‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 249 sur 471 · AE E · texte numérisé non relu

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548 NOUVELLE GÉOSRAPITHE UNIVERSELLE.

sivement du produit de leurs palmiers-éventails ou « palmyres » : 40 à 60 arbres suffisent pour une famille, mais il faut que le « grimpeur » — lelest le nom sous lequel on connaît le planteur chanar, — monte chaque jour à tous ses palmiers : ce travail représente, à 15 mètres par arbre, une ascension journalière de 750 mètres! ; pendant les mois d'avril et de mai, quand la liqueur précieuse coule avec le plus d'abondance, c'est trois fois par jour qu'il faut monter jusqu’à la couronne du palmier”.

Mangalore ou la « Ville Heureuse », appelée Kandial par les indigènes, est le chef-lieu du Kanara méridional et l'un des ports les plus fréquentés de cette côte inhospitalière : d'après Ibn-Batouta, quatre mille marchands arabes y étaient établis au milieu du quatorzième siècle. À demi cachée par les groupes de cocotiers, comme toutes les villes du Malabar, elle est bâtie sur les plages d'un marigot où viennent se déverser les deux rivières de Netravati et de Gourpour, Les navires d’un fort tirant d'eau ne peuvent franchir la barre, mais les dhoni des Arabes et les pattamar indigènes se présentent en foule aux heures de marée pour entrer dans le bassin tranquille. Mangalore, qui fut autrefois l'arsenal maritime de Haïdar-ali, a pris récemment une importance exceptionnelle par l'exportation des cafés de Courg; les planteurs en ont fait un grand centre de commerce, mais son port est classé parmi les « incorrigibles » *. Mangalore est l’une des villes où les chrétiens indigènes, catholiques et protestants, sont relativement le plus nombreux; là est depuis 1854 le siège de la mission de Bâle, qui à fondé de nombreux ateliers où elle emploie ses convertis; quelques-uns de ses missionnaires ont publié de précieux documents relatifs aux peuplades et aux langues des contrées voisines.

Cannanore ou Kannour, située sur la côte, à 25 kilomètres au sud d'un promontoire bien connu des marins, le mont Dali ou Delli, est une autre ville du Malabar, fameuse dans l’histoire de la religion et du commerce : dès la fin du quinzième siècle, les Portugais y établissaient une mission et un comptoir. Port de la côte le plus rapproché de Maïsour et des plantations du Courg méridional, Cannanore à le désavantage de ne communiquer avec l’intérieur que par des chemins aux rampes trop rapides, et comme

14, Shortt, Journal of the Ethnological Society, vol, NH.

# Bertrand, Annales de la Propagation de la Foi, mai 184.

5 Mouvement du port de Mangalore en 1875 : 7200 navires, jaugeant 528 000 tonnes. Valeur des échanges » » 19 462 500 francs.

# Taylor, Harbours of India.

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Mangalore, il n'est accessible qu'aux navires d'un faible tonnage; la reine où bibi qui réside à Cannanore, héritière d'une dynastie de souveraines, n'a pas de possessions sur le continent, mais le gouvernement anglais lui a laissé la moitié de l'archipel des Laquedives. Au sud, Tellitcheri, plus populeuse, exporte aussi du café, du poivre, des cardamomes, du bois de sandal", La petite ville de Mahé, qui se trouve à 7 kilomètres au sud, est une dépendance commerciale de Tellitehert ; e'est l'ancienne Maïhi, dont Mahé de la Bourdonnais s'empara en 1726 et à laquelle il donna son nom patrimonial?. Ce domaine français, dont la superficie est seule. ment de 600 hectares, fut enlevé rois fois par les Anglais, qui ne le rendivent qu'après destruction des murailles et des forts. Une petite faclorerie de 2 hectares, dans la ville de Calicut, appartient également à la France,

Calieut ou Kolikotta, la « Forteresse du Coq », est la plus grande eité de la côte de Malabar, quoique le voyageur n'aperçoive d'abord que des rideaux de cocotiers et trois où quatre cabanes autour d'un phare. Au quinzième siècle, lorsque les Européens se présentèrent devant cette ville, elle était la apitale de la confédération naïr et la résidence du tamoutiri (soumouri où € zamorin », c'est-à-dire le « maitre de a mer ». En 1486, un premier émissaire portugais, Covilhäo, venu par la voie d'Égypte, devint l'hôte du roi, et douze ans plus tard, en 1498, Vasco de Gama jeta l'ancre devant Calicut : l'évènement le plus considérable dans l'histoire des Indes depuis l'expédition d'Alexandre venait de s’accomplir, La ville de Calieut ent cruellement à souffrir de ces étrangers qu'elle accueillait. En 1501, en 1502, en 1510, Cabral, Gama, Albaquerque, la bombardaient, coulaient ses navires, avec femmes et enfants, et plus tard les Européens de toute nation, Français, Anglais, Danois, la brûlaient et la saccageaient. Les radjahs de Maïsour la livrèrent aussi plusieurs fois au pillage. À la fin du siècle dernier, lorsque les Anglais en devinrent les possesseurs, elle venait d'être détruite par Tippo-sullan : ee n'était plus qu'une bourgade, mais depuis cette époque elle se repeuple et s'enrichit. Toutefois presque tout son commerce se fait par l'intermédiaire de Beïpour, située à 10 kilomètres au sud, mais réunie à la cité par des faubourgs et des jardins; c’est à Beïpour que se trouve le port, séparé de la haute mer par une barre ayant 4 mètres d'eau à marée basse; quelques familles des marins de la côte seraient désignées, d'après Bastian, du nom de Tehini-betchegan ou

! Valeur des échanges de Cannanore en 1876 : 8387 500 francs.

» » Tellitcheri » 99 957 500 # Malleson, Histoire des Français dans l'Inde.

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550 NOUVELLE GÉOGRAPIE UNIVERSELLE,

« Fils des Chinois! ». Des bâtiments dont quelques-uns portent jusqu'à 500 tonneaux viennent y chercher le minerai d'or du Waïnad, le café du Nil ghivi, le bois de tek qu'apporte le courant de la Panna poya ou € rivière d'Or » et toutes les denrées expédiées par les stations du chemin de fer de Madras ; mais Beïpour n'expédie plus ees € ealicots » auxquels on avait donné le nom de la résidence du zamorin, Actuellement Beïpour est, au sud de Bombay, la seule ville de la eôte occidentale qui soit en communication avec la côte orientale par la voie ferrée, grâce à la large brèche du Pal ghat, entre le Nil ghiri et l'Anamalah, Cette voie se continuera de Beïpour à Calicut et tôt ou tard remplacera la route carrossable qui relie les havres du littoral, À 8 kilomètres à l'est de Beïpour, se trouve un vieux eimetière, le Tehatapouramba où € Champ de la Mort », parsemé de dolmens, connus dans le pays sous le nom de € pierres à ombelles ».

L'antique Kodoungalour, que les Européens appellent Cranganore, fut jadis la rivale de Calieut, C'est là que les chrétiens syriaques et les Juifs avaient leurs principales communautés, et que régnait la dynastie des permaul naïr. Les Portugais y fondèrent une citadelle, que leur enlevèrent les Hollandais. La position de Cranganore explique la prospérité qu'elle eut jadis : là s'ouvrait le seul grau des vastes marigots qui se prolongent au sud jusqu'au promontoire de Quilon; là était la porte commerciale de la contrée. D'autres graus ont permis à d'autres villes de prendre une importance égale où supérieure. Ainsi Cochin (Kotehi, Kotchibandar) ou le « Petit Port », bâtie sur le cordon littoral, à l'endroit où s’est formée la plus large entrée des lagunes, profonde de # mètres à marée basse, a pris naturellement le premier rang depuis que les bâtiments franchissent la barre devant ses plages. Les Portugais, ne pouvant s'établir à Calicut, vinrent charger leurs navires à Cochin; dès 1502, Gama y fondait une factorerie ; l'année suivante, Albuquerque y bâtissait un fort, Là mourut Gama, là s'éleva la première église européenne et s'imprima le premier livre de l'Inde. Cochin a toujours une colonie de Juifs, chez lesquels la connaissance de l'hébreu ne s'est pas complètement perdue. À la fois ville anglaise et capitale d'un État médiatisé, Cochin n'a qu'un petit nombre d'habitants européens ; le climat de cette région de marigots, où s'entremélent les eaux douces et les eaux salées, étant des plus dangereux, ilest rare que les Européens échappent aux maladies nerveuses, à la dysenterie ou à l'éléphantiasis, connue sous le nom de « jambe de Cochin », À 15 kilomètres dans l’intérieur des terres, cette horrible maladie ne fait plus de victimes.

‘ Reise durch Cambodja nach Cochinchina.

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