‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 168 sur 471 · ET · texte numérisé non relu

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Samoudragoupta, et l'accession au trône du Grand-Mongol Djehanghir. Près de ee pilier se trouve l'entrée d'un temple que les alluvions fluviales et les décombres ont changé en catacombes : c'est là, disent les Hindous, que la Sarasvali termine son cours mystérieux pour s'unir aux deux autres fleuves sacrés, Gange et Djamna; l'humidité qui rampe sur les murailles est, d'après eux, l'eau de la rivière qui s'est engouffrée près de Thanesar. Dans un coin de la cour du temple souterrain se voient les restes d'un tronc de banian, l'arbre « incorruptible » dans les branches duquel

N° 79. — ALLANARAD,

vivait un démon mangeur d'hommes; les pèlerins venaient se tuer par centaines pour satisfaire la faim du monstre; des amas d’ossements couvraient le sol’. Du temps d'Akbar, le Gange ayant rongé sa berge jusqu’au pied de l'arbre sacré, les martyrs se jetaient de ses branches dans l'eau du fleuve’. Actuellement Allahabad, quoique l’une des villes saintes de l'Hindoustan, a certainement perdu de son prestige aux yeux des Hindous, sans doute parce que des canons se montrent dans les embrasures du for! au-dessus des rives du Gange et de la Djamna; les pèlerins et les marchands accourent à la foire d’Allahabad au commencement de l'année en

‘ Hiouen-thsang, Mémoires sur les contrées occidentales, traduits par Stansskes Julia. * Elliot. Muhammadan Historians of India ; — À. Cunningham, Ancient History of India.

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ALLAHABAD, MIRZAPOUR, TCHANAR. 307

moins grand nombre qu'à celle d'Adjodyah. Cependant on a vu jusqu'à 250 000 personnes camper à la fois dans la plaine qui borde la rive droite du Gange en amont du confluent; c'est lors de la pleine lune que la plupart des visiteurs se plongent dans les eaux du fleuve sous la surveillanes d'une classe spéciale de brahmanes; il est dans l'Inde peu de spectacles aussi curieux que celui de cette foule en désordre dont les groupes changeants troublent de mille remous le courant majestueux du Gange.

l# mème que toutes les villes administratives de l'empire anglo-indien, Allahabad se divise en deux cités, celle des casernes, des villas, des pares et des jardins, où se sont établis les maîtres, et les quartiers hindous, bien séparés de ceux qu'habite la caste des conquérants étrangers. C'est dans l'Allahabad anglaise, située près du fort et voisine du Gange, que se trouve le collège Central, établissement d'instruction supérieure récemment établi pour toutes les provinces du « Nord-Ouest ». La ville hindoue n'est guère qu'un dédale de rues étroites serpentant entre des maisons basses qui se pressent au bord de la Djamna; cependant quelques beaux quartiers modernes y ont été construits par des marchands. Un pont de fer de plus de 1000 mètres de longueur franchit la Djamna en amont de la ville, mais le Gange ne porte encore que des ponts de bateaux. Depuis l'établissement du chemin de fer dans la plaine du Gange, les bateaux à vapeur ont cessé leur trafie entre Allahabad et Calcutta.

En aval, la première grande ville que baignent les eaux du fleuve est Mirzapour; elle se présente superbement sur la berge méridionale, avec ses beaux escaliers descendant jusqu'au flot, ses temples surmontés de dômes et de tourelles, ses palais richement décorés de sculptures. Mirzapour est encore très commerçante, mais elle a beaucoup perdu depuis l'ouverture du chemin de fer. Avant cette époque, elle était le premier marché de l'Inde pour les grains et le coton; mais, simple station de passage, elle est maintenant remplacée comme entrepôt de commerce par Allahabad, Kanpore, Delhi. Toutefois son industrie n'a pas cessé d'être active; ses ouvriers fabriquent des objets en cuivre, des tapis, des étoffes diverses, des laques : c'est là que sont travaillées les cires du coccus lacca, qui lui sont envoyées des montagnes de Radjmahal et de Tehota Nagpore par la station de Baïdyanath. Ses maisons, de même que celles de Bénarès, sont construites en excellentes pierres de grès, que fournissent les carrières de Tchanar, situées en aval au bord du Gange. C’est en ce lieu, célèbre dans la mythologie hindoue, que se dresse le rocher dont le fleuve sacré efleure la base et où les pèlerins contemplent l'empreinte laissée par le pied d’un dieu. Ce promontoire, dernière saillie du plateau des Vindhya, porte une ci-

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tadelle fameuse dont les Anglais ont fait une bastille pour les prisonnier. d'État,

Bénarès ou Kasi, l'antique Varanasi, est la métropole des religions brahmaniques, la ville sainte parmi les saintes, celle qu'il suffit de voir pour être allégé d'un lourd fardeau de péches où de erimes: € quelquefois les saints redescendent du ciel sur la terre pour achever leur purification, et d'ordinaire c'est Kasi qu'ils ehorsissent* +. Dès les premiers temps de l'his- Loire aryenne dans la contrée, Bénarës apparait comme une cité de saneluaires, Chakya-mouni vint y précher sa doctrine et, pendant huit cents années, elle fut par excellence le heu sacré des bouddhistes. Puis lus brahmanes y rebâtirent leurs pagodes, qu'abattirent ensuite les mahométans pour édilier leurs mosquées. Maintenant plus de dix-sept cent temples, mosquées et moindres sanctuaires, sans compter les autels et les reposoirs, les statues et les images saintes des places et des rues, s'élèvent dans toutes les parties de la ville. En outre, des églises et des chapelles chrétiennes de diverses dénominations ont été bâties par les missionnaires, et grâce à l'indifférence religieuse des maitres actuels de l'Inde, un temple bouddhique, où viennent prier les Népalais de Bénarès, a pu se dresser dans la cité des brahmanes : ses toits superposés, de style presque chinois, contrastent avec les pyramides ouvragées des Hindous, les minarets et les coupoles des musulmans. [n'est point dans la Péninsule de villes où l'architecture religieuse soit représentée par plus de monuments de diverses époques : des ruines de stoupas que lon voit à Sarnath, à 6 kilomètres au nord de la ville, datent peut-être de vingt-quatre siècles. Un de ces dômes, le Dhamek où Dharma, c'est-à-dire la € Loi >, est une masse solide de 94 mètres de hauteur qu'entoure une plinthe richement seulptée; elle s'élève à l'endroit précis où le divin Bouddha commença de « faire tourner la roue de la loi »*.

Depuis l'époque bouddhique, Bénarès s'est graduellement déplacée vers le sud. Elle se trouvait alors au nend de la petite rivière Barna, dont elle à pris le nom, et les ruines de Sarnath en marquent l'emplacement; puis elle oceupa, plus au sud, le site où sont de nes jours les casernes de la ville militaire anglaise, et maintenant ses maisons se pressent sur la rive gauche du Gange. L'intérieur de la ville est un délale de rues étroites e! tortueuses, encombrées d'hommes et de bètes, chameaux, ânes, chevaux, taureaux sacrés ; mème des singes se mêlent à la foule près de quelques pagodes ; des ga-

{ Troyer, Radjatarangini, Historre des rues du Kachnir.

2 Hiouen-thsang, Voyages des pèlerins bowddkistes : — A. Cunningham, Ancient Geography of India.

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