AGRICULTURE ET INDUSTRIES DE L'INDE
sur tous ces faméliques. Il prête le grain pour la semence, il nourrit la famille en attendant la récolte, mais c’est à lui qu'appartient I inoisson : par les avances, il tient le rayot à merci, il en fait son serviteur à vie et sans gages. C’est en vain que des banques de prêt à faibles intérêts ont été fondées en certains districts par le gouvernement. Le paysan à trop peur de son vrai maître l’usurier pour oser emprunter à d'autres".
Contrée spécialement agricole, l'Inde n'a pas comme l'Angleterre des fourmilières de mineurs et de vastes cités d'usines peuplées d'ouvriers ; mais ses arlisans se distinguent toujours par leur adresse et par la finesse du travail qui firent l’étonnement des premiers voyageurs européens. Il est vrai que certaines industries sont presque entièrement perdues et d'autres bien compromises. Dakka, et tant d'autres villes jadis prospères, n'ont plus leurs métiers où se tissaient les mousselines aériennes; Kachmir fabrique encore des châles, mais le nombre des ouvriers diminue sans cesse et ceux qui restent imitent les étoffes européennes ou les anciens modèles, inhabiles à fondre les nuances avec cette merveilleuse harmonie des tissus conservés dans les musées. L'industrie de luxe n’a cessé de se modifier pendant le cours des âges pour complaire au goût des souverains de toute origine, « mongols », persans, afghans, radjpoutes, mahrattes, qui se succédèrent sur les trônes de l'Inde; maintenant c’est aux étrangers d'Europe qu'il importe de vendre les châles et les bijoux, et e’est d’après le caprice de ces nouveaux maitres qu’on a changé le dessin et le coloris des mille objets de l'industrie. C'est d'Angleterre, de Birmingham, de Leeds, de Rochdale, qu'on fait venir les modèles, copiés soit dans les prisons, soit dans les ateliers libres par des ouvriers appauvris ; les dames anglaises ont introduit la fabricalion des dentelles dans les écoles et les congrégations chrétiennes. L'industrie populaire, qui change le moins, ne fournit que des poteries communes, des étoffes ordinaires, des bijoux peu coûteux, mais du moins ces objets sont restés bien hindous et se distinguent par la délica.esse de la forme et l'heureux choix des couleurs*. Les expositions industrielles prouvent qu'il est encore de nombreux artistes s'occupant avec amour de ciseler learmes, d'assortir les émaux, de broder les soieries, de tourner les métaux, de façonner l'ivoire, le bois et la pierre. Maintes sculptures des temples modernes bâtis par les Djaïna dans l'Inde occidentale sont aussi exquises de
1 Florence Nichtingale, Nineteemt. Century.
# Bivdwood, Industrial arts of India.