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forme et aussi habilement taillées que celles des monumcats les plus somptueux du douzième et du treizième siècle. Les salaires de la plupart des ouvriers industriels sont d’une extrème modicité, comme ceux de la campagne. Les châles de Kachmir, achetés naguère de sept à dix mille franes, ne’sont payés aux lisserands qu'à raison de 55 centimes par jour‘.
Au temps des luttes entre la France et l'Angleterre pour la domination de l'Inde, l'industrie manufacturière proprement dite était très active dans les comptoirs des nézociants étrangers. Autour de chaque fort, les Compagnies des Indes avaient établi des centaines où même des milliers de tisserands qui leur fournissaient des tissus pour l'exportation. Le prodigieux développement de industrie textile dans le Lancashire et le Yorkshire a changé les rôles et c'est l'Angieterre qui importe maintenant des cotonnades dans l'Hindoustan, surtout en étoffes grossières : on évalue aux deux cinquièmes de la consommation les € indiennes » que la Péninsule achète aux fabricants de Manchester. Mais des capitalistes, pour la plupart Écossais, juifs et parsi, établis dans l'Inde ont voulu protiter du double avantage d’avoir sous la main la matière première et les consommaleurs, et des filatures de coton se sont fondées dans le voisinage de Bombay*. De mème, Caleutta, rivalisant avec Dundee, utilise la fibre du jute en de grandes usines’, tristes bâtiments construits sur le même modèle que ceux d'Europe et, comme eux, peuplés de femmes et d'enfants qui travaillent, en suivant le mouvement des machines, dans une chaude et fétide atmosphère, remplie de filaments et de poussière. En maints endroits, nolamment dans le Tehota-Nagpore, le gouvernement e! des industriels ont aussi fondé des usines métallurgiques, mais ces entreprises n'ont pas complètement réussi : les plus grandes fonderies sont celles de Djamalpour, près de Monghyr : elles occupent près de 5000 ouvriers. Ce qui manque à l'Inde pour qu'elle puisse devenir un grand pays industriel, c'est l'abondance du combustible, et la houille, on le sait, ne se rencontre pas dans la Péninsule en assises comparables à celles de l'Angleterre, Iest vrai que la surface des terrains houillers de l'Inde, en y comprenant la Barmanie anglaise, est d'environ 90 000 kilomètres carrés', mais la plupart des bassins contiennent trop peu de charbon pour qu'il vaille la peine de les exploiter, et d'autres ne renferment que du combustible
5 Andrew Wilson, The Abode of Snow.
? Judustrie du coton dans Finde en 1SST : 58 filatures, avec 13000 métiers et 1 500 000 broches: 500 000 métiers indigènes, Valeur des produits fabriqués en 1882 : 180 000 000 francs.
5 Valeur des tissus de jute fabriqués dans l'Inde en 1879 : 27 000 000 francs. :
4 Hughes, Records of the Geological Surrey of India, vol. NI, 1875.