ACCLIMATEMENT DES ANGLAIS
pour les soldats européens prouvent combien plus faciles sont devenues les conditions de l'acelimatement, Vers le milieu du siècle, les troupes européennes de l'Inde, quoique déjà beaucoup mieux soignées que pendant les guerres du dernier siècle, perdaient encore chaque année un homme ‘4 sur quinze; mais depuis lors le taux de la mortalité s'est constamment él: abaissé!; la propreté des camps, la bonne qualité des vivres et de: l'eau, À l'air pur des hauteurs, ont sauvé chaque année des milliers de soldats. Actuelisment, l'armée anglo-indienne perd en proportion moins d'hommes que mainte armée européenne, quoiqu'elle ait souvent à faire de pénibles campagnes en des régions marécageuses ou sur des sables brûlants ; le taux de la mortalité chez ces étrangers est près de trois fois moins fort que celui de la multitude des indizsènes. La partie de l'armée composée d'Hindous, moins bien soignée sans doute, perd aussi un plus grand nombre d'hommes que les trouprs européennes". Le fatalisme oriental entre peutêtre pour une certaine part dans cette aggravation de mortalité, Ch
Dans la vie civile, on peut ‘ter de nombreux exemples de familles an- af glaises dont les enfants se sont acclimatés sans que leur force et leur santé | aient paru souffrir. Déjà plusieurs générations se sont succédé en diverses parties de l'Inde, en sorte que l'Anglais, non seulement comme individu, mais aussi comme race, peut vivre dans la péninsule Cisgangétique. Il pa- “ait certain que le climat hindou est à redouter surtout pour les enfants ; mais il est impossible de l'affirmer avec certitude, puisque la grande majorité des parents, appartenant à la classe des riches fonctionnaires, hauts officiers et € marchands princes », envoient leurs fils et leurs filles dans la mère patrie dès les premières années de l'enfance. Quant aux Européens pauvres mariés à des compatriotes, ils sont peu nombreux et ne peuvent donner à leurs enfants tous les soins d'hygiène qui leur permettraient de s’accommoder parfaitement au milieu. C'est ainsi que l'aceli-
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matement de la famille anglaise est encore un fait exceptionnel. En dépit e1}f de sa domination plus que séculaire, le « Breton » est loujours un ‘T4 étranger sur les rives du Gange. ct
Les sang-mèlé ou Eurasiens (Eur-Asiens), européens par le père, asia-
4 Mortalité des soldats anglais dans l'Inde, d'après Francis Galton :
C2 COPINE EEE ..... 4 + + 69 sur 1000 hommes, | 1861-1865. . . . ... . . . . . . . + 29.50 » , un: 1866-1870. . . . . . . . . . . . . + 27,48 » , RS 1871-4875. . . . . . .. 6 re CAR » Lis à LYC SR ET …. 15.52 »
LITRES SRE RER 12.71 » »
* Mortalité des troupes hindoues en 1877 : 13.58 sur 1000. LUE 80 ns 8 ii Fe we. 1" À nu nr 36 :
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tiques par la mère, ne contribuent que dans une faible mesure à consolider la puissance britannique, car ils ne sont tenus pour Anglais, ni par les indigènes ni par les blanes venus d'Europe : ils forment une easte à part et non l'une des plus honorables. Physiquement, ils n'ont en général ni la force de l'Anglais, ni la beauté de l'Hindou; moralement, ils sont pour la plupart portés à la ruse et au mensonge, ce qui provient peut-être de la position humiliante dans laquelle ils se trouvent, Encore au commencement de ce siècle, avant que la vapeur eût rapproché l'Inde et l'Angleterre, ils étaient plus respectés et plus heureux que de nos jours. Alors un grand nombre de fonctionnaires se liaient à des femmes indigènes par des unions durables et, gardant leurs enfants auprès d'eux, prenaient soin d'assurer leur avenir. Actuellement, un Anglais qui se marierait avec une Hindoue, s’exelurait par cela même de la caste de ses compatriotes. Les Eurasiens, presque tous désavoués lchement par leurs pères, vivent dans la misère et l'abandon. Méprisés par les maîtres à peau blanche, haïs par les sujets à peau foncée, il leur faut s’ingénier pour se créer entre les uns et les autres une situation qui reste toujours précaire. Vains malgré tout d’avoir du sang européen dans les veines, et fort soucieux de porter le chapeau, — ce qui leur à fait donner le nom de topas ou topicaren, — ils se croiraient humiliés par un travail manuel, et ceux d’entre eux qui ne réussissent pas à occuper des places de scribes, de commis, d’interprètes, et à graviter ainsi autour de la easte des maitres, tombent souvent dans une misère extrème ou demandent leur existence à des métiers inavouables. Après l’insurrection des cipayes, lorsque les Eurasiens, menacés comme les Anglais, combattirent à leurs côtés, une certaine solidarité s'établit momentanément entre les blanes et les sang-mêlé; mais l'amitié ne survécut pas au danger et maintenant les riches Hindous et les Parsi ont beaucoup plus de chances que les Eurasiens d’être favorisés dans la distribution des emplois et des honneurs. Ces demi-frères de race constituent un embarras du gouvernement indien; ils ne forment cependant qu'une faible part de la population : métis de toute origine, anglaise, portugaise, française, sont au plus un demi-million dans la péninsule Cisgangétique, pas même un pour cinq cents indigènes. Les Eurasiens portugais sont proportionnellement les plus nombreux et, comme classe, ils existent depuis assez de générations pour avoir appris par une dure expérience que le travail ne déshonore pas; sans se croire tenus d'exercer ane profession dite libérale, ils se font cuisiniers, cochers, bateliers. D'ailleurs, aussi noirs que les Hiudous. ils ne se distinguent d'eux que par la coupe européenne de leurs vêtements. Les Juifs, établis en plusieurs villes de la côte occidentale bien
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EURASIENS. 655 des siècles avant les Portugais, ont mieux conservé leur type, grâce à la pureté du sang et au maintien des professions héréditaires.
La plupart des Anglais ne vivant dans l'Inde qu'à titre de résidents tem-