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lança dans les flots de la Djamna; le remous des eaux qui viennent se heurter contre la berge serait causé par les oscillations de la queue du monstre!, Un des temples de Brindaban, récemment construit par des banquiers djaïna, a coûté plus de six millions de francs; une autre pagode, de la fin du seizième siècle, est un des rares monuments de la Péninsule où se voie l'union des piliers hindous, des arcades persanes et de la voûte ogivale. Toutes les campagnes qui entourent Mouttra et Brindaban sont livrées par la piété publique aux déprédations des animaux : les singes, les éeureuils, les paons, les perroquets, les oiseaux sauvages, sont des hôtes incommodes contre lesquels les gens du pays ont à défendre respectueusement leurs provisions.
Agra où Akbarabad, qui s'élève à 90 kilomètres au sud-est de Mouttra, au bord d'un méandre de la Djamna, n'est pas une antique cité; elle n'a guère que trois siècles d'existence; mais choisie comme résidence par Baber, et devenue sous Akbar la capitale de l'empire des Grands-Mongols, elle atlira bientôt la foule des habitants, et malgré les désastres qui la frappèrent depuis la période de sa splendeur, elle est encore, après Delhi, la première cité dans le bassin supérieur du Gange. Quelques vestiges d'une ville antérieure à Baber se voient sur la rive orientale de la Djamna, et l'enceinte actuelle est entourée de vastes espaces inhabités, où des amas de décombres et des fragments de murailles témoignent de l'ancienne importance d'Agra. La ville actuelle, de moitié moindre qu'aux temps d’Akbar, mais flanquée au sud de la cité militaire des « cantonnements », à du moins gardé la plupart des beaux édifices qui en font la perle de l'Hindoustan. Le fort, qui s'élève au bord du fleuve, dresse à plus de 20 mètres de hauteur ses murailles de grès rouge, dominées de tours aux ornements de marbre blanc; dans son enceinte de 2400 mètres, 1l renferme encore, à côté du palais dont les Anglais ont fait des casernes, maint édifice ayant gardé sa pureté de style, l'éclat de ses marbres, l'élégance de ses arabesques. En face de l'entrée du fort, la Djamma Masdjid ou « Mosquée Majeure », élève ses trois nefs majestueuses sur une haute terrasse, landis que, dans l’intérieur de l'enceinte, un autre temple, la Mosquée des Perles, termine la série des palais; entièrement construit en marbre blane, à la fois simple de proportions et achevé de formes jusque dans les derniers détails, l'édifice est de moyenne grandeur, mais il n'en est pas moins l’un des plus imposants de l'Inde par la solennelle harmonie de ses nefs et l'essor de ses voûtes. En dehors d’Agra, quelques tombes impériales sont aussi parmi les monu-
4 Al, Cunningham, Ancient Geography of India,
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BRINDABAN, AGRA, 47
ments grandioses de l'Inde : au nord, près de Kecoundra, le tombeau d'Akbar, entouré de minarets, de kiosques, d'avenues d'arbres, est à Tai seul un vaste palais, bâti en grès rouge comme presque tous les édifices de cette époque, et magnifiquement orné de marbres sculptés avec une exquise délicatesse; mais la merveille d'Agra, l'un des joyaux de l'art dans le monde entier, est, au sud-est de la cité, l'admirable Tadj mahal, le tombeau que Chah Djahan fit élever à sa femme Ardjaman Benou, plus connue par l'épi-
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