‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 82 sur 225 · MONTAGNES DE L'ÉTINOPIE SEPTENTRIONALE · texte numérisé non relu

MONTAGNES DE L'ÉTINOPIE SEPTENTRIONALE

Tsallim où « Mont-Noir » plus rapproché du littoral, et limite avec lui la haute plaine de Nakfa, d'une altitude d'environ 1500 mètres, qui épanche ses eaux dans un torrent tributaire de la mer Rouge : actuellement région solitaire n'ayant que des pâturages, le Nakfa, « la plus aimable contrée de l'Abyssinie », serait un pays propre à toutes les cultures, caliers, coton niers, mûriers, vignes et tabac‘, Quelques massifs de montagnes s'avancent en hauts promontoires à l'ouest du Rora Azgedé : tel est le groupe du Magar, — où Hagar Abeï Nedjrän, c'est-ü-dire « capitale du Nedjrân », — qui porta jadis un célèbre monastère, fréquenté par les pèlerins d'Aksoum à Jérusalem ; cette montagne, où l'on ne voit plus que des ruines, dépasse 2400 mètres, Plus au sud, un autre massif presque isolé domine à l'orient la vallée de l'Anseba : c'est le Debr-Abi où « Grand Mont », appelé aussi Tembellé, Monzinger, qui le premier décrivit ces montagnes nues, escarpéves, même inaccessibles au bétail, donna son nom à l'une des principales cimes, dont il évalua la hauteur à près de 2700 mètres.

Limité à l'ouest par la vallée du Barka, le faite montagneux, qui continue au sud le Rora Azgedé, est découpé par de nombreux cours d'eau qui vont grossir le courant de cette rivière, Les principaux deces affluents, notamment l'Anseba et le Barka lui-même, naissent à l'ouest de Massaouah, surun plateau de 1400 mètres d'altitude qui constitue l'angle nord-oriental de l'Éthiopie proprement dite. Sur ce socle se dressent, à 500 mètres plus haut, des montagnes auxquelles leur isolement, leurs parois escarpées, leurs dents de granit donnent un aspect superbe. Telle est la cime fameuse de Debra Ninà où « Mont Sinaï » qui s'élève à l'est de Keren, la capitale du pays des Bogos, Le sommet de cette montagne est une masse chaotique de blocs de toute grandeur que l'on dirait avoir été lancés par quelque éruption, mais qui ne doivent leur forme actuelle qu'à l'action lente des méléores, Reposant obliquement les uns sur les autres, ces blocs servent le voûtes à de nombreuses cavernes, que le travail de l'homme a régularisées en maints endroits et réunies en galeries : l’une même a été taillée en monastère et en église; un pèlerinage annuel y amène de toutes

les provinces de l'Ethiopie des milliers de pèlerins qui gitent sous les

rochers, Au sud de Keren s'élève une autre roche célèbre dans l'histoire religieuse de la contrée; c’est le Tsad Amba ou la « Forteresse Blanche ». La paroi de celte montagne se dresse presque verticalement d'environ 1200 mètres au-dessus de la vallée du Barka, et la cime aiguë offre à peine assez d'espace pour que des moines aient pu y construire les murs de leur

Werner Munzinger, Petermann's Miltheilungen, 1872, n° NI.

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couvent; quelques figues sauvages et le lait des chèvres qui brontent l'herbe rare entre les rochers, telle est, avec les offrandes rapportées par les frères quêteurs, la nourriture des religieux. L: couvent de la Forteresse Blanche n’est rattaché au plateau que par une arête vive, d'environ mille

pas de longueur, dont la courbe est celle d’une corde tendue entre les deux

rives d’un fleuve; vers le milieu de cette arête se tient en équilibre un grand bloc isolé où perchent les vautours. Quelques novices, pris de vertige, n'osant passer sur le périlleux sentier, on les introduit dans le couvent par un chemin caché du versant occidental, mais en leur faisant jurer qu'ils ne révèleront jamais l'endroit précis de cette entrée!

Dans l'Éthiopie proprement dite, qui commence par le plateau de Hamasen, le soele des hautes terres est à la fois plus large et plus élevé que dans le pays desBogos où Bilèn : l'altitude moyenne de la province dépasse 2000 mètres. Le Hamasen, de même que la plus grande partie des massifs éthiopiens, est recouvert de laves, trachytiques ou basaltiques, et celles-ci sont elles-mêmes revêtues d’une terre rouge où jaunâtre, contenant une forte proportion de fer, si bien qu’en maints endroits on n’a qu'à ramasser ce minerai superficiel pour le griller et obtenir un métal impur qui sert à la fabrication des instruments et des armes. On ne saurait douter que cette couche ocreuse, recouvrant de sa nappe uniforme les plateaux de l’Abyssinie, ne soit formée de laves en décomposition, comme ces puissants amas de latérite qui s'étendent sur le Dekkan et sur presque toute l'Inde méridionale, On rencontre en maints endroits des colonnades basaltiques partielle ment transformées en masses d'argile rougeâtre : le rouge est la couleur normale des roches éthiopiennes; même les veines de quartz sont fréquemment nuances de rose par l’oxyde de fer. D’après Heuglin, au meins une des bouches ignivomes d'où s'épanchèrent autrefois les laves du Hamasen serait parfaitement conservée, à peu près à moilié chemin entre Keren el Adoua, la capitale du Tigré. Le cratère, s'élevant d'environ 120 mètres audessus de la surface régulière du plateau, aurait toujours son gouffre lerminal et sa pyramide centrale de scories, comme s'il venait de s'éteindre à peine; mais, en suivant le même itinéraire, Rohlfs à vainement cherché ce volcan, Au sud, et sur le rebord oriental du plateau, sorte de ligne de partage, d'autres voleans isolés dressent leur cône régulier, Quelques-unes des cimes du Tigré méridional sont de véritables montagnes, non seulement par leur altitude totale, mais aussi par leur hauteur relative au-dessus des terres environnantes, Ainsi à l'est d’Adoua, le Semayata, reconnaissable à la

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fissure de la cime, s'élève à 3092 mètres, c'est-à-dire à plus de 1000

mètres que la ville blottie à ses pieds dans une dépression du plateau ; à l'est, vers le rebord extérieur des hautes terres, se montrent des cimes rivales du Semayata, et même le cône d'Aleqwua se dresse à l'altitude de 5575 mètres. À l’ouest, entre le Märeb et le Takkazè, le plateau s'abaisse graduellement et la hauteur relative des montagnes diminue en proportion.

le massif suprème de l'Ethiopie sepientrionale est séparé du Tigré

N° 58, — MONTAGNES DU SIMÈN.

RS. | Est de Greenwich

C Perron

au nord et à l’est par le koualla creusé dans les roches schisteuses, au fond duquel se déroule en demi-cercle le cours du Takkazë; au sud et à l'ouest, des affluents de cette grande rivière entaillent le plateau de mamire à isoler le Simên (Samên, Semèên, Semièn ou Semiené), c'est-à-dire le «Nord » ou « Pays Froid ». La hauteur moyenne de sc: bords dépasse 3000 mètres, tandis que les vallées environnantes, au sud celle du Balagas au nord celle du Takkazè, sont respectivement à 1500 et à 2000 mètres plus bas : aussi les eaux qui descendent des hauteurs neigeuses du Simên ont-elles un cours très rapide, interrompu en maints endroits par des cascades, Heuglin décrit une de ces chutes qui s'élance par un bond de x. 27

400 mètres de hauteur verticale et tombe dans un gouffre qui parait avoir été un cratère, en partie détruit par l'érosion. Le Simên, comme la plupart des autres fragments du plateau éthiopien proprement dit, se compose en entier de roches éruptlives, trachytes, basaltes, phonolithes, pierres ponces; mais les monts qui dressent leurs pentes ravées de neige sur le « Pays Froid » sont dépourvus de cratères. Récemment, on croyait que la cime la plus élevée du Simên était le Ras Dajan, qui dépasse probablement altitude de 4620 mètres, mais le premier rang appartient peut-être au Boushit ou à l'Abba-Yäred ‘; les dômes suprêmes de ces deux montagnes, rivales du Mont-Rose où du Mont-Blanc d'Europe, sont fréquemment rayés de neige et, d’après le témoignage des indigènes, des névés s’y maintiennent pendant toute l’année. Des deux voyageurs qui ont récemment gravi le Bouahit, plus de trente ans après l'escalade qu'en avait faite M. Antoine d’Abbadie le premier, M. Abargues de Sosten y vit des névés parsemés de débris*, tandis que M. Stecker les r'eha vainement; mais il trouva sur l'Abba Yàred de ces étendues d’eau eristallisée, qui, d'après lui, auraient été, non des névés, mais des champs de

grèlons maintenus à l’état solide par le froid de l'atmosphère; comme Bruce”, il nie l'existence en Abyssinie d': cette neige, que pourtant un si grand nombre de voyageurs ont vue de leurs yeux et touchée de leurs mains. D'ailleurs il est peu d’endroits où l'aspect des monts du Simên ait la majesté des grandes Alpes, leur hauteur relative n'étant que de cinq à huit cents mètres au-dessus du socle des plateaux. Mais des rebords des terrasses, qui en sont séparées par les profonds abîmes des koualla, ces montagnes, fantastiquement découpées en tours et en aiguilles, et présentant la succession de tous les elimats sur leurs flancs, apparaissent dans leur grandeur. Du pas de Lamalmon, sur la route de Gondar, le prodi-

gieux tableau se révèle tout à coup au détour d’un rocher, et les voyageurs

ne peuvent retenir un eri d’admiration à lavue de ces montagnes neigeuses dressant leurs pointes dans le ciel. Ine paraît pas que les indigènes ou les Européens ayant surmonté les escarpements du Simên se soient jamais plaints du « mal de montagnes » ; mais le froid y fait annuellement des

Altitude des montagnes du Simên, d'après les voyageurs : Abba Väred : 4578 mèt, (Rüppell) ; 4485 mèt (Ant. d'Abbadie): 4602 mèt. {Stecker), Bouahit : 4510 mèt, (Ant. d'Abbadie); 4529 mèt, (Stecker); 4917 mèt, (Abargues de Sosten), Ras Dajan : 4685 mèt. (d'Abbadie) ; 4620 mèt. (Lefebvre); 4450 mèt. (Schimper); 4631 mit. (Abargues de Sosten).

\sociacion española para la exploracion del Africa; Madrid, 5 déc, 1885.

5 Gerhard Roblfs, Ausland, 50 juin 1884.

Travels lo discover the Source of the Nile.

parait nme a dit, se phonoravées Récem- Dajan, Cr rang mes de Europe, gènes, yageurs scalade Sosten reha ristallimps de comme it un si e leurs Simèn que de rebords alla, ces présennt dans prodi- VALOUrS igeuses s ou les jamais ent des

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