent ou dépassent cette hauteur sont désignées sous le nom de dega, analogue au sarhad des Persans, au nedjd des Arabes. Au-dessous

‘Antoine d'Abbadie, ouvrage cité, ? Petermann's Mittheilungen, 4869, n° V.

de 1800 mètres, les vallées ou les gorges intermédiaires qui s'ouvrent entre les plateaux, creusées par les torrents à des profondeurs variables, sont les koualla, kolla où koulla, les pays de « terres chaudes » comme les ghermsir de la Perse et les tehama de l'Arabie : entre les deux zones s'étend Ja région tempérée où voint-dega. En maints endroits, la raideur des esearpements produit un contraste presque immédiat entre les dega et les koualla, et à la différence des reliefs s'ajoute celle du climat, de la végéta- Uon, de Ta salubrité; les cascades, comme celle du Davezout, près du Debra-Tabor, tombent d'un jet où par une succession de rapides d'une zone dans une autre, D'ailleurs les termes employés pour les diverses régions n'ont qu'une valeur relative, comme ceux de plateau et de vallée : telle contrée basse est nommée dega par ses voisins qui habitent un koualla plus profond ; tel dega est traité de koualla par des villages plus élevés".

La plupart des fragments partiels du plateau, granits où basaltes, ont des parois extérieures formées de falaises et de talus superposés qui donnent aux monts l'aspect de pyramides à degrés; mais quelques-uns des Kkoualla ne sont guère que des fissures, des cluses comme les cañones de Y'A mérique du Nord, D'un bord du gouffre à l'autre la distance n’est que d’un jet de pierre, semble-t-il; mais il faut descendre dans l'abîme, cheminer pendant des heures au bord des précipices vertigineux, traverser Ja rivière du fond, parfois au péril de sa vie, puis remonter en lacets les parois opposées, Des roches amendes par les torrents bloquent parfois le défilé en s'appuyant de côté et d'autre sur les saillies des rocs et des caravanes où des bandes ar-

mées ont été arrêtées par ces obstacles pendant des heures entières. Les

cluses les plus remarquables de Éthiopie sont celles du rebord oriental

des plateaux, où la coupure totale dépasse 2000 mètres, des hauieurs du dega au niveau de là mer. Nulle part on ne peut mieux se convaincre de la puissance d'érosion exercée par les eaux courantes. Telle eluse, dont les murailles opposées s'élèvent presque verticalement à quelques mètres de distance et à des centaines de mètres de hauteur, représente un déblai de roches dures d'au moins 500 millions de mètres eubes*. Néanmoins les eaux ont parfaitement régularisé la pente du fond, qui est en moyenne d'un mètre seulement sur quarante, C'est là une rampe des plus faciles à gravir, néanmoins il est plusieurs de ces défilés où l’on ne peut s'engager pendant des mois à cause de l'eau qui en remplit le fond et tournoie dans les vasques; chaque année, les sentiers sont à tracer de nouveau à travers * Arnaud d'Abhadie, Douze ans dans la haute Éthiopie.

# Blanford, Observations on Geology and Zoology of Abyssinia; — Saint-Clair Wilkins, Recon noilring in Abyssinia.

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Dessin de E, Cicéri, d'après un croquis de G, Lejean.

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nie, m'avait peut-être pas été utilisée par une force militaire depuis le temps des Grecs, L'Éthiopie se trouve ainsi divisée par les cluses en une multitude de domaines naturellement distinets; au lieu de faciliter les communications comme dans les pays de plaines, les rivières de l'Abyssinie sont autant de fossés difficiles à franchir et souvent même elles séparent complètement deux provinces limitrophes pendant des semaines et des mois, Une par son isolement au milieu des peuples qui assiègent la base de ses montagnes, l'Éthiopie est très diverse à l'intérieur par les découpures de son plateau : son indépendance à l'égard des peuples étrangers et ses invessantes guerres civiles se trouvent ainsi expliquées : la géographie s'accorde avec les traits généraux de l'histoire,

Au point de vue géologique, la ressemblance est fort grande entre Îles massifs éthiopiens et ceux de l'Arabie qui se dressent en face. Les formalions rocheuses sont les mêmes, et par suite les montagnes ont à peu près mêmes contours, même aspect général, presque la même végétation, et ceux des habitants qui sur les deux plateaux avaient une origine commune se développèrent dans un milieu presque identique. L'arète de tout le pla- Lean éthiopien, encore désignée dans quelques anciennes cartes sous le nom de Spina Mundi, est formée par le rebord oriental des monts qui dominent les basses terres, riveraines de la mer Rouge. Sur une longueur d'environ 1000 kilomètres, ce rebord, montagne par un versant, plaine doucement inclinée par l’autre, se continue du nord au sud, s'écartant à peine de la direction du méridien, À l'occident de ce faite, qui est en même temps k ligne de partage des eaux, l'ensemble des plateaux s’abaisse graduellement vers le Nil, suivant la pente que marquent d’une manière bien autrement Visoureuse les koualla dans lesquelles s'épanchent les eaux du Märcb, du Takkazé, du Bechilo, de P'Abaï, de la Djemma et de leurs affluents. Sur le versant oriental, les escarpements des monts sont entaillés de distance en distance par les vallées profondes de ouàdi qui naissent sur le plateau, ouvrant ainsi des portes d'accès vers l'intérieur de l'Éthiopie, mais une seule rivière l'Aouach, naît à une grande distance à l’ouest de la chaine : li vallée de ce cours d’eau décrit un demi-cerele régulier au sud des monägnes de Choa, constituant ainsi une limite naturelle entre le pays des Abyssins et celui des Galla méridionaux.

Dans sa partie septentrionale, l'axe montagneux n'a qu'une faible larsur, 100 kilomètres à peine avec les contreforts et les chaînons latéraux. Ses premiers renflements dominent au sud la plaine de Tôkar, où la

rivière Barka se perd dans un delta marécageux; se dressant par de brus ques ressauts, il forme un massif escarpé dominant la côte, ici découpée en baies, ailleurs hérissée de péninsules ; les âpres sommets ne laissent à leur base qu'un étroit passage obstrué de rochers, interrompu par des ouàdi, semé de fondrières : ce seraient les Thermopyles de l'Éthiopie pour une armée qui chercherait à gagner par ce côté la région des montagnes, lus au sud, la mer s'éloigne des monts et une lisière de terres basses, connue,

N° 87, = CONTREFONTS SEPTENTRMONAUX DE L'ÉTIHIOPIE.

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D'après Munzinger Profondeurs

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comme en Algérie, sous le nom de Sahel, s'étend, sur une largeur moyenne d'environ 20 kilomètres, à la base des escarpements de gneiss, de granit et de schistes; quelques buttes d'éruption s'élèvent au pied des monts et sur le bord de la mer, et des coulées de‘lave alternent avee les sables, les argiles, les conglomérats de la zone aride. Au-dessus du Sahel l’arête des monts s'élève de 1000 à 1650 mètres. Les chaînes parallèles, désignées dans celle région sous le nom de rora, s'élargissent en quelques endroits de manière à former des plateaux, que l'abondance des pluies et la fertilité du sol pourraient transformer en un immense jardin, si une population d’agriculteurs y promenait la charrue, Ainsi le Rora Azgedé, dont la direction est parallèle à celle de la côte, s’unit par des faîtes secondaires au Ror

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