‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 131 sur 471 · MONTS ARAVALI, VINDHYA, APFLUENTS MÉRIDIONAUX DU GANGE · texte numérisé non relu

MONTS ARAVALI, VINDHYA, APFLUENTS MÉRIDIONAUX DU GANGE

RADIPOUTANA, ÉTATS DU MALWA, GWALIOR, BOUNDELKHAND ET BHAGELKMAND,

La plus grande partie de l'espace triangulaire compris entre la chaîne bordière des Aravali, le cours de la Djamna et la longue dépression où s'épanchent, d'un côté la Narbadabh, de l'autre la Sone, se compose d'États poliiques ayant encore une indépendance nominale, Situés en dehors des voies uistoriques de l'Inde, ces États du Medya desa ou de la « Terre dm Milieu » restèrent longtemps sans relations immédiates avec les eonquérants européens de la Péninsule, Les souverains de ce pays, défendus par de nombreux obstacles naturels, s'appuyaient sur de solides forteresses et leurs armées étaient les plus vaillantes, les mieux organisées de l'Hindoustan, celles que le souvenir des victoires avait animées de plus d'orgueil et dont les vétérans anglais eurent le plus de peine à triompher. La Compagnie des Indes, puis le gouvernement anglo-britannique ne pouvaient done procéder à l'annexion de ces contrées par des moyens aussi scmmaires que pour les régions de la plaine. Les apparences de l'autonomie ont été sauvegardées; mais des résidents anglais gouvernent au nom des radjahs, dont plusieurs sont des mineurs ou des femmes, et le pays tout entier a été divisé en « agences » dont l’organisation administrative correspond à celle des futures provinces. D'ailleurs il est peu de territoires hindous où la division des vaincus assure mieux le règne des vainqueurs. Le Radjpoutana et les régions orientales du plateau que les Anglais désignent sous le nom d’ « Agence de l’Inde Centrale », se partagent en plus de quatre-vingts États, eux-mêmes divisés en enclaves et exclaves : c’est à une époque toute récente que le gouvernement anglais a permis aux radjahs de donner plus de cohésion à leurs domaines en échangeant les fiefs éloignés contre des terres plus rapprochées de leurs capitales respectives. Tout en laissant aux princes radjpoutes ou mahrattes la possession de leurs trônes, ainsi qu'une forte part de leurs revenus, les maîtres britanniques ont pris soin de s’attribuer en toute propriété une bande de territoire qui traverse entièrement la région des plateaux, de la plaine gangétique à la vallée de la Narbadah; maintenant, deux lignes de chemins de fer, dont l’une située

k ( (HEURE ‘à ; : sr fi 230 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

71 #41 ; presque en entier sur le sol des provinces anglo-indiennes, unissent dire. le "vo (+ tement Bombay aux villes de la Djamna et du Gange, par-dessus les j de pl JM hautes terres du Radjpoutana et du Malwa. L'union politique et commer- , quelq NU | 2 h ciale des États du plateau avec l'empire anglo-indien est done eonsom- Lars HE FRS mée ; cependant les populations de ces contrées ont conservé leur physio- ns TRE au-des

nomie originale parmi les habitants de l'Inde. De même que le pays, si al ue k ; . \ . J'ai nettement limité au point de vue géographique, elles ont un caractère dis- Ê

tinct. Dans l'histoire générale de la Péninsule, leur influence à toujours indiqu LH été considérable, quoique leur importance numérique reste très inférieure 1 és ct BRU à celle des foules qui se pressent dans les plaines; égalant en étendue sil É 1 pau 4, 4 les quatre cinquièmes de la France, les hautes terres de Malwa sont deux yann ET (a 4}: fois moins peuplées ; elles semblent presque désertes, relativement aux RO 5 k à campagnes de l'Aoudh et du Bengale" les di ik ; 4 et Du côté de l'occident, la borne terminale du plateau est le massif presque a ul LB ANI insulaire du mont Abou, dominant de ses roches de granit les plaines basses PERS a Lei Me du Goudzerat et du Marwar; même à l'ouest, la profonde vallée du Banas Quelq rl k sépare le mont Abou de la rangée des Aravali. La partie supérieure du use ; massif est assez vaste pour former un plateau accidenté de collines riantes ras e et de vallées gracieuses : grâce aux nuages pluvieux qu’arrêtent au passage dune 13 HER Ta les pentes supérieures de la montagne, une riche végétation a pu se déve- Va d $ 4 À lopper sur ces hautes croupes, oasis entourée de vallées et d’escarpements riches ae a f. arides. Un lac, le Nakhi-tal, parsemé d'îles boisées et désigné sous le aurais Ur ; Le nom de « lac de la Pierre Précieuse », occupe l’une des cavités du plateau : pendai EUR vi jadis peine de mort était prononcée contre le profane qui tirait sur les IR 1 nr pu oiseaux volant en nuées au-dessus du bassin. La beauté des sites, l’isole- élevé, 14 ment majestueux du mont Abou en ont fait un des lieux sacrés de l'Inde, Ajuee et son ancien nom, Ar Bouddha, rappelle le sage ou plutôt le dieu qu'on de me y vénérait?. La pureté de l’air qu’on respire dans le village du mont Abou dans : ET lui a valu d’être la capitale anglaise de toute la contrée du Radjpou- cube f: 15 Rss tana. homm RE La chaine bordière des Aravali ou « Monts de la Force » commence dans ce sel HE les pr FETES è t Radjpoutana oriental, plateau de Malwa et monts de Kaïmour : distric me. PA PRE Population en 1881 Popul. kilomét. vail se UE j Radjpoutana oriental . . . , 196 850 6 870 000 hab. 35 hab. lance 114 ANR Agence de l'Inde Centrale , . 195 850 9201000 » AT » ARE (RU MD nc cu 6 892 453000 » 65 » l'intér ‘ Division de Djhansi. . . . 15125 1000000 » 75 » le sol District de Sagar et de Damoh 17 622 800 000 » 45 » ME 10 Ensemble, , . . 428 517 18324000 hah. 42 hab, à Toi

M «T. * Carl Ritter, Asien.

MONT ABOU, ARAVALI. 98i

le voisinage de l'Abou et se dirige vers le nord-est sur un espace de plus de 500 kilomèires; encore dans les campagnes de la Djamna, quelques éminences indiquent le prolongement de la saillie rocheuse. Le versant occidental des Aravali domine de 500 à 1000 mètres les plaines du Marwar, tandis que l’autre versant s'élève à peine de 250 mètres en moyenne au-dessus du plateau et même en beaucoup d’endroits se confond avec lui. D'ailleurs le caractère de chaîne se perd çà et là; les arêtes sont à peine indiquées ou bien forment un dédale de roches parallèles, entre lesquelles il est impossible de reconnaître une crête principale indiquant l'axe du système. Composés presque en entier de formations anciennes, gneiss, syénites, ardoises, les Aravali sont presque partout dépourvus de végétation; ils n'ont pas même de brousses sur leurs pentes; de loin, on les diraii couverts de neige, et le soir ils semblent flamboyer sous les rayons du soleil couchant; des assises de quartz d’une teinte légèrement rosée produisent le même effet d'illumination que les glaciers des Alpes'. Quelques charmantes oasis de verdure occujent des vallées ï termédiaires tournées vers les vents pluvieux, mais d’autres dépressions sont emplies de sable ou d’eau saline. C'est ainsi que le lac de Sambhar, ainsi nommé d’une déesse dont la statue se dresse sur un îlot, aceupe le fond d’une cavité des Aravali du nord, formés en cet endroit de roches permiennes riches en sel. D’après les voyageurs des premières années du siècle, le lac aurait eu à cette époque 60 kilomètres de long et 16 kilomètres de large pendant la saison des pluies; beaucoup moindre de nos jours, il a au plus la moitié de son ancienne étendue lorsqu'il atteint son niveau le plus élevé, et dépasse à peine { mètre de profondeur. Après les pluies, en août ou septembre, la surface du lac, dont la densité est alors celle de l'eau de mer, s’abaisse graduellement, et vers le mois de juin il ne reste guère dans le bassin qu'un lit de vase et une épaisse croûte de sel, diversement colorée par les algues en bleu, en rouge ou en blanc. Les travailleurs, hommes et femmes, de la caste des Barrar, détachent des rondelles de ce sel impur, qui s’exportent au loin dans le Pandjab, le Radjpoutana, les provinces de l'Inde centrale; suivant les usages traditionnels, chaque district se fournit d’une variété particulière du sel de Sambhar. Le travail se fait au compte de souverains radjpoutes, mais sous la haute surveillance du gouvernement anglais, qui parfois a défendu l'exploitation dans l'intérêt de son monopole. Sur le plateau, qui s'étend à l’est des Aravali, le sol inégal est en quelques endroits parsemé de lacs d’eau douce, mais

t Tod, Annals of Rajasthan.

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