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même appellation des Hindous qui vinrent y prècher leur culte. L'antique cité, en partie reconstruite el assainie par les Anglais, à gardé quelques monuments de son passé, entre autres une pagode dont le portail ivachevé et la nef peuvent se comparer à tout ce que la Péninsule a de plus magnilique et de plus handi *. Le palais, qui date de la première moitié du dix-huitième siècle, est le chef-d'œuvre de l'architecture civile dans linde méridionale : l'art mauresque <+ méle au style hindou et lui donne plus de grâce en l’allégeant du fouillis des sculptures mythologiques : d’après la tradition, un maitre ouvrier d'Europe aurait dirigé la construction du palais.
Madoura communique par voie ferrée, d'un côté avec la ville de Dindigal, de l’autre avec Tinnevelli. Dindigal était jadis fort importante au point de vue stratégique, par sa position à Ja base d'une butte fortifiée qui commande les chemins à Fest des montagnes de Palni; Tinnevelli est le ci {lieu du distriet terminal de linde, entre le cap Comorin et la côte de la Pécherie. Située près de la rivière Tamraparni, elle forme une ville jumelle avec Palamkottaï, bâtie sur le rivage opposé, à # kilomètres au
est. Le litre de capitale appartient à Tinnevelli, mais le siège de l'adminisiration se trouve à Palamkottai. Les Européens des deux cités se rendent souvent en villégiature dans la ville de Koutallam, située à l’ouest, près des easeades de là haute Tamraparni et dans une brèche des montagnes par lesquelles passent les vents du sud-ouest, rafraichissant la brûlante atmosphère qui pese sur les plaines. À l'est, un embranehement de voie ferrée réunit Tinnevelli au port de Touticorin ou Touttoukoudi, situé sur une plage aride <e prolongeant en pente insensible au-dessous des flots, Les navires mouillent à #4 kilomètres du rivage et communiquent avec la côte par des lanches de faible tonnage. Ancien comptoir des Portugais, puis des Hollandais. Touticorin est l'unique ville de l'Inde, en dehors de Goa, où près de Là moitié de la population se compose de chré- Uiens, et dans le voisinage des villages entiers n'ont pas un seul € gentil ». Ces chrétiens catholiques, constituant la caste des Paravar, étaient autrefois les pêcheurs d'huitres perlières: mais cette industrie est complètement abandonnée, depuis que des bancs ont fait changer les courants de la rade, Quant au commerce extérieur, très considérable sous la domination portugaise, il était réjuit au trafic de petit cabotage, lorsque s'ouvrit le chemin de fer par lequel Touticorin se rattache au réseau de l'Inde. Immédiatement les échanges prirent une grande importance, la situa-
1 M. Tavlor, Oriental Historical Namwscrigés.
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TINNEVELLI, TOUTICORIX, RAMNAD. 579
tion du port permettant aux navires du Malabar, anglais et indigènes, d'éviter le détour à l'est de Ceylan. Touticorin expédie des cotons, des cafés, des épices, et approvisionne Ceylan de chevaux, de bœufs, de volailles, de grains : un mouvement très actif de voyageurs se fait avec les ports de l'ile:.
L'espace circonserit par le chemin de fer troncal du pays de Madoura et les embranchements de Negapatam et de Touticorin enferme l'État médiatisé de Poudoukotta , peuplé presque exclusivement d'agriculteurs ; mais l'antique et célèbre principauté de Ramnad est annexée aux possessions
N° 211. — PONT DE RAA.
anslaises comme zamindari on fief affermé. La cité de Ramnad où Ramanathapouram, ainsi nommée en l'honneur du dieu Rama, est située dans une région parsemée d'étangs artificiels, à la racine de la péninsule triangulaire qui se projette à Fest entre le golfe de Manaar et celui de Palk et « continue vers Ceylan par une chaine d'ilots et d'écueils. Le souverain de Ramnad portait le titre de Setou pati, c'est-à-dire « Seigneur du Pont », et, d'après la légende, avait été placé à comme gardien du passage entre l'ile de Rameswaram et le continent. La caste des « voleurs » Maravar, dont il était le chef et que plusieurs auteurs croient être des aborigènes, en raison de leurs mœurs particulières, se composait de guerriers laboureurs,
1 Valeur des échanges à Touticonin en ITS : 52 575 600 francs.
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devant répondre à son premier appel; en moins de huit jours, il pouvait lever trente à quarante mille hommes, portant leurs provisions pour le commencement de la campagne; aussi le « Seigneur du Pont » était-il fort redouté, et pendant plusieurs siècles son pouvoir s’étendit sur une partie considérable de la Péninsule. Quelques ports dépendent de Ramnad : au sud du « pont », Moutapet (Port-Lorne), où l'on pourrait établir le meilleur abri du littoral', et Kilkaraï, qui fut peut-être la résidence de la dynastie des Pandyas*, au nord Aoutancarre (Attankaraï) et Devipatnam. Les marins et les pêcheurs de ce district sont pour la plupart des Labbaï mahométans et des catholiques.
La presqu'île de Ramnad, se terminant en forme de lance à la pointe Ramen, se continuait encore au quinzième siècle vers l’île de Rameswaram, par une traînée de blocs longue de 2150 mètres. Non seulement la tradition, mais aussi les archives de la pagode de Rameswaram, racontent qu'en trois fêtes de l’année le dieu était porté sur le continent et que les pèlerins suivaient la chaussée, aujourd’hui détruite, dont l'entretien était confié au « Seigneur du Pont ». En 1480, une violente tempête rompit la digue naturelle; on dut la réparer, mais bientôt après une deuxième, puis une troisième irruption de la mer détruisirent les travaux &t l’on dut renoncer à continuer la lutte contre les vagues. Actuellement, ce qui reste de la digue se compose de deux rangées de hauteur inégale, se suivant parallèlement à 150 mètres de distance. La rangée du nord est la plus haute et presque partout, ses blocs sont visibles à marée basse, formant une chaine continue; les pierres de la chaîne méridionale ne montrent que çà et là leurs pointes au-dessus du flot. Les pierres de la digue, dont quelquesunes, disent les indigènes, ont été apportées du continent pour combler les brèches, ont une élonnante régularité de forme et pèsent en moyenne de 10 à 20 tonnes : on dirait des blocs de béton déposés par les ingénieurs : ce sont des grès beaucoup plus résistants que les roches de même nature trouvées de part et d'autre, au-dessous des sables voisins. Évidemment, la « Grande Digue », l’une des plus remarquables formations géologiques de la Terre, est une veine de roche solide qui s’est maintenue en pleine mer comme une jetée artificielle, alors que toutes les matières rocheuses qui l’entouraient étaient détruites par les vagues et distribuées en banes de sable dans les mers avoisinantes; mais à son tour la Grande Digue commence à céder. Au commencement du siècle, un chenal, ouvert à l'extrémité
1 Taylor, Harbours of India.
2 Clements Markham, Travels in Peru and India,
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