‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 242 sur 471 · LANGUES DRAVIDIENNES · texte numérisé non relu

LANGUES DRAVIDIENNES

sou‘. Le nom de Gentous, donné d'abord par les missionnaires à tous les « gentils » ou païens de la Péninsule, à fini par être appliqué spécialement aux habitants de langue telougou. Ik=< poésies, des proverbes, des contes, constituent leur littérature primitive: les épopées sanscrites se traduisaient -n gou dès le douzième siècle, et bientôt après commençait l'âge d'or de cote riche et harmonieuse langue, « l'italien de l'inde ».

Le tamil ou tamoul n'était naguère que la deuxième langue dravidienne par le nombre de ceux qui l'emploient : mais depuis la grande famine de IS77, qui a sévi principalement sur les districts septentrionaux de la provincæ de Madras, la prépondéraneæ numérique appartient à l'idiome tamil, employé sur tout le versant oriental de Finde entre le lac Poulikat 4 Trivandram, et en outre dans la moitié septentrionale de Ceylan : son domaine -omprend plus de quinæ millions d'hommes et s'agrandit rapiment aux dépens du telougou, dans toutes les villes que traversent les chemins de fer et où les Européens, entourés de leur domesticité tamile, trouvent en grand nombre’: les brahmanes vichnouïtes du Maïsour padent tous le tamil, tandis que Les musulmans emploient lhindoustani. Le tamil peut être considéré comme la première langue dravidienne par L richesse prodigieuse de son vocabulaire et de ses tournures, par l'ancienneté de ses œuvres classiques : il est des livres tamil qui ont au moins neuf siècles d'existence ; c'est par milliers que l'on compte les ouvrages iamil publiés à Madras. Les poème. parmi lesquels on cite celui du missionnaire ilalien Beschi, sont fort nombreux, mais ils se distinguent mans par la force de la pensée que par l'élégance raffinée et les recherches précieuses du style : c'est ainsi que toutes les pièces de vers doivent commencer par un mot choisi sur la liste spéciale des termes de bon augure’. Néanmoins, sous l'influence des idées nouvelles, la littérature tamil cesse d'imiter les anciens auteurs, et ses œuvres, S’appliquant aux choses de la we contemporaine, prennent un langage plus préciset plus sobre, Une chaire de tamil a été créée en ISSI à l'école des langues orientales vivantes de l'aris.

Entreprenants comme ils le sont, les Tamil constituent lun des principaux éléments de renaissance dans Finde. Cest sur leur territoire que s'élèvent Madras, la troisième ville de lempire anglo-indien, et Pondicherry, la capitale des possessions françaises; émigrant volontiers, ils forment la population principale de tous k< cantonnements militaires au

* Cddwell, Comparatire Grammar of the Drarvénan languages.

+ Grbède, Maxual to the district of Cuddapah. Madres + Julbeu Vinson, Le Tasse dans la poésie lamoul, Weswe de Linguistique, tome VIII.

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sud de Bombay; c'est aussi du pays tumil que sont originaires la plupart des coulis qui se rendent à Maurice et aux autres colonies d'outre-mer, et quoique les Hindous de Poulo-Pinang et de Singapour portent le nom de Kling, — c'est-à-dire Kalinga où Telougou, — ils n'en sont pas moins de purs Tamil, Quant aux Dravidiens de langue malayalam où malayalim (maleolum), qui vivent, au nombre de plus de cinq millions, sur la côte de Malabar, entre Mangalore et Trivandram, ils sont beaucoup plus réfraclaires que les Tamil aux idées modernes et se tiennent à l'écart, regardant vers leur passé, laissant à leurs frères de race les positions commerciales et les industries nouvelles. De toutes les langues dravidiennes, la leur s'est approprié le plus de termes sanserits et maintenant elle est soumise principalement à l'influence du tamii. Le canarais, kannada ou karnataka est une autre des grandes langues dravidiennes; environ neuf millions d’individus la parlent au sud de Goa et de la Kistna jusqu'au massif du Nil ghiri; mais, par une étrange confusion, ce nom de Karnataka, qui signifie probablement « Terre Noire » et qui s'applique en effet aux étendues du sol noirâtre où se cultive le coton des plateaux, est employé par les Européens, sous la forme de Carnatique, pour les pays tamil du versant de Coromandel.

Le toulou, toulouva ou toulouvou de la côte de Mangalore, c'est-à-dire le langage des « Humbles », est aussi rangé parmi les idiomes littéraires dravidiens, bien qu'il ne possède d'autres ouvrages que des transcriptions du sanserit en caractères malayalam et de petits traités religieux en lettres canaraises; mais ceux des 300 000 Toulou qui apprennent à lire étudient aussi une langue plus policée, telle que le canarais où le malayalam. L'idiome du Courg ou koudagou n'a pas non plus de littérature originale, mais il constitue une langue distincte, de même que le parler des Toda et autres peuplades du Nil ghiri; les chants des paysans du Courg sont gais, d'une allure rapide et entrainante, tandis que ceux des autres populations de l'Inde méridionale sont presque tous lents et mélancoliques'. Les dialectes dravidiens sont nettement différenciés : telougou, lamil, malayalam, canarais se distinguent trop les uns des autres nour que les gens de chaque pays respectif se comprennent mutuellement, En comptant les Dravidiens des Provinces Centrales et du Bengale, tels que les Gond et les Oraon, mais sans y ajouter certaines populations des plaines gangétiques et du teraï himalayen qui paraissent être de la même origine’, on peut évaluer à cinquante millions l'ensemble des frères de langue dra-

1 Gover, Folksongs of Southern India.

#2 Hodgson, Kochh, Dhimal and Bodo Tribes; — Dalton, Ethnology of Bengal.

a plupart Mer, el nom de s moins dalayalim a côte de s réfrac- ‘egardant erciales leur s'est ise printaka est s d'indif du Nil signifie » du sol ropéens, mandel, à-dire le ires drations du h lettres étudient ayalam.

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