‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 142 sur 471 · RENE ET · texte numérisé non relu

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des autres par le style : la ligne d'horizon est rompue par des centaines de coupoles, de chatryas, de flèches, de clochetons, de dômes à bulbe comine ceux des églises russes!

Des monuments plus anciens que ceux de Gwalior attirent les voyageurs dans la haute vallée de la Betwa. Là se trouvent les restes de l'architecture bouddhique les plus complets et les plus curieux de l'Inde, et quelques-uns dépassent même pour le fini des sculptures tout ce qu'ont fait à d'autres époques les artistes de la Péninsule. Entre les deux villes de Bhopal et de Bhilsa, célèbre par ses champs de tabac, s'étend une région presque inhabitée où se groupent par massifs distincts une soixantaine de stoupas bouddhiques, découvertes, pour ainsi dire, en 1822, par des voyageurs anglais. Ces hauts monticules artificiels, auxquels on donne généralement le nom de Bhilsa topes, n'étaient certainement point les plus grands qu'eussent élevés les bouddhistes, car l’histoire en mentionne plusieurs dont les dimensions étaient autrement considérables; mais les monuments grandioses qui se trouvaient dans les plaines ou sur les chemins de conquête n’ont pu éviter la destruction; les pierres et les briques de ces stoupas servirent à élever des temples hindous ou des mosquées musulmanes, tandis que les tombelles de Bhilsa, situées en dehors des voies historiques, au milieu des populations sauvages, restèrent pendant des siècles protégées par la jongle*. La principale stoupa est celle de Santchi : c’est un dôme hémisphérique de plus de 100 mètres de tour, çà et là coupé de lézardes dans lesquelles les arbrisseaux ont inséré leurs racines; un cordon circulaire permettait jadis aux fidèles de faire processionnellement le tour de l'édifice et de le décorer de fleurs. Des piliers richement sculptés se sont écroulés sur les terrasses extérieures, mais il reste encore une grande partie de la clôture en pierre qui formait l'enceinte sacrée. Deux des porches d'entrée sont encore debout et l’un d’eux, presque entièrement conservé, déploie la série merveilleuse de ses sculptures représentant des éléphants, des lions, des chimères, des dieux et des emblèmes divins, et surtout de précieux documents hisloriques, des cérémonies religieuses et civiles, des scènes de mœurs locales, toute la vie populaire de l'Hindoustan bouddhique, il ÿ a plus de deux mille années. Les porches de Santchi, imités évidemment d’anciens portails construits en poutres équarries, se retrouvent sous une forme à peine modifiée en Chine et principalement au Nippon : ce sont des toriyi, semblables à ceux qui se trouvent à l’entréc des temples de Naïtsi; sans

1 L. Rousselet, L'Inde des Rajahs.

* Fergusson, istory of Indian and Eastern Arclalscturc.

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les monuments de Bhilsa, on aurait été tenté de donner aux toriyi japonais une origine locale ou polynésienne, Parmi les nombreuses antiquités du pays de Bhilsa, il en est aussi qui se rapportent à d'autres religions que celle de Bouddha : telles sont les grottes sculptées d'Oudghiri.

À lorient de la Betwa, dans le triangle formé par le Gange et la Sone, beaucoup d'autres chefs-lieux de districts anglais ou capitales de petits États ont de l'importance par leurs produits où leur commerce, ou possèdent quelques-uns de ces beaux édifices qui, dans tout autre pays moins riche en monuments superbes, suffiraient à la gloire d'une cité. Sagar, l'une des grandes stations militaires des Provinces Centrales, a ses temples et les vingt tours de sa forteresse se reflétant dans l'eau d’un lac, Tchatarpour groupe ses maisons, ses papeteries, ses fabriques de couteaux autour des ruines d’un palais. Kadjraha, cité déchue qui fut l’une des plus puissantes de l'Inde, dresse encore dix-huit temples en grès jaune, parfaitement conservés, qui sont des merveilles de sculpture‘. Naogaon (Nowgong), le cantonnement militaire du Boundelkhand, a pris rang parmi les cités commerçantes ; Rewah possède des gisements de charbon; Pannah et plusieurs des villes de la contrée” exploitent des bancs de cailloux diamantifères situés pour la plupart à plusieurs mètres au-dessous du sol : la valeur des diamants que les mineurs envoient chaque année aux bijoutiers d'Allahabad et de Bénarès est d'environ 1500 000 francs. À l'ouest de Rewah, près du chemin de fer d'Allahabad à Djabalpour, MM. Cunningham et Beglar ont découvert en 1872 les restes de la stoupa bouddhique de Bharahout, dont la balustrade est couverte de figures représentant des traits de la vie de Bouddha et des scènes de mœurs; presque chaque pierre a son inscription, Parmi les monuments de l'Inde ancienne, il n’en est pas qui soient plus utiles pour reconstituer l’histoire des premiers âges bouddhiques *.

1 L. Rousselet, L'Inde des Rajahs # Villes principales du plateau compris entre les Aravali, le Gange, la Narhadah ot la Sone :

RADJPOUTANA. Dhatiya . . . . . . . . . A0 000 hab. Djaïpour , . . . . . . . . . 157850hab. | Djhansi, . , , « , . , . . 30000 » Bhartpour . . . . . . . . . 61400 » Bhilwara . . . . . . . . . . 15000 » Alwar , 4 +, 0 , . « + 02350 » Rewah. . . . ,. . . . . . . 10000 » Oudaïpour. . . . . . . . . . 40000 » VILLES ANGLAISES Digne en se ste 201000! » Sagar, en 1872 , , . . . . . 45650 » ÉTATS DU MALWA ET DU BOUNDELKHAND, Adjmir, en 1876, . . . . . . 31150

Gwalior, . . . . . , . . . . 200000 » Nasirabad » , , . . , . . 20100 » 5 Ball, The Diamonds, Coal and Gold of India. 4 Reports of the Surveys in India for 1872-1873.

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