C. Perron
son importance stratégique comme fort avancé dans le pays des Galla, que
traverse le plus court chemin vers le royaume de Choa, À la base orientale
des rochers de Magdala, dans une gorge, que dominent à Fest d'autres parois basaltiques, est le village de Tanta où Tenta, peuplé de marchands qui approvisionnaient la citadelle.
Les villes abyssines qui s'élèvent sur les plateaux coupés par les gorues Takkazè et de ses affluents sont pour la plupart, comme celles des versan du Nil Bleu, des cités d'origine militaire ou religieuse, Elles sont d'ailleu fort clairsemées, et quelques-unes d'entre elles, après avoir eu leur période
de prospérité, ont été abandonnées et lon y voit plus de ruines que
maisons habitées. La région li moins populeuse de ee versant est cel
dont les eaux s'écoulent à l’est dans le Takkazè entre le massif du Beshe-
meder l'Abyss du kou dans | Intehal mon ,
route d rot Thé mort de épars
l'etchag
une aul haute te au sud prètres
bâtie sui el l'on y ville san
d'arbres,
pérée, à peuplée ;
galeries presque de Laliba dans un | rOusCinen monolithe piliers, Éx époques, l être attril Éthiopie, qui évidèr la iégende
cols donne
A, que entale pa-
ds qui
OS du L'Sats Ileurs soc ue de
celle
Lou ies
MAGDALA, DOBARIK, LALIBALA. 267
meder et ceux du Simên, Peu de voyageurs ont parcouru cette province de l'Abyssinie, le Belessa, à cause du manque de ressources et de l'insalubrité du koualla qu'il faut traverser entre les divers fragments du plateau. Mais dans le Simên Jes villes principales de celle province montueuse, Intehatkab, la capitale, Faras-Saber et Dobarik, voisines du pas de Lamalmon, ont été fréquemment visitées, situées, comme elles sont, sur Ja route de Gondar à Massaouah par le Tigré, Dobarik est l'endroit où le roi Théodoros fit égorger de sang-froid 2000 individus pour venger la mort de ses deux favoris anglais, Bell et Plowden, Au nord de Simên sont épars les villages de Ta province de Waldebba, propriété personnelle de l'etchaghé et peuplée en grande partie de moines, Waldebba est une des krres saintes de l'Éthiopie.
A l'orient du Takkazë, non loin des « yeux » ou sources de cette rivière, une autre région sacrée est celle de Ealibala. La ville est située sur une haute terrasse basaltique, contrefort de la montagne d'Acheten, qui dresse au sud-est ses pentes boisées : sept proéminences du sol permettent aux prêtres de Lalibala de dire que leur eité est, comme Rome et Byzance, bâtie sur sept collines; comme Jérusalem elle a sa montagne des Oliviers, el l'on y voit des arbres aux troncs énormes, dont le plant fat apporté de la ville sainte, il y a plusieurs siècles : la ville et les églises sont entourées d'arbres, qui contribuent, avee le printemps perpétuel de cette région tempérée, à en faire un séjour délicieux. Pourtant Lalibala est très faiblement peuplée; d'anciennes constructions se confondent avee les rochers et des galeries souterraines ne conduisent plus à rien : la population se compose presque uniquement de prêtres, de moines et de leurs servants, Les églises de Lalibala sont les plus remarquables de l'Éthiopie, car chacune est taillée dans un bloc de basalte, avec autels, sculptures et colonnades ; malheureusement le temps à rongé la pierre en maints endroits, et du péristyle monolithe de lune des plus belles églises il ne reste plus que quatre piliers, Évidemment les constructions de Lalibala appartiennent à diverses époques, mais il paraît certain que la plupart de ces monuments doivent être attribués au roi dont la ville garde le nom, le « saint Louis » de Éthiopie, qui régnait au commencement du treizième sièele ‘; les ouvriers qui évidèrent dans le rocher les curieuses églises souterraines étaient, dit lt iégende, des chrétiens réfugiés de l'Égypte”. À lorient de Lalibala, divers
cols donnent passage à travers la chaîne berdière de l'Ethiopie dans le
© Rois, Petermann’s Mittheilungen, 1869, tome IX. © Lejoun, Voyage en Abyssinie.
268 NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE,
pays d’Angot et de Zeboùûl, contenant dans leurs vasques les lacs charmants, Ardibbo, Haïb, Achangi. Dans cette région, où les forêts alternent avec es pâturages, se trouvent quelques grands villages où les souverains d'Ethiopie ont souvent résidé, Un couvent, qui fut jadis le plus riche de F'\hye sinie, s'élève dans Pile ombragée du « Tonnerre », que baignent les caux du lac Haïk :; sur la rive de la terre ferme s'élève le village de Bebra- Mariam, habité surtout par les femmes des prêtres, qui n’ont pas le droit d'aller visiter leurs maris dans le monastère !. Au temps où Lefebvre visita la contrée, un seul hippopotame habitait les eaux du ae; les habitants le respectaient et priaient les voyageurs de ne pas le tuer, Plus bas, sur le versant de la mer Rouge, les grands marchés de Kobbo, de Goura, de Wal dia, fréquentés par Abyssins et Galla, sont désignés par Lefebvre comme de véritables villes.
Sokola, le chef-lieu de la province de Wag, est située à 2250 mètres d'altitude, au nord des grandes montagnes du Lasta, sur les deux bords de !a rivière Bilbis, sous-affluent du Takkazé par le Tsellari, Sokota est une ville commerçante, ainsi qu'en témoignait naguère sa colonie de mahométans, intermédiaires des échanges : les Agaou, qui constituent le fond de la population locale, sont trop dépourvus d'initiative pour s'occuper de trafic ou pour exploiter les couches de charbon du voisinage. Le marché de Nokota, qui dure deux ou trois jours par semaine, est surtout visité
par les chargeurs de sel, dont la denrée est la principale monnaie dii-
sionnaire de FEthiopie méridionale; dans le Tigré du nord, on se sert plu-
tôt de pièces de toile”. Les @nolé où monnaies de sel, taillées comme les pierres à aiguiser de Ta France, proviennent du lae salin d'Alalbed : chaque pièce pèse en moyenne un demi-kilogramme et sa valeur s'aceroit naturellement vers l'intérieur du pays en proportion de la distance, Tandis que les carriers danakil de La tribu des Tallal livrent pour un talari de Marie-Thérèse plus d'une centaine d'amolé, on les vend parfois sur les rives occidentales du lac Tana à un frane pièce : à Sokota, ils valaient environ 2 centimes lors du passage de MM. de Sarzee et Raffray en 1875; hui années plus tard, lorsque M. Rohlfs visita la contrée, leur valeur avait diminué des trois quarts; dès que les moyens de communication seront devenus plus faciles, ils perdront complètement leur prix conventionnel pour le troc et n'auront plus d'usage que pour Ta consommation; le pro-
verbe abyssin : « [mange du sel! > employé pour donner une idée de hi
1 Lefebvre, Voyage en Abyssinie; — Isenberg et Krapf, Journal of the Clurch Missior sonia and Egypt.
2 Ach, Ralfray, Abyssanie.
prodige nent 2 les ra chière l'ÉCOUX par de lion :
aval à Dans K a clé sieurs À ceux de Kan sroupe Ham o:
De A vanes, de la e Termbi ché de milieu criles | plaine s'enfuil de laqu isolée d tres in tres).
HUCUSCS {errass( vent cà conique ment bi breuses
lance d
expulsé
mants, vec les "Ethio- L'Abyse S AUX Debrae droit e Visi(A {ants le , sur le le Wal-
ne de
CS d'al- 1 de }a He ville métans, «| de la le trafic marché il visité ie diviert pluune les : chaque natureldis que alari de les rives CHYITON 19; huil hr avait 1 seront utionnel le pro-
ce de la
SOKOTA, ABBI-ADDI, ADOUA. 269
prodigalité d'un individu, n'aura plus de raison d'être. Les chargeurs prennent grand soin de protéger leurs bâtonnets salins contre l'humidité : ils les rangent parallèlement sur des bandes de cuir en forme de cartouchières qu'ils ploient sur le dos du mulet en couches superposées et qu'ils recouvrent de bâches. Récemment Sokota s'est très appauvrie ; dévastée par des fièvres épidémiques, elle à perdu les trois quarts de sa populaion : après avoir eu de quatre à cinq mille habitants en 1868, elle en avait au plus quinze cents en TSST, lors du deuxième passage de Rohlfs, Dans le voisinage de Sokota une église monolithe, comme celles de Falibala, a été taillée dans le granit : sa eryple renferme les corps momifiés de plusieurs souverains du pays’. Les routes sont bordées de dolmen pareils à ceux de la Bretagne”, Une des tribus agaou des environs porte le nom de Kam où Ham; c’est d'après elle que M. Antoine d’Abbadie désigne les groupes « hamitiques », dont les idiomes ressemblent à la langue des Ham où hamtenga”.
De Sokota aux contreforts du pays des Bogos une autre route de caravanes, qui passe à une centaine de kilomètres environ à l'ouest du rebord de la chaîne éthiopienne, traverse Abbi-Addi, le chef-lieu de a province de Tembien, puis Adoux, la capitale actuelle du Tigré, et le plas grand marché de l'Abyssinie après Gondar et Basso. Cette ville se trouve à peu près au milieu de la région des plateaux qui sépare les deux grandes courbes décrites par le Takkazë et le haut Mâreb : le ruisseau qui serpente dens la plaine nue mais fertile d'Adoua, PAssam, est un tributaire du Takkazë; il s'enfuit dans la direction du sud, tandis qu'au nord de la colline sur le flanc de laquelle est bâtie Ha ville (1950 mètres), s'élève la masse abrupte et isolée du mont Ghelota où Choloda (2725 mètres); à l'est, par-dessus d’autres cimes, se montre le sommet encore plus haut du Semayata (5090 mètres). Adoua n'a point aspect d'une capital; ses rues montantes et sinueuses sont bordées de maisonnelles en pierre, à toits de chaume et à terrasses d’ardoises ; de petites églises, entourées de leurs bosquets, s'élèvent à et là; au sommet de la colline une eathédrale, énorme case À toit conique de même forme que beaucoup d'habitations civiles, à éte récem-
ment bâtie par un architecte italien; dans les jardins croissent de nom-
breuses plantes exotiques importées d'Égypte et de Syrie, Aune petite is-
nee d'Adoua se voient les ruines de Fremona, le séminaire des Jésuites expulsés d'Abyssinie au dix-septième siècle : les débris du couvent sont \. Raffray, Abyssinie.
*U, Rohlfs, Moine Mission in Abessinien.
Ven de Saint-Martin, Année Géographique, ST2.
évités par les paysans, qui v voient la demeure des mauvais esprits, Pres de la ville, le prince Kassaï gagna a bataille qui fit de ui Fempecur actuel de l'Éthiopie.
Adou est l'héritière d'une cité qui fat le siège d'un empire d'Éthiopi s'étendant des bords du Nil au cap Guardafui, Aksoum déchue garde an moins son rang comme ville sainte et cité du couronnement, et les agi tifs y trouvent un asile plus respecté que celui de la plupart des convents; huit cents prêtres et des centaines d'enfants qui deviendront pritres à leur tour vivent dans les monastères, Aksoum, l'Akesemé des Ethio-
NS, — ADOUA ET ARSOUM,
us
SMÉ ES
piens, située à une vingtaine de kilomètres d'Adoua et à 500 mètres plus haut, est un ensemble de jardins et de bosquets ayant chacun sa maisonnette ou son église, et revètant de leur verdure touffue la pente d'un coteau : au delà, de sombres parois hasaltiques servent d'encadrement at gracieux tableau. D'après la tradition éthiopienne, Aksoum avait été fondée par Abraham ; un dignilaire de l'église, à peine inférieur en rang à l'etchaghé et à l’aboûna, prétend v garder les « tables de la loi » et Farche sante des Juifs rapportées de Jérusalem par Menelik, fils de Salomon et de la reine de Saba. Mais Aksoum a de réelles antiquités, que les habitants gardent avec un soin jaloux, Une stèle porte une inscription grecque", pres-
1G Rohlfs, Meine mission nach Abyssinien.
“oydnan np SpA 9 op smboro un saade p ‘aojéeg op ussag
AWOIL IT ATVLIAVI — °vAaoay
que 1l AUS, au roi vulgaire de ils
qu'il en se par le voy:
le monde
\ée de car par le tem
loire du «
Eduard Bi
4 Il \on Il
\RSOUM, 975