‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 125 sur 471 · BE · texte numérisé non relu

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sionomies des Hindous, des Baloutches, des Afghans qui se pressent sur les quais et aux abords des caravansérails. La ville de plaisance des Anglais, Clifon, s'élève à l'est de la baie, sur une péninsule coupée de falaises que viennent battre les flots du large. À une dizaine de kilomètres au nord, les sources thermales de Pir Mangho, que les prètres disent être un filet sou-

Commerce extérieur de Karatchi :

En 1844, première année de La domination anglaise. . . . . 3 054 000 francs. » 1864, pendant là guerre d'Amérique. . . . . . . . . 164 192 000 » » 1874, année normale. . . . . . + + +... + . . 87692 000 »

Honvement du port pour le commerce extérieur en 1875 : 480 000 tonneaux.

terrain de la Ravi, jaillissent entre des bouquets de dattiers, de la base d'une butte calcaire, où se trouve un vaste cratère d'effondrement!, et remplissent un étang sacré rempli de crocodiles que nourrissent religieusement des fakirs. Hermann de Sehlagintweit raconte que les sauriens, parfaitement apprivoisés, venaient à l'appel de leurs gardiens et parfois même étaient chevauchés par des artistes qui leur peignaient sur le crâne des images hiéroglyphiques et des sentences pieuses"; mais les officiers anglais, insoucieux du culte populaire, poursuivent les animaux à coups de pierre et de fusil”, Au delà des hauteurs qui dominent Pir Mangho s'étendent des plateaux déserts, où se voient quelques ruines. Jusqu'en plein Baloutchistan, diverses localités portent des noms hindous, qui témoignent du passage des missionnaires bouddhiques dans la contrée". En divers endroits de la frontière occidentale s'élèvent des stoupas, mais nulle par! anssi hautes que celles de la passe de Khaïber, A l'orient des terres alluviales de l'Indus, les trois États radjpoutes de la plaine, Bikaner, Djaïsalmir et Marwar, ont de vastes espaces sans agglomérations urbaines, et même dans une grande partie de leur étendue les villages manquent; sur des centaines de kilomètres carrés, on ne voit que

dunes, lèdes, salines ou broussailles, et le désert empiète graduellement

PUY (+ LR sur les terres cultivées. Dans ce pauvre pays, où les famines deviennent de

à 1e DE l'E plus en plus fréquentes, les gens se nourrissent souvent de pain d'écorce,

1 PE à ei de racines, de graines sauvages*. Le Marwar mérite bien son nom, qui si-

| Li Di Te : gnifie « Région de la Mort », et les deux autres États sont habités par une

TER population plus misérable encore; la plupart des villages n’ont d'autres

tai EE maisons que des cabanes, en forme de ruches d'abeilles, tressées en bran- Re Le chages d'arbustes”®.

LE Pourtant Bikaner, la capitale de l'État qui confine au Pandjab et à Baha-

ë & ; te £ walpour, est une ville considérable, et vue de loin, dressant ses murs et ses

” temples au sommet d'une colline, elle égale par la majesté de son aspeet les

| ss UE plus fières eités de l'Inde. Ses habitants sont renommés pour leur indus-

5 CE trie dans tout le Radjpoutana : ils seulptent les boiseries et les pierres des

Fr 7h maisons, fabriquent des tapis et des couvertures, taillent l'ivoire, préparent

4 E 4 DS des pâtisseries exquises. Djaïsalmir, bâtie en pierre jaune, qui de loin à

d'u Ü l'aspect du pisé, est aussi une cilé pittoresque, dominée par des palais à

* Buist, Transactions of the Geographical Society of Bombay, vol, X, 1552. # Reisen in Indien und Hochasien.

on 3 R. Burton, Sind Revisited.

“A. Cunningham, Ancient Geography of India.

5 George King, Proceedings of the Asiatic Society of Bengal, april 1869. CARE 4 6 Alex, Burnes, Journal of the Geographical Society, 1834.

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DIHODPOUR, PALLI, BHOUDJS, MANDAVI, 265

tourelleset des temples djaïna. Djhodpour, la capitale du Marwar, ressemble à Bikaner par sa position sur un coteau et le profil hardi de ses édifices : le fort qui commande la ville et qui renferme le palais du maha radjah, se dresse sur un bloc de grès à 240 mètres au-dessus de la plaine, À l'est, de nombreuses rivières, qui naissent sur les flancs occidentaux des monts Aravali et qui vont se réunir à la Louni ou se perdre dans le désert, arrosent le Godvar ou « jardin » du Marwar oriental et nourrissent une population con idérable, Plusieurs villes se sont élevées dans cette région, Nagar, Merta, Palli, Sodjat, Djallor. Avant la construction du chemin de fer qui rejoint Ahmedabad à Delhi par le plateau du Radjpoutana, Palli était le grand entrepôt des Marwari entre le Goudzerat et le bassin du Gange. Vaste champ de foire, elle x de larges rues, comme une cité russe bâtie dans la steppe, et devant chaque maison les lisserands travaillent en plein air à leurs métiers‘. Les chameaux que l'on vend à Palli sont renommés pour leur agilité et :ur force d'endurance : d'après Burton, il existerait quinze variétés de ces anirsaux dans le Sind et le Thar. Les bœufs du Marwar sont aussi fameux dans l'Inde ; en temps de disette, on les envoie, par centaines de milliers, pâturer sur les plateaux du Radjpoutana et du Malwa.

Le petit État médiatisé de Catch, dont la grande île et les ilots secondaires se dévelappent en forme de croissant au sud du Grand Rann, reçoit plus d'eau que les “oyaumes radjpoutes de la plaine, et grâce à sa végétation et aux facilités du cummeree, peut alimenter une population beaucoup plus considérable sur une même surface. Bhoudj, la capitale, qui porte encore le nom du dieu serpent auquel elle fut consacrée, est une cité fort riche en constructions anciennes, intéressantes pour les archéologues; mais elle le cède en importance à la ville de Mandvi ou Mandavi, située sur la côle méridionale, à l'entrée du golfe de Catch : c'est le port le plus animé de la côte, entre Karatchi et Bombay”. Ses marins, hindous et mahométans, possèdent plus de deux cents embarcations, jaugeant ensemble plus de 10 000 tonneaux, qu'ils savent diriger avec une singulière hardiesse entre les écueils et les banes qui parsèment le golfe; seuls les navires d'un tirant de moins de 5 mètres peuvent franchir la barre à marée haute. Mandavi trafique directement avec Zanzibar, d'où elle importe de l'ivoire et des peaux de rhinocéros; jadis ses pirates redoutés y prenaient aussi des esclaves. Les bateaux, presque tous dépourvus de pont, partent au commen-

‘A, Glardon, Mon voyage aux Indes orientales. * Mouvement du port de Mandavi en 1877 : 1069 bâtiments chargés à l'entrée, 2194 à la sortie.

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cement de aecembre et reviennent avec la mousson du sud-ouest; mais souvent ils trouvent une mer trop houleuse en entrant dans le golfe de Catch et sont obligés de se réfugier dans les criques de la côte opposée, sur le littoral de la péninsule de Kattyawar''

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