‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 269 sur 471 · COTES, CLINAT DE CEYLAN · texte numérisé non relu

COTES, CLINAT DE CEYLAN

maintient toujours au niveau de la mer voisine, s'élevant et s’abaissant avec le flux et le reflux, qui dans ces parages varie de 45 à 90 centimètres, des mortes eaux aux malines. Dans ces « puits à mareyage », semblables à ceux de tous les rivages ealeaires, leau saline, pénétrant dans les fissures du sol, équilibre l'eau douce par sa pression latérale; de même qu'un liquide contenu dans une éponge se maintient sans changement dans un réserver empli de saumure, de même les nappes souterraines des côtes ne sont point modifiées par la masse des eaux salines qui s'élèvent et s’abaissent dans les erevasses les plus rapprochées de la mer. Dans les puits profonds, l'eau douce repose sur une couche d'eau saumätre, et le liquide inférieur est complètement salé. Le puits de Potour, au nord-est de Djaffna, est un de ces gouffres cachés où l’eau pure surnage et dont les couches inférieures offrent successivement tous les degrés de densité jusqu'à celle de l'eau de mer, à 42 mètres de la surface. Néanmoins des pompes d'irrigation ne parviennent pas à épuiser la nappe supéneure, qu'alimentent des affluents latéraux*.

Le climat de Ceylan ressemble à celui de l'Inde méridionale, si ce n’est qu'il offre de moindres écarts, grâce à l'atmosphère maritime qui baigne l'ile de toutes parts et aux brises régulières qui suivent les mouvements du soleil. La température moyenne des villes du littoral est de 27 à 2S derés cenligrades, et quoique l'extrémité septentrionale de l'ile soit de 340 à 400 kilomètres plus éloignée de l'équateur que les côtes méridionales, les chaleurs y sont plus fortes, à cause de l'éloignement des montagnes, de la nature sablonneuse du sol, qui reflète les rayons solaires, et du voisinage des côtes de Coromandel, d'où viennent les vents secs’. Les ouragans sont très rares; dans presque toutes les saisons, les mouvements de l'atmosphère se font avec une telle régularité qu'on peut les prédire longtemps à l'avance et régler en sécurité l'emploi de ses journées. De mois en mois, la température ne présente que de faibles écarts : le € printemps est éternel » comme dans les iles de l'archipel malais : seulement la distribution des pluies est inégale. Tandis que la mousson du sud-ouest apporte une part d'humidité considérable sur les campagnes de Colombo et sur tout le versant sud-occidental des monts, il ne laisse tomber que des pluies insuffisantes sur les terres orientales. Lors de la mousson du nord-est, qui s’est chargée d'humidité en traversant le golfe du Bengale,

# Darwin, Narratire of the Surveying Vogages of the Adventure and Beagle; — R. Thomassr, Bulletin de la Société de Géographie de Paris, 1564.

* Emerson Tennent, Ceylon.

3 Hermann von Schlagintweit, Reise in Indie amd Hochasien.

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c'est le phénomène inverse qui se produit. Alors le versant oriental est le mieux partagé. En moyenne, la quantité des pluies, que l’on observe en plus de 100 stations météorologiques, peut être évaluée à 2 mètres'; elle diminue graduellement du sud au nord, de la région tournée vers l'Océan à celle qui regarde vers la terre ferme : l'écart est de 5 mètres et demi entre les stations extrêmes; tandis qu’à Manaar la tranche moyenne de pluie n’atteint pas { mètre, elle est de 6 mètres à Padoupola, sur le versant occidental du pic d'Adam *. Pendant des semaines entières, les hauteurs de Nouvera elia sont entourées de brouillards.

Pour la flore comme pour le climat, Ceylan ressemble aux terres continentales voisines; cependant elle a des espèces particulières : mainte forèt rappelle au botaniste venu de Java la végétation des îles malaises. Diverses plantes que l’on n'a pu acclimater dans l'Inde continentale en dehors des jardins, font maintenant partie de la flore forestière de Ceylan : le muscadier à parfaitement réussi; le mangoustan donne des fruits aussi excellents que ceux des Indes hollandaises; le dourian, introduit par les Porlugais dès le seizième siècle, est devenu l’un des arbres communs des jardins cinghalais; quant aux arbres fruitiers d'Europe, ils prospèrent, mais avec trop de vigueur pour fournir fleurs ou fruits. Dès 1856, on complait 2670 espèces de plantes phanérogames dans l’île; probablement, il en existe au moins 9000; cependant les forêts sont remarquables bien plus par la force de la végétation que par la variété des espèces, surlout au sudouest de l’île, sur le versant humide des montagnes. Cette région, la plus populeuse et la plus fréquemment visitée, est aussi la plus belle, grâce à ses dix ou quinze espèces de palmiers dressant leurs hampes et leurs éventails au-dessus des fourrés des autres plantes. Le dhoum de l'Égypte (hyphane thebaïica) se trouve au nombre de ces palmiers ; mais combien diffèrent de l'arbre qu'on voit dans le pays d’origine! Le tronc est deux fois plus large et plus haut, les fourches plus nombreuses et plus rapprochées, et feuilles, fleurs, fruits, ont augmenté en grandeur et en beauté*. Les palmiers à hampe unique, à ombelles ou à éventails, contrastent avec ce palmier fourchu. D'une touffe de larges feuilles, dont la surface n’a pas moins de 5 à 6 mètres carrés, s’élance la fleur du talipot, haute de 10 à 12 mètres et comprenant plusieurs millions de florules; tous les villages ont leurs allées de cocotiers, l'arbre qui « ne peut vivre loin du son de

1 Pluie moyenne à Colombo dans une période de dix années, 2°,25. ? Ferguson, Handbook for Ceylon.

5 Emerson Tennent, ouvrage cité,

4 Ernst Iückel, Nature, Weckly Journal of Science, aug. 28, 1882.

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