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semble rayonner d'un éclat surnaturel, À l'harmonie des lignes il joint la richesse de l'œuvre; des marbres incrustés, des cordons et des entrelacs de pierres fines en brodent la surface; toutefois une grande partie de ces objets de prix a disparu, en même temps que ses portes d'argent ciselé, ravies par les conquérants mahrattes. Récemment, une erue de la Djamna menaça d'emporter l'édifice : il fallut en toute hâte consolider la berge sur laquelle S'appuie la terrasse du monument. Les industries princi ales des artisans d'Agra sont encore celles qui leur furent enseignées lors de la construction du Tadj mahal, l'inerustation des marbres, le sertissage des pierres précieuses, la taille des mosaïques : l'ouvrier bordelais Austin est le grand artiste, inconnu dans sa patrie, qui forma l'école des mosaïstes d'Agra; les indigènes lui avaient donné le surnom de Nadir el Asour ou « Prodige du Siècle ».
A 59 kilomètres vers l'ouest, s'élève une autre cité qui fut rivale d'Agra et dont Akbar fit même pendant quelques années la capitale de son empire : c'est Fatehpour, la « ville de la Victoire », située à l'extrémité d'une arète de grès rouge, qui fournit les matériaux pour la construction des édifices. Les restes de la ville ou plutôt les deux villages de Fatehpour et de Sikri sont comme perdus dans l'enceinte, vaste eerele de 8 kilomètres de tour, mais la plupart des monuments élevés par Akbar et Djehanghir existent encore dans un état de conservation presque parfait. Le palais impérial, la tombe de Selim, ermite dont la sainteté valut à Fatehpour les faveurs d'Akbar, le Pandj mahal, sorte de pyramide que forment cinq colonnades superposées, le porche des éléphants, le minaret des antilopes, le palais des femmes, où l'on croit reconnaitre un édifice habité jadis par une des épouses d'Akbar, la portugaise Marie, tous ces édifices ont gardé les détails les plus fins de leurs sculptures et de leurs marbres découpés à jour.
En aval d'Agra, quelques villes populeuses se succèdent au bord de la Djamna, Etawah, Kalpi, Hamirpour, Radjapour, et des cités jadis imporlantes comme capitales d'État, telles que Djalaon et Banda, s'élèvent dans le voisinage de la vallée fluviale, sur les confins du plateau de Bhoundelkhand; mais les changements politiques et surtout la révolution commerciale amenée par les chemins de fer ont déplacé le mouvement du trafic de la Djamna vers le Gange. Banda, qui fut jadis le grand entrepôt des cotons du Bhoundelkhand, est une ville déchue; elle a été privée de son commerce par le port de Radjapour, qui, à son tour, est remplacé comme lieu d’expédition par les stations du chemin de fer d'Allahabad à Kanpore.
Les plaines fertiles du Rohilkhand qui s'étendent au sud des montagnes du Kamaon, entre le cours du Gange et celui de la Gogr'a, sont couvertes de
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villes, toutes entourées de hois de manguiers, de bouquets de bambous, toutes dominées par d'anciens forts dont on attribue la construction aux Bhar, les anciens dominateurs du pays, et que rebâtirent les Afghans ou Pathans Rohillas, c'est-à-dire « Montagnards ». La plus populeuse de ces villes, Bareli (Bareilly), est une cité relativement moderne, puisqu'elle a été fondée vers le milieu du seizième siècle. D'abord simple poste militaire, elle a conservé son caractère essentiellement stratégique, et son fort, « ses cantonnements » sont les seules curiosités que Bareli puisse opposer aux palais des cités de la Djamna. Les autres grandes villes du Rohilkhand, Nadjibabad, Nagina, Bidjnor, Amroha, Moradabad, Sambhal, Tehandaousi, Boudaou, Sahaswan, Pilibhit, ressemblent presque toutes à Bareli par l'uniformité de leur construction; ce sont de simples agglomérations urbaines, qui se sont rapidement agrandies, grâce à l'accroissement des cultures dans celle partie du bassin gangétique. Les plantations de sucre surtout ont donné une grande importance commerciale à Moradabad et à Tehandaousi ; Nadjibabad, voisine des montagnes, expédie des bois de construction. Au milieu de toutes ces villes anglo-indiennes, la cité de Rampour, capitale d'un État indépendant de nom, garde une certaine originalité; ses artisans tissent des châles et des damas très appréciés dans l'Inde.
Chahdjahanpour, la principale station et la ville la plus populeuse entre Bareli et Laknau, n'est guère, comme les autres cités du Rohilkhand, qu'un centre de commerce et de travail, mais c’est l'une de celles qui ont le plus rapidement grandi; elle s'est enrichie surtout aux dépens de sa voisine Farroukhabad, assise au bord du Gange et jouissant naguère du monopole des expéditions, par le fleuve, délaissé maintenant pour le chemin de fer. Farroukhabad peut être considérée comme ne formant qu’une seule ville avec la cité militaire anglaise de Fatehgarh, complétée par un fort qui commande le passage du Gange et où le gouvernement possède une fabrique d'affûts et des manufactures de tentes. À l’ouest de Farroukhabad, Maïnpouri, sur la route d'Agra, est aussi une ville d'importance, mais Kanodj, la cité qui fut jadis la plus célèbre de la contrée, et qui même pendant près de six eents ans, jusqu'à la fin du troisième siècle de l'ère ancienne, fut la capitale du plus puissant royaume aryen de l'Inde, est une ville déchue. En 1016, lorsque Mahmoud le Ghaznévide vint mettre le siège devant ses murs, elle « dressait sa tête jusqu'aux cieux » et n'avait point d'égale &n force et en solidité. La citadelle, qui renferme toute la ville moderne, parait en effet avoir été l'une des plus puissantes de l'Inde, mais elle a perdu toute importance depuis que le Gange s’est détourné de 7 kilomètres vers l'ouest, laissant Kanodj au bord d'une faible rivière, la Kali naddi, appelée aussi
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