‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 241 sur 471 · NÉE · texte numérisé non relu

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592 NOUVELLE GÉOGRAPHIE CNIVERSELLE.

chistan'; c'est par la frontière nond-occidentale qu'ils auraient pénétré dans l'Inde; refoulés graduellement par d'autres envahisseurs, les Aryens, ils auraient quitté les régions du Rond pour se presser dans les contrées méridionales. Aux premiers temps de leur histoire, telle qu'elle est révélée par leur vocabulaire, étranger à toutes Les formes sanscrites, les Dravidiens étaient déjà policés avant d'avoir été soumis à l'influence directe des convertisseurs aryens, Îls connaissaient de nombreuses industries, le filage, le tissage, la teinture, la poterie. 1 possédaient des barques et même des navires pontés et se servaient des métaux, à l'exception de l'étain, du zine et du plomb; ils bâtissaient des «< maisons fortes » et des temples, mais ils ne savaient point les dévorer de sculptures: ils connaissaient l'écriture et lraçaient des caractères sur des feuilles de palmiers palmyres où de talipots”; dans leurs fêtes, les poëtes déclamaient des chants, enthousiasmant la foule au récit des guerres nationales. L'épopée du Ramayana raconte l'invasion des contrées dravidiennes par les Arvens, et les légendes locales parlent d'un civilisateur venu du nord, le sage Agasthva, devant lequel les montagnes de Vindhya s'étaient « prosternées » pour lui faciliter la route : les Hindous orthodoxes le erment encore vivant et lui assignent pour demeures la montagne qui porte <on nom dans la chaine des Cardamomes, à l'ouest de Tinnevelli, et, dans ke cd. la brillante étoile de Canope. Quoi qu'ile” soit du personnage kgendaire, lœurre d'indianisation qu'on lui attribue était déjà bien avancé lorsque les riarins grecs visitèrent pour la première fois les rivages de l'Inde méridionale, car à cette époque la plupart des noms de villes étaient de provenance aryenne.

Parmi les divers dialectes dravidiens qui se parlent dans l'Inde méridionale et au nord de la Kistna. il en est quatre, le telougou, le tamil, le malayalam et le canarais, qui « sont élevés au rang de langues littéraires. Le telougou, nous le savons. est le langage dominant sur la côte, du défilé de Mahendra ghiri au lac Poulikat, et dans toute la région orientale du Maïsour : environ quinze millions d'hommes le parlent dans la Péninsule, et c’est en outre le langage de colons qui vivent au sud, vers la pointe de la Péninsule, et de nombreux émigrants dans la Barmanie. Ce sont également des Dravidiens telougou qui ont donné leur nom de Kalinga ou Kling à tous les Hindous émigrés à Pinang, à Ningapour, dans les archipels du sud-est de FAsie: les colons de linde qui apportèrent la civilisation de leur pays à Sumatra et à Java, venaient probablement de la côte telou-

* Lassen, Indische Alterthamshunke , — Ciôëwell, Dirarsdsan Languages. # Julien Vinson, Bulletin de la Sovwte de Gévgraphac de Paris.

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