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pour avec ses cantonnements, ses parcs, ses champs de manœuvres, puis vient le chef-lieu administratif, Bankipour, habité presque exclusivement par les Européens et leurs serviteurs; enfin plus loin, à l'est, s'étend la ville dont le centre est occupé par l'enceinte de Patna proprement dite. Bien plus que Tchapra, Patna peut être considérée comme le point de convergence des voies naturelles de cette région : aux trois courants du Gange, de la Gogra, de la Sone, qui se réunissent en amont, s'ajoute encore, en face de la cité, celui du Gandak, descendu des vallées les plus riches du Nepal. En outre, Patna est réuni maintenant par deux chemins de fer à Calcutta et sert de station centrale à un réseau de lignes secondaires se rattachant à la grande artère du nord de l’Hindoustan.
En dépit de l'ancienneté des souvenirs historiques, Patna manque de restes du passé; sa principale curiosité architecturale est un grenier à blé, que les Anglais n'ont jamais utilisé, si ce n’est pour en faire résonner le merveilleux écho. Patna n’a de remarquable que ses vastes entrepôts d’opium, de blé, d'huiles, d’autres denrées; mais dans la contrée se trouvent des édifices et des ruines qui sont parmi les plus intéressants de l'Inde religieuse. C'est au sud de Patna qu'était jadis la région sacrée par excellence pour les bouddhistes; mais les brahmanes ont su faire tourner à leur profit l'antique sainteté des temples et des monastères du culte rival : ainsi que l’exprime une légende locale, la terre recouvre en cet endroit un génie maudit par les dieux, dont le crime était de trop aimer les hommes et de les sauver trop facilement de l'enfer. Ce génie, c'est le bouddhisme vaincu : afin qu’il consente à ne pas ébranler la terre, les dieux vainqueurs lui ont promis le salut pour lous les pèlerins qui viendraient adorer dans les temples bâtis sur son corps'. Un chemin de fer qui traverse la ville industrieuse de Djahanabad, réunit à Patna la ville sainte de Gaya, ainsi nommée du génie mythique enfermé dans le sol. Quarante-cinq stations sacrées, devant chacune desquelles les pèlerins doivent laisser des offrandes, entourent la ville à distance; il ne faut pas moins de treize journées de marche pour accomplir l’ensemble des cérémonies de purification. De toutes les stations, celle où les offrandes sont le plus mériloires est Roudh Gaya ou Boddh Gaya, à une dizaine de kilomètres au sud « : la ville, sur la rivière Liladjan ou « Immaculée » ; c'est là que Chakya-mouni résida pendant cinq années, abimé dans la contemplation, à l'ombre d’un figuier des banians, dont on montre encore le tronc à demi rongé par le temps; le nom de cet arbre, bodhi droum, « Arbre
{ Rajendralala Mitra, Buddha Gaya.
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PATNA, GAYA, RODDH GAYA. mo
de la Sagesse », serait devenu, légèrement modifié, celui de l'ensemble des monuments sacrés, mais quelques étymologistes le font dériver du surnom qu'avait le « Sage > ou Bouddha. Le temple, que des envoyés du roi de Barmanie ont fait réparer deux fois, en 1805 et en 1877, repose sur les fondements d’un édifice bâti il y a plus de 2400 années, et possède encore des
N° 82. — HENAR ET BODDI GAYA.
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sculptures curieuses du temps d’Asoka, qui reproduisent, non des types aryens, mais des figures ressemblant à celles des Kohl'. Près du temple se voient aussi les ruines du palais qu’habitèrent Asoka et ses successeurs sur le trône de Magadha.
Gaya n’est pas seulement une ville de prêtres; mème le quartier le plus populeux, enrichi par le commerce du sucre, à pris de ses marchands le
! Dalton, Ethnology of Bengal; — Radjendralala Mitra. Buddha Gaya.
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