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est de 29 129 hectares, dont les cultures occupent environ les deux tiers, Des rizières, des champs de cotonniers et d'indigotiers, des bananaies, des bosquets de palmiers et autres arbres, recouvrent lout l'espace qui n'est pas employé pour les routes, les étangs ou les constructions des villages et aldées"!.
Lorsque le territoire de Pondicherry fit retour à la France, sa population était d'environ 25000 habitants; elle a maintenant doublé dans la ville, sextuplé dans le territoire; mais les Européens, sans compter les métis, dits topas où « gens à chapeau », ÿ sont à peine au nombre d'un millier. La « ville blanche », formant un octogone irrégulier, borde la plage ; elle est percée de rues se coupant à angle droit. Les maisons sont presque toutes séparées de la rue par de petites cours ornées de fleurs, et tous les ans on les erépit de stue d’un blane de marbre éclatant ou de couleurs diverses, jaune, bleu, rouge, aurore, incarnat. En dehors du polygone de la ville blanche, de vastes quartiers se prolongent sur la côte septentrionale, au milieu d’une forêt de cocotiers, de tamariniers, d’acacias, de tulipiers, et les routes qui se dirigent vers l'intérieur sont bordées de « villes noires », à demi perdues dans la verdure. De la place du Gouvernement à Villenour, sur une longueur de 10 kilomètres, on marche constamment entre les maisons et les vergers. De beaux pares et un jardin d’acelimatation contribuent avec les bois à l'assainissement de l'atmosphère, mais au sud la rivière de Gingy ou d’Ariancoupom, sans communication avec la mer pendant la saison des sécheresses, se répand en marigots insalubres. Pondicherry n'avait jadis que des eaux malsaines; elle s’en est procuré d'excellentes par sept puits artésiens, creusés à diverses profondeurs, de 24 à 172 mètres. Peu de cités anglaises des plaines basses de l'Inde peuvent se comparer pour la propreté et le bon entretien à la «vieille Pondy », ainsi que la nomment affectueusement les indigènes, Mais, pour le commerce, la cité française, entourée d’une ceinture de douanes et ne disposant que d’une faible banlieue, est loin d’avoir l'importance de villes angloindiennes de même population Pourtant elle a l'avantage d’être baignéce par une mer beaucoup moins houleuse que celle de Madras et que ne viennent jamais bouleverser les cyclones. Une jetée en fer de plus de 200 mètres, mieux tenue que celle de Madras, facilite le déchargement des navires, et un phare, le premier qui ait été élevé sur la côte orientale, éclaire depuis 1855 les abords du mouillage. En 1879, un chemin de fer, construit en grande partie aux frais de la colonie, rattacha Pondicherry au
# Caumain, Notes manuscrites.
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PONDICHERRY, GOUDALOUR, TCHEDAMBARAM, 065
réseau des voies ferrées de l'Inde anglaise', Les industries principales de la ville sont la préparation des tabacs et le tissage des étoffes; une de ses filatures emploie 2000 ouvriers; 4000 métiers de tisserands battent dans son territoire. Le français est mieux connu et parlé plus purement par les indigènes de Pondicherry que ne l’est l'anglais par les habitants des grandes villes de l'empire indien”.
Goudalour ou Cuddalore, la « Ville des Confluents », ainsi nommée des deux rivières Gouddilam et Paravanour, qui viennent s’y jeter dans la mer pendant ia saison des pluies, est située sur la côte de Coromandel, à 25 kiloriètres seulement au sud de Pondicherry. Elle se compose en réalité de deux villes séparées, celle des Européens et celle des indigènes ; à © kilomètres au nord-est se voient les ruines du fort Saint-David, qui fut pendant six années, de 1746 à 1752, la capitale des possessions anglaises de l'Inde méridionale et dont les Français s’emparèrent deux fois, en 1758 et en 1782. Porto Novo ou Feringhi-pet, la « Ville des Frances », qui succède à Goudalour sur la côte de Coromandel, n'a qu’un faible commerce de cabotage, moindre encore que celui de Goudalour. À moins de 15 kilomètres au sud se trouvent la ville et les temples célèbres de Tchedambaram ou Tchilambram. Le monument principal ou « Sanctuaire d’or », consacré à Siva, est un vaste ensemble de constructions, qu'entoure une muraille de 1600 mètres de pourtour. Quatre portes ou gopoura à huit étages donnent accès dans les parvis. L'une des pyramides ouvragées qui se reflètent dans l'étang sacré, repose sur une forêt de colonnes monolithes : c’est le € temple aux mille piliers »; mais quelques-uns des fûts sont renversés; il en reste seulement 974. On s'étonne du prodigieux labeur que représentent ces édifices, dont les blocs de granit ont jusqu'à 1% mètres de longueur; les carrières les plus rapprochées sont pourtant. à plus de 60 kilomètres de distance. La foire de décembre, à laquelle accourent pèlerins ét marchands, réunit parfois 80 000 personnes autour des temples de Tchedambaram. Il n’est pas de pays où l’on voie, sur un territoire relativement peu étendu, plus de monuments admirables par leur richesse, leurs proportions et leur revêtement de sculptures ; tout un peuple semble s’agiler sur les degrés des masses pyramidales. Les cités de Mayaveram et
1 Mouvement commercial de Pondicherry en 1876 :
Navires français. Navires étrangers. Ensemble. Importations . . + . . . . 2 745 500 fr. 3 390 700 fr. 6 134 000 fr. Exportations . . . . . . . . 7 014 000 » à 048 900 » 10 062 900 » Ensemble (en 355 navires) 9 757 500 fr. 6 459 600 fr. 16 196 900 fr.
3 Hermann von Schlagintweit, Reisen in Indien und Hochasien. 5 Paris, Tour du Monde, 1867.
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Khoumbakonam, sur le chemin de fer de Tandjor, ont de ces temples superbes, lameux dans l'Inde entière, comme faisant partie des « Sept » merveilles du pays dravidien.
Ces diverses pagodes sont peu éloignées de la branche septentrionale du della de la Caveri : on se trouve déjà dans le bassin de cette rivière, qui nait à 000 kilomètres à l’ouest sur le versant oriental des montagnes de Courg : un de ses hauts affluents passe au pied de la colline qui porte Mercara, la capitale du territoire et @ la plus gracieuse ville de l'Inde méridionale » ‘, La célèbre eité de Seringapatam (Srirangapatam) où « Cité de Vichnou », qui fut la capitale de l'État de Maïsour, est située dans une ile couverte de rizières et de champs de cannes à sucre. Les fortifications élevées par Tippo-sullan sont restées dans l'état où elles se trouvaient au lendemain de l'assaut livré par les Anglais en 1799; seulement les brèches sont envahies par des arbres et des lianes, qui donnent à l'ensemble un aspect des plus pittoresques; quelques restes de palais se voient encore au milieu de l'enceinte, Seringapatam n’a pas été rendue au souverain de Maïsour par les vainqueurs; dépendance directe du gouvernement britannique, elle n’est que louée au maha radjah, Fort insalubre pour les Européens, elle à été abandonnée comme cantonnement militaire : à la fin du siècle dernier, 500 Français de Maurice, qui vivaient à la cour de Tipposultan, succombèrent presque tous à la fièvre; à la cinquième année, il n'en restait que 295. La population de l'ile est au plus le dixième de ce qu'elle était au siècle dernier.
La résidence actuelle est Maïsour, bâtie sur un terrain plus élevé, à 16 kilomètres au sud-ouest de Seringapatam; mais l'administration siège dans la cité de Bangalore, à l’est de la principauté et près de la frontière anglaise. On considère cette ville, située à 92% mètres d'altitude, comme la plus salubre de l'État, et des milliers d'Européens, principalement des vétérans, s’y sont établis : un quartier de Bangalore, avec ses villas, ses églises, son musée, son pare, ses jardins, a Lout l’aspect d'une ville britannique. La population indigène, fort industrieuse, s'occupe de la fabrication des tapis et du tissage des étoffes de coton et de soie. Le commerce de Bangalore, surtout en céréales et en colon, est très considérable et ne peut que s'accroitre par la construction des nouveaux chemins de fer qui viendront y rejoindre le réseau de l'Inde méridionale, Une de ces lignes sera celle de Hasan, ville située sur le versant oriental des Ghat, non loin d'un col franchi par une route qui descend à Mangalore. Dans le voisinage de Hasan, se
1 Clements Markham, Travels in Peru and India.
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OUTAKAMOUND, DEVALA, PALGHAT, 507
voient quelques temples, qui sont parmi les plus remarquables de la Dravidie par la profusion de leurs sculptures. Autour des murailles du sanctuaire de Halebid, sur un développement de plus de 200 mètres, se déroulent des frises superposées représentant des éléphants, des tigres, des chevaux, des bœufs, des oiseaux, des animaux symboliques; c'est par milliers que l'on compte les figurines, ciselées avec une étonnante perfection. Un taureau couché, long de 27 mètres, garde l'entrée septentrionale de l'édifice !,
Au sud du Maïsour, la ville d'Outakamound, chef-lieu du Nil ghiri et principal sanatoire de l'Inde méridionale, est d'origine moderne; ses hôtels et ses maisons de plaisance sont épars sur un espace considérable, à l'altitude moyenne de 2200 mètres : à l'est se dressent les escarpements du Dodabetta. Kotaghiri (Khotagherry) et Konnour sont égale- MALE PUS ment peuplées d'Européens. Les villes anglaises ont pris une grande im- NAT à r f
portance comme centres de culture pour les espèces exotiques; Outaka- NA mound n'a pas moins de trois jardins d'essai étagés à diverses hauteurs mE L4 QE sur les pentes du plateau. Les premiers plants de cinchona du Pérou fu- LOUE TES rent importés en 1860 et, déjà deux années après, 25 000 arbres prospé- De. raient dans le voisinage d'Outakamound*; maintenant de vastes forêts de NA cinchonas ont en grande partie remplacé les gazons et les jongles du pla- MIA teau et fournissent aux armées anglaises leur provision d’écorce fébrifuge. Ÿ:] | JE NÉ Toutefois les principales plantations du Nil ghiri sont celles du cafier, et, | 9e (IE L depuis 1840, de nombreux concessionnaires ont défriché le penchant des el
montagnes entre 800 et 1500 mètres d’altitude. Plus au nord, le Waïnad JR he a des récoltes de café encore supérieures à celles des Montagnes Bleues, et, EAU: VAN pendant la saison, les routes qui descendent vers le littoral sont encom- 1 AA brées de charrettes. Récemment, le Waïnad a pris une importance exceptionnelle par ses mines d’or”, que les Hindous exploitaient jadis, mais que les guerres avaient fait abandonner malgré leur richesse. Les gisements LAS d'or sont associés partout à des veines ou « récifs » de quartz blanc, d’une A El épaisseur de 6 à 10 mètres, qui font saillie hors des roches de gneiss ou RATE LE à 1 de granit; les mineurs indigènes brisaient ce quartz aurifère au moyen A 1 | de feux allumés dans les excavations du rocher; maintenant des machines RES EUR ETS à broyer sont installées à côté des bancs les plus riches. Les mines princi- EN Me ct. 0 pales sont dans le voisinage de Devala, située à 44 kilomètres au sud de EAN ATE TS
Manantawadi, le chef-lieu du Waïnad. ML HI ME ONE Ë
1 James Fergusson, History of Architecture, | STE | a # Clements Markham, Travels in Peru and India ÿ Lee 5 Capital souscrit des compagnies minières de Waïnad en avril 4884 : 75 000 000 francs.
La ville de Pal ghat, qui surveille le seuil ou ghat de même nom, ouvert entre le Nilghiri et l'Anamalah, attire les voyageurs comme lieu de passage et comme marché; jadis cité militaire, elle est devenue cité commerçante depuis que la € paix britannique » règne suc le pays. Mais la ville 1a plus populeuse de cette région du faîte est Coïmbaiour, située également sur la route et Le chemin de fer de Madras à Beïpour : là convergent les chemins fréquentés qui descendent des deux massifs montagneux se dressant en fac l'un de l’autre; une pagode voisine, celle de Perour, est une des plus vénérées de l'Inde, l’une des trois seules qu'épargna le fanatique