N° (5, = COUPE GÉOLOGIQUE DE LA RÉGION DU TERAÏ ET DU DHAVER
Cultures
C Perron
EXT ULZ
Gravier trérle foche
chage étalé que des lianes rattachent les unes aux autres et aux plantes du sous-bois. Les doun, mari où doar qui se prolongent parallèlement au teraï ou bhaver, et dont les sépare la saillie des roches gréyeuses, première arête à peine indiquée de l'énorme ossature des monts Himalaya, sont également insalubres dans une grande partie de leur étendue, Ce n’est pas sans danger que les voyageurs traversent, au galop de leurs montures, les trois bandes juxtaposées du teraï, du bhaver et des doun, pour se rendre des “ampagnes riveraines du Gange dans la région des montagnes, au-dessus du brouillard malsain qui rampe sur les pentes inférieures jusqu'à l’altitude moyenne de 1200 mètres; on cite de nombreux exemples d’Anglais ayant succombé aux fièvres contractées dans la rapide traversée du teraï. En certains endroits, le contraste du teraï et de la région des cultures est aussi net que celui de la terre et de la mer le long d’un rivage à pic!.
1 Hooker, Himalayan Journals.
vu,
L'insalubrité de ces régions basses s'explique ficilement. Des eaux, arrêtées dans les doun par les saillies des chaînons gréyeux, s’y étalent en nappes stagnantes; plus bas, le bhaver, qui consiste en un sol de gravier, est très sec au contraire, grâce à la porosité du terrain, mais le gravier repose sur une couche d'argile imperméable et les vapeurs qui s'élèvent du sol après la chute des pluies restent enfermées sous le branchage épais: enfin, dans la zone du teraï, là nappe d'eau qui glissait sous les graviers du bhaver reparait à la surface et s'étale en marais au milieu des jongles. En cette zone basse, les rivières descendues de l'Himalaya, qui viennent de traverser la région du bhaver par des lits profonds et bien définis, s'élalent dans le teraï en y promenant des cailloux et des sables et en charriant des irones d'arbres et des déris de toute espèce ; tous ces obstacles forment çà et à des dignes naturelles, en amont desquelles l’eau fluviale se répand à droite et à gauche en marécages permanents où lemporaires. Le remède à cet état de choses est λ même que dans les régions marécageuses de l’Europe; il consiste à régulariser l'écoulement des eaux, à défricher et à eultiver le sol, Déjà des familles & colons, fournies par les populations limitrophes, qui d'ailleurs ont moins à erc'adre l'aoual ou malaria que les voyageurs européens, ont commencé çà et Ià à mettre en culture les clairières les plus saines du teraï et du bhaver. De leur côté, des bergers descendent des montagnes en hiver avec leurs familles et leurs troupeaux, afin de « manger le soleil », et des cultures, des villages succèdent bientôt à leurs campements. Des elairières, de plus en plus nombreuses, s'ajoutent aux espaces relativement sa" ibres qui interrompent en beaivoup d’endroits, notamment au sud du Sikkim, les zones dangereuses du teraï et du bhaver. Depuis longtemps la route qui mène des bords du Gange à Dardjiling a perdu ses terreurs, Ïl fut un temps au contraire où les populations de la plaine laissaient la zone du teraï s’aceroitre aux dépens de leurs cultures, afin d'augmenter ainsi la € marche » qui les séparait de leurs ennemis, les peuples pillards de la montagne.
Dans l'angle nord-occidental de l'Inde, toute la région supérieure du Pandjab, entre les monts avancés de l'Himalaya et le Soulaïiman-dagh, est occupée par des plateaux peu élevés et de petits chainons, remarquables par la régularité géométrique de leurs alignements, Tandis que le Pandjal, la derniôre chaîne himalayenne, eontournée à l'ouest par le Pjhilam à sa sortie de là vallée de Kachmir, suit la direction normale du système, celle
du sud-est au nord-ouest, les chaînons du Hazara et du haut ’andjab sont
UX, al lent en ravier, vier l'event du épais:
2rAVICTS jongles.
iennent définis, xs et en s obstaeau flutemporégions CS CAUX, nies par Loual où lettre en ‘ur côté, et leurs CS SUCus nomrompent s dangeles bords ‘ontraire tre aux
1 n les TA
ieure du dagh, est wquables Pandjal, jjhilum à ‘me, celle
djab sont
ba.
TERAÏ ET BIHAVER, POTWAR, MONTS DU PANDJAB,. 59
disposés pour là plupart perpendiculairement à l'axe de l'Himalaya, dans le sens du nord-est au sud-ouest. Le sommet le plus élevé de cette région d'outre-Djhilam, le Marri, est encore une des grandes cimes de l'Himalaya extérieur, puisqu'il atteint la hauteur de 2272 mètres; mais au sud de celle borne, dressée entre deux régions distinctes, les plateaux ont une altitude moyenne qui diminue graduellement, de 500 à 500 mètres, et les crêtes des collines ne les dominent que d'une hauteur à peu près égale. Trop peu élevées pour frapper l'imagination populaire, ces saillies de rochers n'ont pas d'appellations géographiques précises : elles sont désignées d'après les tibus qui les habitent, les villes ou les villages qui sont bâtis dans le voisinage, les cols qui les traversent, les forteresses qui les dominent ou quelque particularité locale !, Les noms les plus connus s'appliquent à des régions entières : telle est l'appellation Potwar, donnée à Lout le plateau montueux de Rawal-Pindi.
I n'est pas à la surface de la planète de masses pierreuses qui aient été plus déchiquetes par les éléments que les arêtes du Potwar et des autres chaines de la contrée dans le Cis-Indux et le Trans-Indus; plusieurs se terminent au sommet par des lames aïsuës, si mineos et si déchirées par endroits, qu'on les dirait tillées à jour. Toutes les parties de fx roche faciles à déliter ont été emportées par les eaux de pluie : il ne reste plus que le squelette de la montagne; les débris superficies ayant été enlevés, le géologue peut reconnaitre à première vue la nature des roches qui formaicnt le noyau primilif; mais quelques crêtes ont une si grande régularé qu'on peut y confondre les œuvres de la nature avec ceiles de l'homme : telle montagne est indiquée sur la carte de l'état-major comme portant un château fort, quoique ses murailles et ses bastions ne soient dus qu'à l'action des intempéries? À cet égard, l’une des chaînes les plus remarquables est celle qui limite au sud ces plateaux ravinés du Pandjab et qui à reçu des Anglais le nom de Sult-range où « chaine aline ». Elle se développe de l’est à l'ouest entre le Djhilam et l'Indus, dont elle resserre le cours au défilé de Kalabagh, puis se prolonge au delà du fleuve sous divers noms, Tehitehali, Chingarh, Kafir kot, Cheik boudin, Elle fut jadis la limite méridionale du continent d'Asie, el ses escarpements, sapés à la base par les eaux de Ta mer, offrent encore çà et Rt l'apparence de falaises. La chaîne Naline est une des plus curieuses de l'Inde par la formation de ses assises,
car on y étudie des roches appartenant à tous les âges; les couches silu-
1 Medlicott and Blanford, À Manual of the Geology of India.
# Wynne, Memoirs of the Geological Survey of India, vol. XI, 1875.