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INDE MÉRIDIONALE

MADRAS, MAÏSOUR, COURG, COCHINe TRAVANCORE,.

L'extrémité de la Péninsule, au sud de la Kistna, est une région qui, à certains égards, peut être considérée comme représentant l'Inde historique. L'expédition d'Alexandre ne révéla aux Occidentaux que les bords de l’Indus et les plaines du Pandjab, zone de transition entre l'Iran et l'Hindoustan, par le climat continental, l’aspect du sol et les productions, mais elle ne fit point connaître l'Inde vantée par les marchands arabes, le pays merveilleux d'où venaient les épices, les pierres précieuses, les bois odorants, les tissus admirables payés au poids de l'or. C’est par mer que se fit la découverte de cette contrée légendaire dont le nom résumait tout ce que la Terre a de richesses et de beauté; les voyages des premiers navigateurs les menaient plus souvent vers les côtes du Malabar que vers celles du Konkan, car c’est au sud qu'ils pouvaient obtenir les denrées les plus précieuses, le poivre, la cannelle, le bois de sandal. Le « pays d'où vient le poivre » devint l'Inde par excellence pour les Occidentaux; c’est la contrée que font apparaître à nos yeux les récits enchanteurs des Mille et une Nuits; l'Inde méridionale n’est pas seulement la région où les marchands étrangers trouvaient leurs chargements du plus haut prix, c’est aussi la partie de la Péninsule qui présente les plus beaux aspects, où le contraste est le plus saisissant entre les plages basses, bordées de maisons éparses sous les cocotiers, et les hautes montagnes détachant leurs masses bleues sur l’azur lumineux du ciel. Les États méridionaux de l'Inde offraient aux

! Villes principales dans le bassin de la Kistna, avec leur population en 1872 :

POSSESSIONS ANGIAISES, Karnoul, . . . . . . . . . . 25 580 hab,

RONA nr net . 90 450 hab Satara . , . . ‘ .… 24500 » » avec les cantonnements . 100050 » Gountour. . : ë . 48050 »

Cholapour, , , , , . . . . . 55400 » Pandharpour. . 5 107200 » Ballari, . . . . . . . . . . 51750 » | Bidjapour. . NAT me ir ADD) Houbli, , .. Re te nee QUE OT Hospet. . . . , . . . . . . 10500 » Ahmednagar. . +. + 82850 » ÉTATS INDIGÈNES, RM EE Lo NP MON a Haïdarabad . . . . . . . . . 350 000 (?) Dharwar, , . . .. . ... 27150 » Kolhapour, . . : . . , 89620 »

Belgaom , , . . . . . . , . 96950 » Sikandarabad , . . . . . . 32000 »

marins étrangers le curieux spectacle de populations, de mœurs et de cérémonies toutes différentes des leurs, Le monde nouveau dans lequel ils se trouvaient transportés leur présentait plus de sujets d'étonnement que l'Hindoustan du nord. Les habitants, de souche distincte, sans rapport de race ou de langue avec les Iraniens, comme les Hindous du nord, sont pourtant à certains égards les Hindous par excellence, notamment pour la religion et les pratiques des castes ; c’est dans le sud de l'Inde qu'il faut aller pour comprendre mainte page des anciens livres dont le sens est perdu dans les provinces du nord. Le refoulement graduel que les premiers Aryens, puis les Gréco-Bactriens, les Arabes, les Afghans, les Tartares, les Persans ont exercé sur les populations du nord, a eu pour conséquence de concentrer dans les pays du midi l'originalité des races, des types et des mœurs : c'est là qu'est l'Inde antique, celle des vieilles races et des traditions lointaines.

Mais, grâce aux voyages par mer, c'est précisément cette partie de la P6ninsule qui reçut le plus de colonies étrangères. Dès les premiers siècles de l'ère vulgaire, des chrétiens s’établirent sur la côte de Malabar ; lorsque Vasco de Gama eut contourné l'Afrique, il débarqua sur la même côte, et là se firent les premières conquêtes du vaste empire colonial que les Portugais fondèrent dans les Indes. C’est aussi dans l’Inde méridionale, autour des places de Madras, de Pondicherry, de Seringapatam, de Maïsour, qu'eurent lieu les grandes luttes des Français et des Anglais. Soutenus jusqu'au bout par la mère-patrie, ceux-ci finirent par l'emporter et, depuis la fin du siècle dernier, ils sont les maîtres incontestés de toutes les contrées qui s'étendent au sud de la Kistna. Il est vrai que le gouvernement anglo-indien à laissé subsister quelques États indigènes gouvernés indirectement par des ministres résidents et surveillés par des camps et des forteresses‘. Ces États sont des enclaves sans communication avec la mer, à l'exception des royaumes de Cochin et de Travancore, formant ensemble une étroite bande de territoire entre les monts des Cardamomes et les mari-

1 Superficie et population de l'Inde méridionale, sans les Cirear du nord et les districts de Ballari et Karnoul :

Superlicie, Population en 1872. Population kilom.

Présidence de Madras... . . 203 095 kil, car. 99 329 951 hab. 110 hab, MAISON ne sen 0 0 10 126 » D 055 412 » 88 »

COUTER rr à 180 » 168512 » S2 »

CON su Sete Rs eo 3 595 » 598359 » 170 »

Travancore . , , . , . . , , 47 450 » 23511319 » 152 » Poudoucota. . . . . . . . . 5974 » 316695 » 88 »

Ensemble ,, . , 303 996 kil. car. 30 778 182 hab. 102 hab. Population probable en 4882... . . .. 29 600 000 hab. 97 bah.

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DERKAN, COURG, 13

gots du littoral, La population de la Dravidie a diminué pendant la dernière décade par la terrible famine de 1877.

Considérée dans son ensemble, la masse triangulaire de l'Inde méridionale forme un plan beaucoup plus incliné vers l'est que celui du Dekkan, La base étant moins large et les montagnes plus élevées, les pentes moyennes sont plus fortes en proportion, et les zones de climat plus rapprochées. I en est résulté un grand contraste entre les plaines et la montagne pour la faune, la flore, les cultures et les populations. Tandis que les forêts vierges avaient disparu des Ghat du nord et du Dekkan, elles couvraient encore de vastes étendues dans les régions méridionales, et les clairières qu'elles séparent des plaines cultivées sont habitées par maintes tribus sans relations avec les habitants policés des campagnes inférieures. Avant l'arrivée des Anglais, l'étagement des climats différents sur les pentes des monts empêchait les communications entre le littoral et les monlagnes ; c'est précisément le phénomène contraire qui se produit depuis que des étrangers du nord de l'Europe sont devenus les maîtres du pays. Sachant que dans les hautes vallées, sur les plateaux qui dépassent 2000 mètres d'altitude, le elimat tempéré rappelle celui de leur patrie, les Anglais ont fondé colonies et villes de santé au-dessus des régions insalubres de la plaine, Nulle part, si ce n'est sur les avant-monts du Sikkim et de l'Himalaya occidental, les conquérants ne se sont plus solidement établis que sur les Nil ghiri de l'Inde méridionale : dans cette citadelle de monlagnes qu'entourent des populations dravidiennes, on pourrait se croire transporté en Angleterre.

Au sud de la large ouverture des Ghat par laquelle la Gangawali et ses affluents descendent insensiblement des plateaux du Dekkan, l'arête bordière recommence et se prolonge parallèlement au rivage, à la distance moyenne de 60 kilomètres ; quelques sommets granitiques se dressent à plus de 1000 et de 1500 mètres de hauteur; même une des cimes, dans le petit État du Courg, le Tadiandamol, atteint 1746 mètres. A la base occidentale des rapides escarpements de la chaine s'étend un plateau de latérite doucement ineliné vers la mer et coupé de distance en distance par de profonds ravins où passent des torrents temporaires ayant entaillé le sol jusqu'à la roche. Çà et là se montrent des pilons isolés, de gneiss ou de granit, les uns complètement nus, les autres recouverts de broussailles. Mais les montagnes des Ghat proprement dites sont presque entièrement revèlues de forêts. Le Courg, dont le nom à le sens de « Monts escarpés », n'était récemment dans presque loute son étendue qu’une grande forêt, se continuant à l'est par une lisière de bois qui forme la limite naturelle de

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514 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE,

l'Etat de Maïsour, le pays du « Démon à la tête de Battle ». En certains districts, les pentes sont uniformément couvertes d'arbres à feuillage persistant; ailleurs, on ne voit que des fourrés de bambous, entrecroisant

| ! * La * L VU * “ I leurs tiges, D'autres régions des Ghat offrent au contraire une très grande il variété d'essences : le poun (calophyllum), dont le Fat droit, de 25 où

90 mètres de hauteur, est employé par les charpentiers dé navires, le tek, que se réserve le gouvernement, l'ébénier, le bois de fer, l'arbre à pain, le manguier sauvage, le cèdre blane et nombre d'autres espèces tropicales : UE des Jianes tendent d'un arbre à l'autre leur réseau de feuilles et de fleurs. Non encore aménagées, ces forêts sont exploitées sans méthode

mp par des nomades qui viennent recueillir des cardamomes, des noix de galle, WA | vrai de l'arrow-root sauvage, de la cannelle, du cachou, des gommes et du micl, > *

Les bois de sandal longent pour la plupart le versant oriental des Ghat, dans le royaume de Maïsour, Lorsque les Anglais devinrent les suzerains de la contrée, ces forêts étaient un monopole du gouvernement et les vain-

RU queurs se substituèrent simplement aux vaincus comme propriétaires. Le

“À bois précieux est expédié à Mangalore et surtout à Bombay, où il est employé à la fabrication de petits objets connus dans le commerce sous le nom de Bombay work. Les forêts vierges des Ghat de Courg et de Maïsour servent encore de retraites au tigre et à la panthère; mais ces fauves, ne trouvant plus le gibier qui parcourait autrefois les bois en multiai tudes, se sont rapprochés des villages pour se nourrir d'animaux domes- Hi tiques et sont devenus beaucoup plus dangereux qu'ils ne l'étaient jadis, 84 Les éléphants étaient naguère très nombreux, et dans un seul jour, en 1874, sur la frontière de Maïsour, une bande de trappeurs en captura l ! bb. Cette chasse d'extermination est interdite maintenant; seulement les

LA paysans peuvent défendre leurs champs en les entourant de fossés. WA! Le massif des Nil ghiri ou « Montagnes Bleues » est presque isolé; cepen-

ii 2 | dant un de ses pies occidentaux, le Yellamalah, se rattache à la chaine de P Brahma ghiri, dans le Courg, par une crête orientée dans le sens du sud-est

au nord-ouest. De tous les autres côtés, le groupe de cimes dresse ses 4 flancs escarpés bien au-dessus des plateaux ou des plaines : une zone de forêts marécageuses, un teraï pareil à celui qui borde le Sub-Himalaya, enlourait jadis le massif; en outre, deux rivières, au nord le Moyar, au sud

118 la Bavani, contournent les montagnes et vont se rejoindre au pied de leur a 264 promontoire oriental pour aller se jeter dans la Caveri. Les plateaux de

Waïnad, devenus fameux par leurs mines d'or, et les hautes terres de Maïsour, qui forment au nord comme le degré extérieur du Nil ghiri, en sont partiellement séparés par la vallée du Moyar. Dans son ensemble, le

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MAÏSOUR, NIL GIIRE 15

vaste trapèze des Montagnes Bleues domine de plus de 1000 mètres les hautes terres du nord, et de 2000 mètres les plaines du sud; son pie le plus élevé, le Dodabetta, — en canarais le « Grand Mont » — et cinq autres beta dépassent l'altitude de 2500 mètres. Après avoir traversé la zone extérieure des forèts et gravi les pentes rapides des avant-monts, on atteint

NO fit, = VORÉTS DE COURG ET DE MAÏsOUR,

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200 kil.

le bord d'un plateau accidenté où les espaces presque unis alternent avec des collines aux molles ondulations; de charmants bosquets sont épars dans les fonds des petites vallées qui découpent le plateau, tandis que sur les hauteurs s'étendent les gazons et çà et là des tourbières'. Les pentes sont assez faciles pour que des routes aient pu être tracées dans tous les sens et que les promeneurs montent sans peine sur les cimes pour voir

! Bruce Foote, Memoirs of the Geological Survey of India, XW, 1856.

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516 NOUVELLE GÉOGRAPITE UNIVERSELLE,

à leurs pieds l'immense horizon des plaines, souvent à demi voilé par les nuées de poussière et contrastant avec les plans avancés des prairies, des bois et des cascades', Déjà trois routes carrossables s'élèvent du pourtour des Montagnes Bleues vers les stations du plateau, mais le chemin de fer de Madras s'arrête à la base du versant sud-oriental.

Le Nil ghiri fut exploré pour la première fois en IST# par Keys et Mac- Mahon, mais leur rapport officiel alla, comme tant d’autres papiers, s'enfouir dans les archives de la Compagnie. La véritable découvert, celle qui révéla aux Anglais de la côte l'existence d’un plateau voisin jouissant du climat tempéré de l'Europe, se fit cinq années après par Whish et Kindersley, deux employés qui s'étaient mis à la pourt aite d'un contrebandier. La première maison du sanaloire s'éleva sur les Montagnes Bleues en 1S21, deux années après la fondation de Simla : les deux colonies qui ont pris une si grande importance comme lieux de guérison sont d'origine presque contemporaine. Le naturaliste Leschenault de La four, explorant te Nil ghiri autour de la seule maison qui s'y trouvait alors, © vecuetilit 200 espèces de plantes d'aspect européen, toutes différentes des formes tropicales de la plaine inférieure; le chêne est un des arbres les plus communs dans les bo’s du Nil ghiri, Depuis que les Anglais ont couvert le plateau de villes, de villages, de maisons de plaisance, là physionomie européenne du pays s’est grandement accrue par l'introduction dans les pares etles jardins de la plupart des essences de l'Angleterre ; en maints endroits, l'illusion pourrait être complète : l'Anglais se retrouve dans les collines de Malvern ou du Devonshire; sa maison est couverte des mêmes lianes grimpantes; son jardin présente le mêmes fleurs, et des arbres de même espèce sont plantés autour de sa demeure; des oiseaux européens, chés dans les bois, s'y sont propagés, et les petits lacs du plateau, où ne vivait qu'une seule espèce de poisson, ont reçu des colonies de carpes, de tanches et de truites. Au sommet du Dodabetta, qui porte une station météorologique, la température moyenne, de 11,8 degrés centigrades, est celle des bords de la Loire, et les diverses stations, suivant leur altitude, correspondent à la Gascogne, à la Provence, à la Toscane, à la Sicile, Mais les Nil ghiri, situés sous la zone tropicale, n'ont pas, comme les pays de Ja zone tempérée, les oscillations annuelles de la chaleur au froid; à la pointe du Dodabetta, les écarts de la saison chaude à la saison froide n'atteignent pas 3 degrés. Sur ces hauteurs, le printemps est éternel, Les grands changements sont

# Hermann von Schlagintweit, Reisen in Indien und Hochasien; — Mountstuart Gront Duff,

Notes of an Indian Journey.

* Mémoires du Muséum d'histoire naturelle, 18929 : — Carl Ritter, Asien.

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NIL GHIRI, PALGHAT. 017

ceux de la sécheresse et de l'humidité: de la fin d'octobre au commencement de mai, le ciel est presque toujours sans nuages, mais pendant la saison des pluies les brouillards rampent souvent sur le plateau : l'exposilion est, après l'altitude, le principal élément du elimat'. Lors de la mousson du sud-ouest, les ruisseaux grossis se changent en rivières et les filets d'eau des cascatelles sont remplacés par de puissantes cataractes, nia-

garas temporaires qui rongent les bords du plateau. Une des plus belles

N° AIG — NIL GHINIe

“ 20 hal.

cascades du Nil ghiri qui mugissent entre des parois de syénite, est, à 16 kilomètres au nord-ouest d'Outakamound, la chute de Ia Païkara.

Au sud des Montagnes Bleues, la chaîne des Ghat est complètement interrompue. La brèche du Pal ghat, jadis couverte de forêts de tek, s'ouvre

entre les deux versants de Malabar et de Coromandel, en offrant ainsi aux

vents pluvieux de la moussou du sud-ouest un large chemin vers les plaines

de Coimbatour et le bassin de la Caveri; lors de la moussoi: contraire, les navires qui longent la côte occidentale trouvent presque toujours une mer

houleuse en passant en face de la brèche, où s'engouffre le courant atmo-

I. von Schlagiutweit. ouvrage cité; — Clements Markham, Travels in Peru and Hdia.

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sphérique. La rivière Ponani, affluent de la mer d'Arabie, naît à lorient des montagnes, tandis que des torrents descendant à la Caveri commencent beaucoup plus à l’ouest; les sources S’entremélent sur ee seuil de faîte à peine indiqué du Pal ghat, dont Paltitude n'atteint pas 290 mètres, On comprend quelle fat l'importance de ce lieu de passage facile entre les deux littoraux : une place forte, souvent attaquée, souvent prise, fermait cette trouée; elle est remplacée maintenant par une station de chemin de fer, l'une des plus importantes du réseau méridional de l'Inde : dès l’année 1862, une voie ferrée empruntait le seuil entre les deux versants.

Les monts qui se dressent au sud du Pal ghat correspondent au Nil ghiri, formant avee lui comme les deux piliers d'un portail immense. Comme le Nil ghiri, l'Anamalah (Animaleï) ou « Montagne des Éléphants » se compose de gneiss, veiné de quartz et de porphyre; comme le Nil ghiri, il dresse du côté du Pal ghat, au-dessus de la zone fiévreuse du teraï, des escarpements abrupls el se termine de même par un plateau montueux où les forêts s'arrêtent brusquement pour Fame place à d'épais gazons. La flore des deux massifs diffère peu; toutefois eelle de l'Amamalah, la plus riehe, peut être considérée comme formant la temsition entre les espèces du Nil ghiri et celle des montagnes de Ceylan; on n'y à pas trouvé la rose et la fraise, très communes pourtant dans les Montagnes Bleues'. La faune de l'Anamalah, moins poursuivie par les chasseurs, comprend encore plusieurs espèces qui ont disparu du massif septentrional : les bœufs sauvages (box gaurus) parcourent les forêts en troupeaux; les éléphants sont encore assez nombreux pour qu'on les chasse uniquement pour leurs défenses. Dans son ensemble, l'Anamalah est peut-être moins élevé que le Nil ghiri: cependant le principal sommet, l'Anamoudi, est plus élevé (2695 mètres) que le Dodabetta; dix pointes atteignent l'altitude de 2200 mètres. « Découvert » plus de trente années après le Nil ghiri, PAnamalah est resté moins facilement accessible et les sanatoires fondés par les Anglais ne sont encore que de faibles hameaux; la cause en est au plus grand éloignement de Madras et aux conditions politiques : tandis que le Nil ghiri se trouve en entier sur territoire britannique, l'Anamalah dresse ses pies les plus élevés dans les États de Cochin et de Travancore, Mais il n'est pas dou- (eux que ces montagnes ne se peuplent bientôt de colons et de visiteurs,

L'Anamalah est moins isolé que le Nil ghiri : à l'ouest, il se divise en

chainons parallèles qui s'abaissent par degrés vers lt côte de Malabar et

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