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populations de l’Assam paraissent avoir beaucoup souffert; ils furent des maitres durs, avides, très âpres dans l’exaction des impôts et des corvées. Retombés maintenant dans la masse du peuple, ils se fondent peu à peu avec les castes hindoues, si ce n'est sur les bords du haut Brahmapoutra, où ils sont groupés au nombre de 150 000 environ autour de leurs anciennes capitales. Quant aux Barmans, qui furent aussi les maitres de l'Assam pendant le premier quart du dix-neuvième siècle, ils sont restés trop peu de temps dans le pays pour y avoir fondé des colonies durables.
Tandis que les Indo-Chinois pénétraient dans l'Assam par les seuils des collines, les Aryens hindous, de race plus ou moins pure, remontaient les bords du Brahmapoutra en asservissant les indigènes. Les traditions les plus anciennes de la contrée nous montrent déjà les Hindous établis dans le royaume de Kamroup, entre le Manas et le Brahmapoutra. Leur empire fut renversé au quinzième siècle par les Mahométans et la nation indigène des Kotch reprit même le pouvoir pendant quelque temps, mais la civilisation resta bien celle des Aryens; en se policant, mainte tribu se classa parmi les castes hindoues et le dialecte qui Femporta dans la région des plaines n'est autre que le bengali. Mais, comme dans tous les pays d'immigration, les nouveaux venus sont moins rigoureux que leurs ancêtres pour la pureté du sang et les castes S'entremélent pour se reformer, non d'après l'origine, mais d'après les professions et la richesse, Les brahmanes purs sont peu nombreux dans l'Assam. Ceux des Hindous qui constituent le groupe distinet le plus considérable sont les Kalita, établis depuis un temps immémorial ‘ans le pays. Is ressemblent singulièrement aux Radjpoutes par le bel ovale des traits, le nez saillant, les grands yeux, souvent gris de fer, la souple démarche. Eux-mêmes se disent de race supérieure et, quoique tenus pour soudras, ils sont néanmoins assez respectés pour que les brahmanes consentent à recevoir d'eux l'eau de purification. Dans plusieurs districts, les terres les mieux cultivées appartiennent aux Kalita. Les Dom, autres Hindous, ont obtenu du gouvernement britannique la concession de loutes les pêcheries sur le haut Brahmapoutra et ses affluents, mais en échange ils sont tenus de fournir de rameurs les embarcations des fonctionnaires !.
La population de l'Assam est presque entièrement rurale, Les habitants du pays, relativement fort peu nombreux, disposent d'une étendue d'excellents terrains beaucoup plus vastes qu'ils ne peuvent en cultiver; le sol
leur donne le rizen surabondance, ainsi que les fruits et les racines alimen-
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